XIII. - NÉCROSES DISSÉMINÉES DE LA PEAU
Des processus nécrotiques et gangreneux peuvent survenir .chez l'enfant dans les niem.es conditions que chez l'adulte. On peu observer chez eux la gangrène symétrique des extrémités, la gangrène sèche par embolie, les gangrènes par infection locale anaérobie, etc. Nous nous contenterons de décrire ici une forme qui ne se voit guère que chez le jeune enfant et qu'on connaît sous le nom de gangrène disséminée de la peau, ou mieux nécroses disséminées de la peau (fig. 50).
Étiologie. — L'affection ne se voit guère que chez Les enfants au-dessous de cinq à six ans. Elle épargne les sujets en bonne sauté et frappe les c.aeliectiques, les convalescents, les tuberculeux presque exclusivement. Elle est souvent, préparée par des légions diverses de la peau : impétigo contagiosa,, érythèmes de macération, «cthyma, varicelle. Plus rarement, elle est primitive.
SyiDptomatoIo^ie. — Quand la, maladie est primitive, elle débute parune élévation brusque de température, de l'agitation, des yomissements et des papules cutanées disséminées sur tout le corps au nombre d'une dizaine à une .cinquantaine. En vingt-quatre à quarante-huit heures, ces papules, d'abord rouge violacé, deviennent noirâtres; l'épiderme se soulève à leur niveau; il en résulte une bulle phlycténoïde, qui s'emplit de liquide sanieux, brunâtre; la bulle crève, Je liquide s'écoule, la surface cutanée apparaît noir brunàtee, des fragments mortifiés s'en éliminent; quand la partie nécrosée, est tout entière tombée, le fond apparaît grisâtre ; 1'éJ.at générai est grave : c'es.t -celui des états infectieux septjcémiques; de nouvelles poussée, de papules peuvent survenir; dans les cas intenses, l'enfant meurt au haut de quelques jours en hyperthermie, souvent avecdes convulsions; dans les cas plus heureux, la température tombe peu à peu, l'état général s'améliore; les ulcérations grisâtres prennent bientôt une teinte rosée et se réparent finalement au Prix de cicatrices gaufrées persistantes.
Quqrid l'affection est secondaire à des lésions cutanées déj,à préexistantes, ecthyma, pemphigus, yariccllej purpura, éryt/hèmes, on voit ces lésions cutanées, au lieu d'évoluer comme normalement, devenir .nécrotiques, puis ulcér-euses; le fond de ces ulcérations est grisâtre; la peau qui les bqr.de est taillée à pie, rarement décollée. Ce processus ulcéreux ne se voit que chez Les enfants déj q. affaiblis profondément. Contrairement à ce qui ,a ljLeu dans Ja nécrose primitive, il n'y a pas de fièvre, parfois au contraire de l'hypo-
thermie; l'affection peut s'éterniser, la faiblesse augmente et l'enfant va mourir, plus de son état antérieur que de la nécrose elle même.
Traitement. — Il comporte un traitement local et un traitement général.
Traitement local. — A la phase de phlyctène, il faut ouvrir le
I îg. 50. — Gangrène infectieuse disséminée de l'enfance.
bulles, sécher autant que possible la surface sous-jacente, saupoudrer de peiborate de soude ou de peroxyde de magnésium, el isoler autant que possible chaque bulle par un pansement occlusif. A la phase ulcéreuse, il faut toucher l'ulcération plusieurs fois par jour à l'eau oxygénée à 10 volumes; quand le fond de l'ulcération commence à bourgeonner, on se contentera de pansements aseptiques.
Traitement général. — 11 importe de soutenir l'état général avec lacétate d'ammoniaque, et, au besoin, si l'âge de l'enfant la Apert. — Mal. des Enfants, .Je1 édil. 1 5
2i;5 ÉRYTHÈMES.
permet, avec le café, le Champagne dilué, la potion de ïodd, le quinquina. Dans les états infectieux graves des nécroses disséminées dites primitives, on donnera des bains tièdes, en ajoutant à l'eau du bain une cuillerée à café par litre de solution alcoolique de thymol à 10 p. 100.