TÉTANOS DES NOUVEAU-NES
sont violacées, les muqueuses sont souvent noirâtres; l'hématurie survient peu après l'apparition de l'ictère bronzé ; l'urine est noirâtre et se sépare par le repos en une partie liquide couleur acajou et un sédiment noir constitué par des globules sanguins et des cellules épithéliales du rein. Bientôt le pouls et la respiration deviennent irréguliers; la température, qui n'a jamais été fébrile, s'abaisse, et l'enfant meurt en collapsus en trois ou quatre jours.
A l'autopsie, les viscères ne sont que peu altérés dans leur parenchyme. La lésion primordiale est celle du sang, qui est poisseux, noirâtre et ne rougit pas au contact de l'air.
Tétanos des nouveau-nés. — Il est dû à l'infection de la plaie ombilicale par le bacille de Nicolaïer. 11 survient vers la fin de la première semaine de vie. Il s'annonce par des grincements de mâchoire, des crampes du masséter au moment de la tétée; la mère sent son mamelon pincé entre les mâchoires de l'enfant; la déglutition du lait se fait mal à cause du spasme pharyngé; les contractures s'étendent rapidement au reste du visage ; les joues se plissent de rides verticales; la bouche se tire aux commissures, le front se plisse, les sourcils se contractent ; puis le spasmegagne les muscles vertébraux; la tête se renverse en arrière; le tronc se courbe; les membres enfin se raidissent (fig. il); la température monte rapidement et atteint 30° et 40° ; la plaie ombilicale est suintante, grisâtre, atone.
Si on touche l'enfant, les contractures augmentent; il est comme en bois et peut être soulevé tout d'une pièce; il geint faiblement; au bout de deux ou trois jours, il meurt en hyperthermie par arrêt des mouvements respiratoires. Toutefois il y a des cas à évolution ralentie, qui passent à l'état chronique et finissent par guérir.
Diagnostic — Il est facile à la période d'état ; à la période de début il faut s'assurer que le trismus n'est pas dû à une lésion locale du cou, de la gorge ou de la bouche; il faut en particulier s'assurer qu'il n'existe pas d'abcès péripharyngien. On observe parfois, dans les septicémies généralisées du nouveau-né, un état de contractures qui pourrait en imposer pour le tétanos si elles n'étaient plus intermittentes, moins marquées, prononcées plus aux membres qu'aux mâchoires. Enfin le tétanos peut être confondu avec les contractures de la tétanie et des méningites aiguës (voy. les chapitres consacrés à ces affections).
Traitement. — Le sérum antitétanique a un pouvoir prophylactique merveilleux; dans les pays où le tétanos du nouveau-né est fréquent, il fautfaire systématiquement aux nouveau-nés l'injection préventive de 2 ou 3 centimètres cubes de sérum antitétanique, ou au moins panser la plaie ombilicale avec de la poudre de sérum antitétanique
desséché. Cette pratique a lait disparaître le tétanos des nouveau-nés dans les villages de Madagascar, où la plupart succombaient au ma!
FIg. .il. — JNuuveau-né lélanique.
En France, le tétanos est rare, et l'injection préventive n'est à faire que dans les cas très particuliers, où l'on aurait des raisons spéciales de craindre l'infection.
Une fois Jes contractures installées, le sérum est beaucoup moins