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III. - LARYNGITE STRIDULEUSE. - FAUX CROUP

La laryngite catarrhale banale se complique facilement, chez les enfants de deux à sept ans, d'un élément spasmodique donnant lieu à un syndrome clinique particulier, qui porte le nom de laryngite striduleuse ou faux croup.

Description. — Tout d'abord l'enfant a été atteint d'un simple rhume; la voix est enrouée ; la toux a un timbre rauque spécial; à peine un peu de fièvre. A la fin de la journée, l'enfant s'endort, calme, sans que rien annonce ce qui va se passer ; au milieu de la nuit, l'enfant subitement s'éveille, étouffe, se dresse sur son lit; sa respiration estbruyanfe, sifflante, entrecoupée d'une toux rauque, comparable à Yaboiement étouffé d'un chien de grosse taille ; la face

est violacée, les jugulaires sont gonflées, l'anxiété est à son comble; cependant la dyspnée se calme au bout de dix, vingt, trente minutes, et l'enfant se rendort; au matin, il ne conserve rien autre que les signes d'un rhume vulgaire, avec toutefois une raucité spéciale de la toux.

Étiologie. — La laryngite striduleuse survient surtout chez des enfants nerveux ou hcrédo-arthritiques; elle se répète volontiers chez le même enfant lors de rhumes successifs; au cours d'un même rhume, elle se répète parfois, mais non toujours, pendant plusieurs nuits successives.

Pronostic. — Il est bon; on a cité quelques cas de mort par asphyxie; cette terminaison est tout à fait exceptionnelle; quelquefois une bronchopneumonie éclate le lendemain ou le surlendemain d'une crise de laryngite striduleuse ; on a vu aussi la laryngite striduleuse marquer le début d'une rougeole; mais le plus souvent la laryngite striduleuse est très bénigne.

Diagnostic. — 11 est facile; la laryngite striduleuse n'est prise pour du croup que par les parents ignorant ls symptomatologie de cette dernière affection; l'accès brusque, débutant la nuit, alors que l'enfant s'est couché en pleine santé, ne peut pas être un accès de croup. Parfois des laryngites non diphtériques sont susceptibles de produire des accidents dyspnéiques ressemblant plus au croup qu'au faux croup ; cela se voit dans certaines laryngites à coeci, très congestives et très exsudatives; il peut y avoir de la dyspnée continue, avec tirage plus ou moins prononcé; ces faits sont à distinguer de la laryngite striduleuse.

L'asthme simule plus facilement la laryngite striduleuse. Comme cette dernière, il est à début nocturne; il peut, contrairement à ce qu'on croit souvent, débuter dès la première enfance. 11 arrive soivent que les premières crises d'asthme soient prises pour des crises de laryngite striduleuse ; le vrai diagnostic n'est établi qu'ultérieurement.

Enfin on ne manquera pas d'explorer la paroi postérieure du pharynx pour s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un abcès rétropharyngien .

Traitement. — Au moment de la crise, le meilleur moyen de la faire rapidement disparaître est la révulsion au-devant du larynx par application d'un sinapisme, d'un linge chaud, ou mieux d'une éponge trempée dans Veau très chaude et essorée dans une serviette, celle-ci étant nouée autour du cou, de façon que l'éponge qu'elle renferme soit au-devant du larynx.

è6J TRACHÉITE, BRONCHITE, TRACI1ÉO-BRONCH1TE.

Pour éviter le retour de la crise, le meilleur procédé est de bromurer pendant quelques jours l'enfant. On donne deux à trois cuillerées à café par jour de sirop de fleurs d'oranger contenant 10 à 20 centigrammes de bromure par cuillerée, ou IV à X gouttes de teinture de belladone si le bromure abat trop le petit malade.

Dans les cas où l'asphyxie deviendrait imminente, on aurait recours au tubage ou à la trachéotomie; mais cette éventualité est tout à fait exceptionnelle.

1V.-TRACHÉITE,BR0NCHITE,TRACHÉ0-BR0NCHITE.

Description. — La trachéite et la bronchite aiguës des enfantsjie diffèrent guère des mêmes affections chez l'adulte ; les enfants de deux, trois et quatre ans sont atteints facilement de bronchite sous l'influence de refroidissements, bronchite soit primitive, soit consécutive à une première phase de coryza et de laryngile. Pendant quatre à cinq jours, l'enfant tousse d'une toux d'abord sèche, puis grasse. Seuls les grands enfants expectorent; les enfants au-dessous de six à huit ans déglutissent leurs crachats, ce qui n'est pas sans avoir l'inconvénient de provoquer quelques troubles intestinaux : langue sale, anorexie, selles glaireuses ou diarrhéiques. La fièvre* quand elle existe, est en général modérée. Les signes physiques, râles ronflants ou sibilants, sont les mêmes chez l'adulte

Chez les enfants du premier semestre, la bronchite est plus grave, l'abattement plus marqué ; la lièvre a des exacerbations allant parfois à 39° où 40°; enfin la bronchite aboutit plus facilement à la bronchopneumonie ; elle peut, d'autre part, surtout chez les enfants au biberon, être l'origine d'entérites sérieuses.

Les enfants lymphatiques, strumeux, obèses, sont sujets à la répétition des bronchites. Les précautions prophylactiques devront être exagérées pour eux.

Diagnostic. — 11 est facile ; il faudra se demander toutefois si la bronchite n'est pas symptomatique de rougeole, coqueluche, grippe, adénopathie trachéo-bronchique, asthme.

Traitement. — Chez les tout petits enfants, le traitement sera surtout externe; on entourera les jambes de l'enfant de feuilles d'ouate; on lui donnera un, deux ou trois bains tièdeslégèiement sinapisés; on fera sur le thorax des frictions légères à l'essence de térébenthine^ Si la toux est fréquente et gêne le sommeil, on donnera quelques cuillerées à café de sirop de fleurs d'oranger; si l'en-

fant est abattu, on ajoutera au sirop un peude cognac, ou 0er,50d'acétate d'ammoniaque.

Chez les enfants au-dessus de six mois et vigoureux, on se trouvera souvent bien de donner un vomitif, surtout s'il existe de l'encombrement bronchique. On donnera un mélange de sirop d'ipéca (30 grammes) et de poudre d'ipéca (0er,0S à 0^,10), une cuillerée à café toutes les trois minutes, jusqu'à ce qu'un vomissement se produise. On appliquera des cataplasmes sinapisés dans le dos; on donnera des cuillerées à café de sirop de tolu.

A partir de l'âge d'un an, on donnera des sirops, dont on variera la composition selon l'âge et la force du sujet, et selon l'allure de la maladie.

Voici quelques-unes des formules les plus recommandables ; les doses sont calculées pour un enfant de quatre à cinq ans :

A la phase congestive du début:

Infusion de Eeurs d'oranger. 80 grammes.

Sirop diacode 20

Teinture d'aconit } âa 0" 25

Teinture de jusquiame î

Eau de laurier-cerise 1 gramme.

Une cuillerée à dessert toutes lea deux heures.

En cas de toux quinteuse, spasmodique :

Sirop de capillaires / • 0r

a- j un j ! £3. 25 grammes.

Sirop de belladone 1 °

Infusion de tilleul 50 —

• Bromure de sodium 1 gramme.

Une cuillerée à café toutes les deux heures.

Su cas (L'abattement :

Acétate d'ammoniaque 2 gramme».

Julep gomuieux ! „

Infusion d'hysope j

Une cuillerée à dessert toutes les heures.

En cas à' encombrement bronchique :

Sirop de Desessartz (sirop d'ipéca composé) par cuillerées à café toutes les heures.

ou :

Poudre de Dower (opium-ipéca) I oer 50

Oxyde blanc d'antimoine \

Sirop de tolu. ... ] 50 grammes.

Infusion de tilleul !

Par cuillerées à café toutes les heures.

Pour tarir les sécrétions bronchiques, quand la bronchite est bien « mûre » :

Benzoate de soude du benjoin 1 gramme.

Sirop de tolu 100 grammes.

Par cuillerées à dessert toutes les deux ou trois heures.

ou :

Terpine Oe',05

Pour un paquet. Un paiiuet trois fois par iour dans un 'peu de lait.

Définition. — La pneumonie est une maladie aiguë cyclique due à l'invasion du parenchyme pulmonaire par un microbe spécial, le Pneumococcus lanceolatus de Talamon et caractérisée anatomiquement par une infiltration fibrineuse des alvéoles pulmonaires donnant macroscopiquement l'état connu sous le nom d'hépatisation.

La pneumonie est fréquente dans l'enfance. Le maximum de fréquence est aux environs delà quatrième année; 30p. 100 des pneumonies frappent des enfants de deux à six ans; au-dessus de cet âge, la fréquence va en décroissant; à partir de douze ans, l'enfant n'est pas plus exposé à la pneumonie que l'adulte. Chez le nourrisson, la pneumonie est relativement rare, et c'est la bronchopneumonie qu'on observe surtout.

Syinptoiuatologie, — Les symptômes de la pneumonie différent peu chez l'enfant de ce qu'ils sont chez l'adulte. Même début brusque avec fièvre intense ; même évolution cyclique en six à huit jours; même défervescence brusque ; mêmes signes physiques : râles crépitants, souffle, râles de retour.

Un certain nombre de différences sont cependant à noter.

Au début de la pneumonie, le frisson est d'autant moins fort que l'entant est plus jeune ; il manque complètement chez le jeune enfant; en revanche, les vomissements alimentaires, puis bilieux, sont la règle dans l'enfance, tandis que, chez l'adulte, ils manquent souvent, sauf dans les formes bilieuses.

Chez les enfants nerveux, l'invasion de la pneumonie s'accompagne

SYMPTOMATOLOGIE. 9RR

de convulsions. Les convulsions se voient, chez le jeune enfant, dans les mêmes conditions que le délire chez l'adulte et chez l'enfant plus âgé.

L'epistaxis est beaucoup plus fréquente chez l'enfant que chez l'adulte; l'herpès est, au contraire, plus rare.

La toux manque parfois absolument; quant aux crachats, le jeune enfant ne les rejette pas, et ce n'est guère qu'à partir de l'âge de sept à huit ans qu'on peu t constateras crac/<a£s?*oi«7te comme chez l'adulte.

L'état général est caractérisé par de fa prostration; l'enfant est abattu, ne s'assied pas sur son lit, se laisse retomber sur son •oreiller si on le dresse sur son séant; les pommettes sont colorées, les narines sont sèches, les yeux sont vifs et un peu anxieux; parfois il existe des périodes d'agitation.

Le pouls est vif, fort, fréquent, allant à 120, 150 par minute.

La respiration est accélérée : c'est une polypné'e (60 respirations à la minute) avec battements des ailes du nez, plus qu'une dyspnée à proprement parler. Il est rare que l'enfant cherche l'air, semble asphyxier.

Quand l'enfant est en âge de localiser ses souffrances, il accuse le point de côlépneumoniquc. Mais plus l'enfant est jeune, plus le point de côté est bas situé. Le jeune enfant se plaint du ventre. 11 porte sa main vers son flanc ou même vers sa fosse iliaque en disant « bobo au ventre ». Il ne faut pas oublier cette notion du point de côté abdominal dans la pneumonie infantile droite, afin de ne pas croire à une douleur appendieulaire. La localisation lobaire n'influe en rien sur la situation du point de côté. Le point de côté est abdominal, aussi bien dans la pneumonie du sommet que dans la pneumonie du lobe inférieur.

Les symptômes physiques sont souvent chez l'enfant plus réduits que chez l'adulte.

Les vibrations vocales sont le plus souvent difficiles à percevoir chez l'enfant, tant du côté sain que du côté malade. Elles peuvent rester normales de ce côté.

La matité est souvent nette; c'est un excellent signe; mais elle fait parfois absolument défaut. 11 y a des cas où la percussion ne révèle -d'autre modification qu'une tonalité plus élevée et un son plus éclatant sous la clavicule; ce skodisme indique l'existence d'un foyer pneumonique ou d'une pleurésie.

L'auscultation est également moins typique que chez l'adulte. Le râle crépitant sec des premiers jours peut faire défaut; on entend seulement quelques rhonchus, ou de la rudesse inspiratoire ; ou c'est seulement à l'occasion du cri ou de la toux que l'oreille perçoit quelques fines crépitations.

Losouffle tubaire peui avoir les mêmes caractères que chez l'adulte. Le gros souille en A ou en U est alors typique. Parfois le souffle s'atténue; il est lointain, voilé, seulement expiratoire ; il faut, dans les cas où il est réduit à un minimum, beaucoup d'attention et une oreille exercée pour le percevoir. Parfois il manque complètement.

Les râles crépitants de retour sont également moins typiques que chez l'adulte ; ils sont souvent plus gros, plus humides, plus mêlés de bruits bronchiques.

Ces signes physiques s'entendent, tantôt à la base du dos, tantôt à la région moyenne, tantôt au sommet, en arrière ou en avant, parfois dans l'aisselle. La. pneumonie du sommet s'observe chez l'enfant aussi fréquemment que celle du lobe inférieur. Tandis que, chez l'adulte, elle offre une signification particulière, parce que chez lui la pneumonie n'affecte cette localisation que dans les organismes surmenés, affaiblis, intoxiqués, il n'en est pas de même chez l'enfant; la pneumonie du sommet n'a pas chez l'enfant de gravité spéciale et ne s'accompagne pas de convulsions ou de méningisme plus que les autres localisations.

La température monte dès le premier jour aux environs de 40°; elle se maintient à ce taux pendant cinq à dix jours, puis une chute se produit : c'est parfois une chute brusque et délinitive de 2 ou 3 degrés comme chez l'adulte-; toutefois on note plus souvent que chez l'adulte une défervescence en deux temps, soit que la fièvre . tombe un matin à 38°, 5 et le lendemain matin seulement à 37»; soit qu'étant tombée un matin à 37°, elle se relève le soir à 38°,5 ou 39°, S, pour ne revenir définitivement à 37» que le lendemain matin.

La radioscopie montre, au début de la pneumonie, une zone obscure en forme de triangle dont la base répond à la périphérie du poumon et dont le sommet est tourné vers le hile. A mesure que la pneumonie évolue, le sommet s'étend vers le hile, et le triangle obscur se déforme par l'adjonction de végétations latérales qui tendent à envahir plus ou moins tout le lobe atteint (Weiil et Mouriquand) (fig. 59 et 60).

Évolution. — Dans quelques cas, la pneumonie semble tourner court; au deuxième ou troisième jour, la température tombe; les signes physiques ne dépassent pas le slade de crépitations; puis tout rentre dans l'ordre. C'est la pneumonie abortive, ou pneumonie rudimentaire

Plus rarement la maladie dépasse sa durée normale; on a vu des pneumonies prolongées durer vingt et jusqu'à trente jours.

Les rechutes sont fréquenteschez l'en l'an t. Elles se font, en général, au niveau même du foyer primitivement atteint. La maladie semble

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