ABCÈS SOUS-CUTANÉS MULTIPLES
phylocoques, culanées ou sous-cutanées (pyodermites) : tournioles, eçthyma, furoncles et surtout abcès sous-cutanés, qui prennent, chez le nourrisson, des allures spéciales. Ces abcès sous-cutanés multiples sont également consécutifs à des lésions de macération, a la gale, à la phlir-iase, ou, plus rarement, ils apparaissent sans au lies lésions cutanées préalables (fig. 49).
Fig. 40. — Abcès sous-cutanés multiples du cuir chevelu.
Leur particularité chez le nourrisson est de survenir sans réaction notable, ni générale, ni locale ; ils ont l'allure de minuscules abcès froids; ils ne provoquent que tardivement la rougeur de la peau; c'est plus par le toucher que par la vue qu'on les découvre, quand ils sontde petites dimensions; la main qui palpe le corps sent de petites nodosités sous-cutanées, de la dimension d'un grain de mil à un noyau de cerise. Si on pince une de ces nodosités entre deux doigts, on fait apparaître au point de la peau qui correspond au centre de la nodosité une tache' blanc jaunâtre. En piquant cette tache avec un fin bistouri, on l'ait sortir une gouttelette de pus
jaune grisâtre épais. On peut ainsi avoir à ouvrir parfois un nombre considérable de petits abcès disséminés sur le corps.
Si, au lieu d'être ouverts dès leur formation, ces abcès sont laissés àeux-mêmes, quelques-uns d'entre eux grossissent, peuvent atteindre les dimensions d'une cerise; alors la peau soulevée prend au niveau de l'abcès une teinte violacée, l'épiderme desquame, s'amincit; mais c'est tardivement que l'abcès finit par s'ouvrir; il peut ensuite suppurer indéfiniment.
Diagnostic. — On peut confondre les abcès sous-culanés multiples avec des gommes syphilitiques; mais celles-ci ne contiennent du pus que tardivement; elles sont, du reste, exceptionnelles chez le jeune enfant.
On les confond beaucoup plus souvent avec des gommes tuberculeuses sous-culanées. Leur allure froide, l'absence de réaction locale et de réaction générale rappellent tout à fait les abcès froids sous-cutanés; chez l'adulte, des abcès sous-cutanés qui se présenteraient avec cette allure auraient, en effet, chance d'être de la tuberculose, à moins qu'il ne s'agisse de convalescents ou de cachectiques, lesquels se comportent vis-à-vis des infections cutanées comme des enfants. En fait, dans les abcès froids sous-cutanés multiples des enfants et des convalescents, on trouve uniquement d'j staphylocoque (Renault), et, si l'inoculation du pus au cobaye a parfois rendu celui-ci tuberculeux (GastouJ, le plus souvent il reste indemne (Renault).
Traitement. — Quand on découvre un abcès sous-cutané, il faut l'ouvrir immédiatement; il faut presser fortement pour en évacuer complètement le contenu.
Si l'abcès est petit et récent, il ne se reforme pas en général ; il suffit, après l'avoir ouvert avec une fine pointe et l'avoir bien évacué par pression, de mettre à la surface une rondelle d'emplâtre adhésif, ou une goutte de collodion. Quand l'abcès est déjà ancien et volumineux, il peut être indiqué d'en nettoyer l'intérieur avec un stylet enrobé de coton trempé dans l'eau oxygénée, la solution de nitrate d'argent au centième, ou l'eau iodée.
Ce qui importe surtout, sous peine de voir de nouvelles poussées qui éternisent l'affection, c'est de faire journellement la chasse aux abcès en formation et de les ouvrir dès qu'ils sont découverts, sans attendre le ramollissement du centre de la nodosité. Le pus existe dès le début de la formation de l'abcès; on en évacue toujours une gouttelette, si on a soin de piquer bien au centre; en poursuivant ainsi pendant quelques jours les abcès de nouvelle formation, on débarrasse rapidement l'enfant.