V. - ŒDÈME ET SCLÉRÈME DES NOUVEAU-NÉS
L'iedème se rencontre chez les enfants dans des conditions analogues à celles qui le causent chez l'adulte. Les petits albuminuriques et les petits cardiaques sont parfois extrêmement œdématiés. Outre ces redèmes ordinaires, on observe chez le nouveau-né, et tout spécialement chez les débiles, les prématurés, les athrepsiques, et chez les enfants des premières semaines qui souffrent pour une cause quelconque, un œdème spécial ordinairement associé à une induration de la peau et, du tissu cellulaire sous-cutané, qui porte le nom de sclérème. Lesclérème se localise surtout aux membres inférieurs, qui deviennent fermes, rigides, gonflés ; le doigt n'y forme pas godet; la
coloration à ce niveau est livide, la pression forme une, tache blanche qui persiste quelques minutes ; le sclérème peut s'étendre à l'abdomen, auxmembres supérieurs et même àlaface ; l'enfant est alors rigide comme s'il était en cire. Le sclérème est de très mauvais augure; il indique un état général alarmant.
Traitement — 11 faut réchauffer l'enfant, soit en le mettant en couveuse, soit en l'entourant de boules d'eau chaude; on peut également pratiquer de légers massages sur les parties sclérématiées ; ce traitement symptomatique n'a d'utilité qu'autant que l'étal général est, d'autre part, amélioré par les moyens appropriés.
L'eczéma s'observe fréquemment chez le nourrisson. Son maximum de fréquence est entre trois et dix-huit mois. Dans la seconde enfances il est plus rare et ne diffère guère des eczémas de l'adulte. JMou, aurons donc en vue, dans les lignes qui suivent, l'eczéma des nourrissons.
11 s'observe surtout chez les enfants trop forts, trop gros, atteints de constipation habituelle, ou d'alternatives de constipation et de diarrhée, ou de dyspepsie se manifestant par des régurgitations, des renvois, du hoquet. 11 apparaît chez ces enfants, soit spontanément, soit provoqué par des causes irritatives locales, au premier rang desquelles il faut placer la séborrhée grasse du cuir chevelu, puis la phtiriase, les piqûres d'insectes, l'impétigo, les frottements des lisières des vêtements, etc.
L'eczéma spontané débute par les joues. Sur une ou sur les deux joues apparaît une tache rougeàtre semée de petites vésicules claires punctiformes. Cette tache s'étend peu à peu. Très rapidement, l'eczéma ne tarde pas à être modifié par des processus secondaires. L'enfant se gratte, et des processus inflammatoires et suppuratifs s' ajoutent à l'eczéma. Les joues se recouvrent de croûtes sous lesquelles sont des goutelettes de pus (eczéma impétiginisé) (fig. 44). Les croules se fendillent, se sèchent, tombent et se reforment; des fissures se forment entre elles. Par le grattage, l'enfant transporte le pus ,en d'autres points de la face et du corps, et souvent l'impétigo et l'eczéma combinés s'étendent ainsi aune grande partie de la tète et du tronc. Au niveau du siège, la macération des lésions ainsi transmises les modifie et les transforme en saillies rouges, dépourvues d'épiderme en leur centre, encerclées d'une collerette d'épiderme blanchi parla macération. L'aspect simule les plaques papulo-érosives de la syphilis héréditaire (syphiloïde de macération). Dans les plis ArEnT. — Mal. des Enfants, ;j<> édit. 14
cutanés, aux aisselles, aux aines, au pli rétro-auriculaire et dans ces plis graisseux de la continuité des membres qu'on observe chez les
Jfg. M. — Eciéms facial impétlginisè (Coll. Gaatou).
enfants gras, l'eczéma se localise avec prédilection et prend la forme suintante (eczéma intertrigo).
Quand l'eczéma est intense et étendu, il constitue par lui-même une affection grave : l'enfant est sujet à des poussées fébriles à répé-