CHAPITRE V
MALADIES DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
CONSIDERATIONS GÉNÉRALES
Larynx. — Chez le jeune entant, le larynx, très étroit, s'obture facilement, soit par des fausses membranes (croup), soit par un simple élat congestif avecspasme des cordes vocales (faux croup). Le larynx reste relativement étroit jusqu'à la puberté, moment auquel il se développe considérablement ; ce changement est extériorisé par les modifications du timbre de la voix à cette époque : elles indiquent une augmentation rapide de la longueur des cordes vocales. Ces modifications sont beaucoupplus marquées dans le sexe mâle; elles ne se produisent pas chez les castrats, ni chez les infantiles.
Poumons. — lis sont relativement petits; c'est la conséquence de la prédominance du volume de l'abdomen sur celui du thorax et du grand volume du foie et du cœur chez le jeune enfant ; dans la seconde enfance, les poumons restent encore relativement petits, à cause du peu de développement de la cage thoracique en largeur ; ce n'est qu'à la puberté que la cage thoracique s'agrandit rapidement et que les poumons prennent un développement suffisant ; cette longue infériorité explique la fréquence et la gravité des affections pulmonaires dans l'enfance.
Examen clinique des poumons. — L'examen des poumons des jeunes enfants doit toujours être l'ait avec méthode. Il faut que le thorax de l'enfant soit largement découvert et que l'enfant soit tenu sur le bras de sa mère, la poitrine appuyée sur le sein et l'épaule de celle-ci, de façon à cequele dosdel'enfant se présente directement au médecin et que les deux moitiés du thorax soient bien symétriques (fig. 57). L'auscultation se fera sur un linge lin : la tète du médecin se pose doucement au contact du dos de l'enfant, sans
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appuyer (fig. SH). Le médecin ausculte comparativement un côté, puis l'autre à différentes hauteurs. L'enfant n'étant pas changé de position, le médecin procède ensuite à lapercussion. Elledoitêtre très légère, sous peine de l'aire résonner en entier le petit thorax, ce qui empêcherait la différenciation.
Fig.
Examen clinique des poumons. Percussion. Façon de faire tenir l'enfant.
L'auscultation et la percussion sont ensuite pratiquées comparativement dans chaque aisselle ; il ne faut pas oublier, en effet, d'abord que, chez l'enfant comme chez l'adulte, beaucoup de processus morbides prédominent à la partie latérale du poumon ; puis que, dans le petit thorax de l'enfant, la propagation des bruits se fait facilement d'un côté à l'autre, et que c'est dans les aisselles qu'on se trouve le plus à l'abri de cette cause d'erreur.
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Enfin le médecin ausculte, puis percute la face antérieure du thorax: il termine habituellement par cette région, parce que l'enfant s'erffaie toujours plus des manœuvres pratiquées sur sa doitrine et vues par lui que de celles effectuées sur son dos. 11
Fig. 58. — Examen clinique des poumons. Auscultation. Façon de tenir soi-même l'enfant pour l'ausculter, quand il n'est pas présenté par une aide comme dans la figure précédente.
importe de ménagerie plus possible l'enfant, afin qu'il ne s'agite pas pendant ces manœuvres.
Ce n'est pas toujours possible. 11 arrive que l'enfant commence à crier à la simple vue du médecin. Cela ne doit pas empêcher de procéder toujours de la même façon. L'oreille contre le dos de 1 enfant, le médecin écoute, et, après quelques cris, un moment arrive où l'enfant fait une inspiration profonde pour emplir d'air
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sa poitrine avant de crier de nouveau. 11 suffit d'ausculter deux ou trois de ces inspirations. Les cris ont l'avantage de permettre l'étude du retentissement vocal et la recherche des vibrations ; pour rechercher celles-ci, la main doit être appliquée comparativement dans l'une et l'autre aisselle, et non dans le dos, toujours pour éviter la cause d'erreur due à la facilité de la transmission des signes d'un c<Ué à l'autre du petit thorax du jeune enfant. Les cris ne gênent pas la percussion ; le médecin approchera l'oreille suffisamment pour bien percevoir le son donné par une percussion légère, sans qu'il soit couvert par les cris de l'enfant.
A l'état normal, le jeune enfant a une respiration différente de la respiration normale de l'adulte. Elle est plus rapide, puisque, pendant le sommeil, l'enfant fait en moyenne 40 respirations dans les premiers mois, 35 à un an , 32 à deux ans, 30 à trois et quatre ans : ces chiffres augmentent encore pendant la veille et surtout par l'appréhension que cause souvent à l'enfant la seule présence du médecin. Le murmure respiratoire est relativement plus fort chez l'enfant que chez l'adulte. On sait que Laennec désignait sous le nom de respiration pw'rile la respiration plus ample et plus bruyante du poumon fonctionnant supplémentairement quand son congénère est comprimé ou détruit. Cette intensité du murmure respiratoire tient à la minceur des parois thoraciques, qui fait que les bruits d'origine pulmonaire arrivent à l'oreille sans être affaiblis. Tous les bruits pathologiques sont également perçus avec plus de force. Les râles sous-crépitants retentissent violemment sous l'oreille, et, pour peu qu'ils soient humides, de calibres variés, et suffisamment confluents, ils simulent des gargouillements. On comprend donc qu'un observateur non prévenu croie facilement à l'existence d'une caverne, alors qu'il s'agit uniquement de foyers de bronchopneumonie ou de congestion pulmonaire, en dehors de toute tuberculose, en dehors également de tout processus de dilatation bronchique. Cela est prouvé non seulement par Tes autopsies, mais encore parce que ces signes caverneux disparaissent d'une heure à l'autre, et qu'on trouve le lendemain une respiration normale là où la veille semblait exister une excavation pulmonaire.
Cette transmission facile des bruits pulmonaires explique également qu'un des grands signes des épanchements intrathoraciques : l'absence ou la diminution du murmure respiratoire, puisse faire défaut; chez le jeune enfant, la lame liquide, interposée entre la paroi et le poumon, est toujours mince; le poumon sous-jacent est habituellement atteint de bronchopneumonie, et les bruits cavernuleuxque cause celle-ci sont à peine atténuées par l'interposition