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III. — Formes vésiculeuses

Les dermatoses à vésicules, que l'on rencontre le plus communément chez l'enfant, sont au nombre de trois : V les sudamin 2' l'herpès; 3° l'eczéma.

l'' Sudamina

Définition. — Les sudamina sont ou rouges ou blancs. Ce sont de très petites vésicules, extrêmement nombreuses, à peine visibles à l'œil nu, que l'on observe surtout dans les cas de sueurs profuses, quelle que soit la cause de celles-ci. Cette éruption porte aussi le nom de miliaire.

Etiologie. — Les circonstances dans lesquelles on observe surtout la miliaire, rouge ou blanche, sont : les sueurs profuses que nous avons, le premier, signalées comme symptomatiquesde l^évolution dentaire; le rhumatisme articulaire aigu., qui s'accompagne assez souvent d'hyperhydrose; toute sueur critique et abondante, de pneumonie, de fièvre typhoïde (d'où sans doute la desquamation, notée dans certains cas de cette dernière maladie par Weill) ; enfin, la suette miliaire, maladie dont l'enfant peut être atteint, ainsi que l'adulte, en temps d'épidémie.

Comme son nom l'indique, la suette miliaire est surtout caractérisée par des sueurs excessives, non critiques, et une éruption miliaire auxquelles s'ajoutent : de la fièvre, des lipothymies et des syncopes. Nous n'avons rien à en dire de spécial à l'enfant. Nous renvoyons, pour sa description, aux traités généraux de médecine.

Symptomatologie. — Les sudamina (miliaire) sont de très petites vésicules répandues en très grand nombre sur toute la surface du corps, principalement sur les parties où les sueurs ont été le plus abondantes.

Ces vésicules reposent chacune sur une petite surface rouge et avivée (miliaire rouge) ou sont, au contraire, dépourvues, à leur base, de cette rougeur cutanée (miliaire blanche). Une desquamation furfuracée accompagne assez souvent les sudamina ou, pour mieux dire, toute éruption miliaire.

Diagnostic. — Plus visibles dans le premier cas que dans le second, elles sont, même dans ce dernier, relativement faciles à diagnostiquer. On ne peut pas les confondre avec une autre éruption.

Pronostic. — Le pronostic est extrêmement bénin, sauf le cas de suette miliaire où l'éruption, peu grave par elle-même, ne revêt un certain degré de gravité qae par la nature du mal qu'elle indique.

Traitement. — Le traitement est extrêmement simple. Il consiste : 1" à ne pas provoquer inutilement les sueurs, tout en les respectant dans limmense majorité des cas où elles se produisent; 2* à répandre une poudre inerte et aseptique (talc stérilisé, par exemple) sur les surfaces qui sont le siège de l'éruption cutanée.

2° Herpès

Définition. -- L'herpès est une maladie cutanée, caractérisée par un fo7ïd rouge, véritable plaque de cutite, au-dessus duquel se développent un nombre plus ou moins considérable de césicules, plus volumineuses que les précédentes, au contact les unes des autres et se fusionnant parfois pour cens-

lituer une bulle ou vésicule conique de dimension beaucoup plus grande.

Etiologie,— Le froid et la névrite sont souvent incriminés comme cause d'herpès.

Symptomatologie.— Nous en décrirons seulement deux formes: 1" Vherpès labialis, extrêmement fréquent chez l'enfant ; 2' Vherpès zonaou zoster, infiniment plus rare.

L'herpès labialis s'observe très fréquemment à la suite du coryza à frigore. Si l'on peut, ici, incriminer l'action directe du froid sur les nerfs de la face, on n'en est pas moins obligé de reconnaître que, souvent, à cette première cause, capable a priori de produire et le coryza et l'herpès labialis, vient s'en ajouter une autre.

Nous voulons parler de l'action irritante du mucus nasal, plus abondant et pathologique, sur le tégument labial, action plus marquée à la lèvre supérieure où siège de préférence l'herpès de ce nom. On l'observe aussi, presque aussi fréquemment, sur le bord libre de la lèvre inférieure.

L'herpès zona, lui, siège en ceinture sur un seul côté du corps (face, cou, tronc ou membres), comme chez l'adulte. Il suit un trajet nerveux parfaitement déterminé. Le plus commun est sans contredit le zona intercostal, qui suit la distribution des nerfs de même nom.

Limité, en avant et en arrière, à la ligne médiane du corps, il présente, dans l'intervalle et sur un seul côté, un nombre plus ou moins considérable de plaques de dimensions variables (2, 3, 4 ou 0 centimètres de diamètre), sur le fond rouge desquelles reposent une infinité de vésicules se touchant les unes les autres et susceptibles de fusionner entre elles, sinon toutes, du moins les plus voisines.

Ici, comme dans l'herpès labialis, les vésicules, fusionnées ou non, finissent par se rompre et laissent quelquefois, après elles, une ulcération plus ou moins étendue et libre. D'autres fois et le plus souvent, ces ulcérations sont recouvertes par des croûtes pllis ou moins sèches, plus ou moins épaisses et de couleur gris jaunâtre ou noirâtre, suivant qu'il n'y a pas ou qu'il y a au contraire du sang, résultant des hémorrhagies

que le grattage, le simple frottement des vêtements ou des pièces de pansement, peuvent produire, soit au moment où les vésicules existent encore, soit lorsqu'elles ont été remplacées par des croûtes plus ou moins faciles à détacher.

Les douleurs que provoquent les plaques d'herpès sont, jusqu'à un certain point, comparables à de la cuisson ou de la brûlure. De là, le nom de feu de St-Antoine donné vulgairement à l'herpès zona. Ces douleurs, qu'explique mieux encore la névrite originelle, sont parfois très intenses chez L'adulte et surtout chez le vieillard. Ce qui nous a frappé, chez Venfant (du moins dans les cas qu'il nous a été donné d'observer), c'est que, contrairement à ce que nous aurions supposé a priori, ces douleurs y sont beaucoup moins vives, beaucoup mieux supportées et presque nulles, comparées à l'intensité et à la durée qu'elles revêtent aux autres âges, où nous les avons vues aussi violentes avant, que pendant et après l'éruption.

Dans un cas, il est vrai, nous les observions chez un vieillard de 76 ans, artério-scléreux, atteint de ramollissement cérébral et peut-être médullaire. De là, sans doute, les raisons de cette différence. Chez l'enfant, en effet, le système nerveux est vierge de toute adultération de ce genre et la névrite paraît à la fois et moins intense et plus éphémère.

Diagnostic..— Le diagnostic sera toujours facile, qu'il s'agisse d'un herpès labialis ou surtout dun herpès zona. Dans le second cas, la dermatose herpétique ne peut être confondue avec aucune autre.

Dans le premier, l'existence depuis quelques jours d'un coryza mettra rapidement sur la voie Le coryza syphilitique et les manifestations cutanées de même nature, que l'on observe chez l'enfant, sont, en général, beaucoup plus précoces que l'herpès labialis. C'est d'ordinaire chez le nouveau-né qu'on les rencontre et, d'emblée, le coryza revêt non seulement une intensité grande, mais encore une forme chronique, ce qui aide puissamment au diagnostic de nature.

Pronostic. — Le pronostic de l'herpès labialis, comme de l'herpès zona, est extrêmement bénin.

Traitement. — Il consiste : 1° à protéger les vésicules d'herpès, dont il faut autant que possible éviter la rupture, pour épargner au malade les douleurs qui résultent d'une ulcération, ainsi mise au contact de l'air et de substances irritantes de toute nature, parfois même contagieuses. On peut atteindre ce résultat par de simples badigeonnages au collodion, riciné ou non; 2° si des ulcérations se produisent, à les panser aseptiquement et antiseptiquement (vaseline boriquée, lavages boriques, salol en poudre); 3° à calmer les douleurs, avec le Uniment de Bengué, par exemple.

3" Eczéma

Définition. — L'eczéma est aussi une dermatose à forme vésiculeuse fine, reposant sur un fond plus ou moins rouge.

Symptomatologie.— Sur une surlace rouge-intense,plus ou moins étendue, se forment des vésicules petites et plus ou moins nombreuses.

La forme la plus commune de l'eczéma, observée chez l'enfant, est l'eczéma impétigineux de la face et du cuir chevelu (nous l'avons décrit plus loin). On le voit en outre à la nuque, aux jambes et, d'ailleurs, sur les diverses parties du corps (tronc et, même, membres supérieurs).

L'eczéma est une simple rougeur, plus ou moins vive et étendue, sur laquelle surviennent à un moment donné des vésicules, en plus ou moios grand nombre et de dimension généralement petite, qui ne passent point à la pustulation. Elles se dessèchent ou s'ouvrent, versant leur contenu à la surface de la peau et y formant des croûtes habituellement minces. Le tout est suivi d'une desquamation le plus souvent furfuracée.

Etiologie. — L'arthritisme est la cause la plus habituelle de l'eczéma. Nous y ajoutons : la pléthore séreuse et l'évolution dentaire, par action réflexe plus ou moins durable et à exacerbations momentanées.

Complications. — Les complications les plus fréquentes de l'eczéma, sont l'impétigo, qui l'accompagne souvent,

et les adénites de voisinage. L'eczéma est une porte ouverte à toutes les infections microbiennes, même tuberculeuse.

Diagnostic. — Leozéma ne pourrait être confondu qu'avec l'érysipèle, qui s'en distingue, chez l'enfant, par la lièvre, le bourrelet d'envahissement, la tendance à gagner de proche en proche, la migration en un mot.

Pronostic. —Le pronostic de l'eczéma n'est pas grave. Il implique toutefois l'idée d'un terrain spécial, arthritique, qui devient l'objet d'indications particulières et qui nécessite, de bonne heure, l'application d'une hygiène sévère, principalement alimentaire.

Par elle, on peut débarrasser l'économie, non seulement des affections eczémateuses actuelles, mais encore du vice arthritique, acquis ou héréditaire, qu'elles dénotent et qui annonce, au seuil de la vie pour ainsi dire, la goutte et toutes ses conséquences (coliques néphrétiques, hépatiques, etc.). Celles-ci se montreront plus ou moins tôt, chez le sujet observé, si le mal est abandonné à lui-même, si le vice dialhésique n'est pas soigneusement et énergiquement combattu.

Traitement. — Déterger les surfaces eczémateuses, que l'on panse aseptiquement et antiseptiquement (pansement humide, compresses boriquées tièdes), dans les formes sèches ; talc stérilisé, salol pulvérisé, contre les formes humides : tels sont les moyens à employer, d'ordinaire, localement.

Contre l'état général : régime lacté exclusif et réglé, si l'enfant est tout jeune. Dans le cas contraire, alimentation douce et régulière : lait, potages, purées, viandes blanches. Proscrire: les viandes rouges ou noires, le poisson, les salaisons, les crudités, lien sera de même de 1 alcool sous toutes ses formes, y compris le vin pur. L'usage des alcalins (eau de Vichy, eau de Vittel surtout) sera souvent 1res utile.

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