PATHOGÉNIE ET PROPHYLAXIE
Il semble qu'on ait décrit sous ce nom, tantôt la scrofule fruste, tantôt l'hypothyroïdie bénigne.
Traitement. — Le traitement sera donc celui delà tuberculose ganglionnaire ou osseuse chronique : grand air, soleil, alimentation forte, huile de foie de morue, viande crue ; il faudra spécialement insister sur les préparations iodées : sirop iodotannique, sirop de raifort iodé. Si la syphilis héréditaire est en cause, il faudra yjoindre le traitement spécifique complété par une cure arsenicale. Ce traitement général n'aura qu'une efficacité passagère, si l'on n'y joint pas le traitement local des diverses manifestations, et en particulier l'assainissement des cavités du massif facial; on peut employer les lavages antiseptiques [eau salée à 10 p. 1000, eau chloralée à 4 p. 1 000, eau thymolée à 1 p. 1 000, eau additionnée de perborate de soude (5 grammes par litre)], au moyen d'un bock muni d'un embout nasal, l'eau pénétrantparune narine et revenant par l'autre; toutefois la répétition de ces lavages n'est pas sans inconvénient ; ils doivent être réservés aux cas de suppuration intense ; en général, on pourra se contenter de simples pulvérisations intranasales suivies d'instillations d'huile faiblement mentholée ou de vaseline au turbith ou au précipité rouge, qui suffisent à donner, sans risque d'otite, les résultats cherchés. La vaseline soufrée benzoïnée donne également des effets satisfaisants. Les lèvres seront également vaselinées pour éviter les fissures et les lymphangites.
Je renvoie aux articles Adénites, Impétigo, Hypertrophie des amygdales pour le traitement de chacune de ces manifestations.
Pathogénie et prophylaxie. — 11 est prouvé que la scrofule n'est pas une constitution due à un vice congénital, mais résulte d'infections chroniques répétées. Dans des travaux très intéressants et très originaux, Gallois d'abord, puis Gastou ont montré comment, dans Ta majorité des cas, c'est dans les cavités du massif facial (grotte faciale de Gallois) qu'il faut chercher l'origine de ces infections. Toutes les infections prolongées peuvent être l'origine d'adénites dans les ganglions correspondants, puis de complications secondaires réalisant plus ou moins le type clinique de la scrofule. Mais c'est l'adénoïdisme compliqué d'infections locales à répétition qui réalise le mieux ce type avec ses caractères de persistance, de récidive, de ténacité. L'ablation des adénoïdes est donc une pratique efficace pour la prophylaxie de la scrofule ; mais il ne faut pas oublier que l'infection chronique est susceptible de persister après l'ablation des adénoïdes, et l'acte sanglant ne dispense pas de continuer ultérieurement les précautions hygiéniques journalières.
Enfin il faut éviter avec le plus grand soin aux enfants qui présentent des portes d'entrée nasale, labiale ou cutanée pour les infections à pyogènes et les infections à bacilles de Koch, tout contact suspect avec des sujets tuberculeux ou simplement présentant une suppuration ou une infection quelconque.