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ÉRYSIPÈLE OMBILICAL DES NOUVEAU-NES

leur tour sans que celte progression ait rien de régulier. En même temps la rougeur disparaît dans les régions primitivement atteintes, mais elles restent empâtées; l'épiderme se détache en petites pellicules.

A ce stade de la maladie, la température est très irrégulière; l'hypothermie alterne avec l'hyperthermie, le pouls est incomptable; l'enfant est constamment en torpeur ; il n'a plus la force de téter ; il succombe en hypothermie vers le cinquième ou sixième jour après le début. La face est souvent la seule partie du corps qui ait été respectée. La mort brusque est parfois aussi observée; on a trouvé dans ces cas des hémorragies de la portion médullaire des capsules surrénales (Lesné, Papillon).

La mort est, comme on voit, la terminaison habituelle toutefois, dans quelques cas rares, l'érysipèle semble perdre de sa violence à mesure qu'il s'étend; les parties nouvellement atteintes sont moins rouges, moins tuméliées, et l'inflammation semble venir mourir aux extrémités; parfois de nouvelles plaques reprennent sur les parties antérieurement atteintes et s'effacent après une période extensive; finalement l'érysipèle peut guérir. Parfois il se produit des foyers de mortification; il ne faut pas confondre cet érysipèle nécrotique avec l'érysipèle gangreneux primitif (voy. paragraphe suivant).

L'érysipèle peut guérir encore à la suite de collections purulentes sous-cutanées; cette formation d'abcès est de bon augure; le pus collecté est évacué par incision, et parfois l'enfant guérit.

Le traitement est bien peu actif; le sérum antistreptoeoccique ne paraît pas avoir une influence heureuse. On se contentera d'appliquer localement des compresses humides d'eau bouillie ou d'eau boriquée, ou, si la peau commence à se macérer et si des phlyctènes menacent de se former, une poudre antiseptique.

Gangrène de l'ombilic; phlegmon gazeux ombilical ; érysipèle gangreneux des nouveau-nés. — Quand le cordon est atteint de putréfaction, l'infection peut se propager à la paroi et causer la gangrène ombilicale. L'affection peut rester limitée et guérir en laissant une cicatrice, où disparait la forme habituelle de l'ombilic. D'autres fois, l'infection anaérobie se fait après la chute du cordon. La paroi ombilicale autour de l'ombilic est le siège d'une tuméfaction rouge livide qui s'étend rapidement. Bientôt le doigt, appuyé sur la région tuméfiée, peut y percevoir une crépitation gazeuse (phlegmon gazeux de la paroi). Rapidement surviennent des phénomènes de péritonite, et l'enfant meurt dans le coilapsus. La mortification peut se faire sans dégagement de gaz, mais avec liquéfaction putride des tissus de la paroi abdominale; le sphacèle peut gagner

le péritoine et même une anse intestinale ; la mort est la terminaison fatale de ces gangrènes diffuses, et tout traitement (incision, lavages des plaies à l'eau oxygénée) est vain.

Septicémies et pyohêmies d'origine ombilicale. Ictère septicémique des nouveau-nés. — La septicémie d'origine ombilicale se produit parfois comme complication d'une infection locale manifeste ; d'autres fois, elle paraît survenir d'emblée; la lésion locale a été passagère ou demande à être recherchée pour être décelée. Quoi qu'il en soit, l'invasion du sang par les microbes est insidieuse chez les nouveau-nés ; elle se manifeste par une altération rapide de l'état général, de l'agitation alternant avec du collapsus, des plaintes; la peau pâlit et assez souvent prend une teinte jaunâtre ; la température est des plus variables, tantôt h y perthermique, tantôt hypothermique ; on note parfois de grandes variations en de courts espaces de temps; en quelques heures, la température tombe de 39° ou 40° à 36°, 35°, et remonte quelques heures après ; ces variations n'existent pas aussi marquées dans les septicémies des adultes ; on note parfois la production de pétéchies sous-cutanées, surtout à la paroi abdominale, plus rarement d'ecchymoses; exceptionnellement, on note des abcès sous-cutanés ou des suppurations séreuses. La mort arrive habituellement en l'espace de quelques jours.

A Yautopsie, on constate le plus souvent que l'une ou l'autre des artères ombilicales forme, sous le revêtement postérieur séreux de la paroi abdominale, un cordon dur, alternativement noirâtre et jaunâtre ; elle contient; en effet, dans son intérieur, du sang coagulé et du pus. La veine ombilicale peut être atteinte de même. Le foie est en général pâle, volumineux, en dégénérescence graisseuse totale. Les poumons sont congestionnés, les reins sont gros et pâles; on trouve parfois des traînées purulentes sous-péritonéales le long des artères ombilicales ou de la veine ombilicale, plus rarement de la péritonite suppurée, exceptionnellement des collections purulentes dans les autres séreuses ou dans les parenchymes. On trouve généralement dans ces foyers le streptocoque, seul ou associé à des microcoques ou à des bâtonnets. On a trouvé aussi le Proieus (Bar et Rénon) et le colibacille (Bar).

Maladie bronzée hématurique des nouveau-nés. — Dans cette forme, les lésions ombilicales sont minimales ou même absentes, et les symptômes généraux dominent d'emblée la scène. Dès le deuxième ou le troisième jour, l'enfant se cyanose, vomit, a de la diarrhée, maigrit, s'agite, puis apparaît une teinte subictérique de la peau qui fonce progressivement et arrive à la coloration bronzée avec des tons de vieux cuivre jaune et des reflets olivâtres; les extrémités

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