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I. - CORNAGE DES NOUVEAU-NÉS. - STRIDOR CONGÉNITAL

On donne le nom de cor nage au bruit respiratoire s'entendant à distance, qui résulte d'un rétrécissement des voies respiratoires sur le passage de l'air inspiré ou expiré. Ce bruit a le même rythme que la respiration ; il est le plus souvent uniquement inspiratoire, parfois à la fois inspiratoire et expiraloire, très rarement uniquement expiratoire.

Tout rétrécissement des voies aériennes par un obstacle pariétal solide peut donner lieu au cornage. Chez les nouveau-nés, les causes de rétrécissement de la trachée se réduisent presque uniquement à la compression par des ganglions trachéo-bronchiques hypertrophiés ou par un thymus trop volumineux. Ces cornages trachéaux seront étudiés dans leurs causes aux paragraphes adénopalhie trachéo-bronchique et hypertrophie du thymus. Nous n'en parlerons ci qu'au point de vue du diagnostic avec une variété de cornage particulière au nouveau-né, le cornage laryngien vestibulaire ou stridor congénital.

Le stridor congénital est un cornage uniquement inspiratoire, qui reconnaît pour cause une conformation vicieuse particulière du vestibule laryngé. L'épiglotte est, pour ainsi dire, pliéesur elle-même selon la ligne médiane, de telle sorte que les replis aryténo-épiglottiques, très rapprochés l'un de l'autre, laissent entre eux seulement une fente étroite dont les bords sont susceptibles d'entrer en vibration à chaque inspiration, surtout dans les inspirations brusques et intenses. A l'expiration, les replis sont écartés l'un de l'autre par la colonne d'air, et le phénomène ne se produit plus. Voilà pourquoi le stridor est uniquement inspiratoire.

Il existe dès la naissance, dès les premières inspirations. Telle es du moins la règle ; chez les nouveau-nés très débiles, il arrive toutefois qu'on ne le remarque que quand la respiration est devenue assez forte, vers la deuxième ou même la troisième semaine. Dans les cas atténués, le bruit est doux, peu perceptible, ou fait même

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défautdans la respiration calme: si l'enfant s'agite, s'ilfait effort, s'il crie, le bruit devient strident, aigu, croassant. Le début de l'inspiration est alors accompagné de la production d'une dépression sternoépigastrique et sus-sternale. Ce tirage toutefois n'est pas persistant. Les bruits glottiques, cris, toux ne sont nullement modifiés; si on obture les narines ou la bouche de l'enfant, si on abaisse la langue avecun abaisse-langue, le stridor persiste avec les mêmes caractères. En abaissant fortement la langue, on peut parfois apercevoir l'épiglotte et constater de visu la malformation spéciale. Quant au miroir laryngoscopique, son emploi est trop difficile chez le jeune enfant pour qu'on puisse, grâce a lui, voir le vestibule laryngé.

Vêtat général n'est nullement modifié, les nuits sont bonnes; le bruit s'atténue pendant le sommeil ; l'enfant tette bien, mais bruyamment ; même quand le bruit est intense et s'accompagne de tirage inspiratoire, il ne semble pas en être gêné en quoi que ce soit. Aussi toute intervention par le tubage ou la trachéotomie est inutile, donc nuisible. On a toutefois employé le tubage momentané pour assurer le diagnostic : le bruit cesse dès que le tube est dans le larynx.

Le pronostic est bénin. Les symptômes décroissent spontanément quand le larynx augmente en dimensions. Dès le sixième mois, l'intensité du bruit diminue ; dans la seconde année, il ne se produit plus que dans les moments de colère, puis disparaît définitivement.

Diagnostic. — Le stridor congénital se distingue des autres cornages par son caractère exclusivement inspiratoire et son existence dès la naissance.

Lecornage par adénopathie trachéo-bronchique est au contraire prédominant à l'expiration, sans doute parce que l'ampliation inspiratoire du thorax diminue l'intimité des connexions entre le ganglion et les voies respiratoires; il est rarement constaté avant le quatrième mois; il ne se voit guère que dans les volumineuses adénopathies tuberculeuses se révélant également par d'autres signes et altérant gravement l'état général.

Le cornaqe par hypertrophie du thymus (Marfan)a un timbic grave, nullement strident ; il s'entend aux deux temps de ta respiration avec prédominance à l'inspiration ; il s'exagère dans le décuhitus horizontal et dans le sommeil ; il varie d'intensité, et les recrudescences peuvent aboutir à des crises dyspnéiques et à l'asphyxie mortelle ; le tubage avec un tube long est susceptible de le calmer.

Le ronflement des adénoïdiens sera facilement différencié : il disparait quand on bouche les orifices des narines avec la pulpe du doigt.

SPASMES DE LA GLOTTE. 2fl<)

Traitement, — Il est nul ; le stridor congénital guérit de luimême par le développement naturel du larynx, vers l'âge de six 4 quinze mois.'

Il- — SPASMES DE LA GLOTTE (CONVULSIONS INTERNES).

La glotte peut, chez l'enfant, comme chez l'adulte, se contracter spasmodiquement sous l'influence d'excitations variées ; chez l'enfant, ce spasme cause immédiatement un état asphyxique grave à cause du petit calibre de la glotte.

En outre, la tendance convulsive propre à la première enfance fait qu'on observe à cet âge le spasme de la glotte sans cause provocatrice bien définie, constituant réellement une entité morbide. C'est ce qu'on appelle les convulsions internes. Elles frappent parfois plusieurs enfants d'un même ménage.

Description. — L'enfant est pris subitement, sans cause apparente ou pour une cause futile, tantôt le jour, tantôt la nuit, d'une crise de suffocation qui d'emblée entraîne l'asphyxie.

Tout d'un coup, l'enfant sursaute, porte les mains à sa gorge, fait une ou deux inspirations bruyantes, saccadées, pénibles; puis le thorax demeure immobilisé, en inspiration forcée ; la face, d'abord pâle, se cyanose, le cou se raidit, les yeux angoissés s'agitent désespérément, tout le corps se raidit ou parfois se meut convulsivement ; eet état d'apnée dure peu; au bout de quelques secondes, d'une qu deux minutes au plus, des inspirations pénibles, bruyantes, se produisent ; puis le rythme respiratoire normal se rétablit, et l'enfant revient à la parfaite santé.

11 est rare que l'accès soit unique ; le plus souvent, l'enfant atteint de spasmes de la glotte a des séries d'accès, variables comme intensité; les plus légers consistent en un soubresaut, une apnée très momentanée, quelques inspirations pénibles, bruyantes; dans bon nombre de cas, l'intensité et la durée, varient irrégulièrement d'un accès à l'autre, mais, dans l'ensemble, elles vont plutôt en augmentant. Finalement, un accès plus violent et plus prolongé entraîne la mort du petit malade.

Diagnostic. — L'accès de spasme de la glotte est caractérisé par sa courte durée et le retour rapide à un état complètement normal; il ne peut être confondu avec les dyspnées du croup, de Vabcès pétropharyngien, de la laryngite striduleuse, dont les paroxysmes sont plus durables et les rémissions moins complètes. La

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crise d'asthme, susceptible de survenir dès le plus jeune âge, dure, elle aussi, plus longtemps.

Nature. — Escherich considère que les spasmes de la glotte sont une manifestation d'un état particulier d'hyperexcitabilité musculaire (état tétanoide), dont la tétanie des extrémités est une autre manifestation (voy. art. Tétanie). Pour Kassowilz, les spasmes glottiques et la tétanie relèvent tous deux du rachitisme et sont tout spécialement en rapport avec le craniotabes rachitique.

Pronostic. — Le pronostic est grave. Des accès répétés, même bénins, aboutiront la plupart du temps à des accès plus graves, et finalement à un accès mortel. Toutefois cette terminaison n'est pas fatale. Dans la moitié environ des cas, les accès, après avoir reparu pendant des semaines et des mois, diparaissent définitivement.

Traitement. — La crise est si rapide qu'elle est terminée le plus souvent d'une façon ou d'une autre avant qu'on ait eu le temps d'intervenir. On a recommandé les flagellations, les frictions à l'éponge chaude au-devant du cou, la titillation de l'épiglotle avec le doigt, le chatouillement de la pituitaire avec une barbe de plume, les inhalations de chloroforme, et, si l'apnée persiste, les tractions rythmées de la langue, la respiration artificielle, l'électrisation. Si l'on est outillé pour cela, il faudra faire le tubage, pour peu que la crise devienne menaçante, ou, à défaut, la trachéotomie.

Dans l'intervalle des crises et pour en éviter le retour, on donnera 50 centigrammes et jusqu'à 1 gramme de bromure de sodium, le chloral (10 centigrammes) ; on mettra l'enfant dans les meilleures conditions hygiéniques, et on lui assurera le calme le plus absolu.

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