XIV. - Pelade
Définition. — La pelade est unemaladieducuirchevelu, très fréquente dans les établissements scolaires et les casernes, caractérisée le plus souvent par de toutes petites tonsures ou citles alopeciques plus ou moins nombreux sui.vant l'ancienneté du mal, en très petit nombre au début et toujours dépourvus de cheveux sur leur surface entièrement glabre, parfois aussi par une alopécie généralisée et occupant la presque totalité du cuir chevelu.
Etiologie. — Ce que nous en disions en 1893, au point de vue étiologique, nous devons le répéter aujourd'hui, même
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après le congrès international de dermatologie tenu à Paris en 1900, avec une nuance toutefois.
Nous disions à cette époque que certains derniatologistes voient dans la pelade une maladie parasitaire, tandis que certains autres n'y voient qu'une f7'op/ioriéuro5f.
Parmi les premiers, après le congrès de 1900, nous citerons encore Sabouraud.
Parmi les seconds et à leur tête ligure M. le D' Jacquet. Nous ne serions point surpris de voir, dans un avenir prochain, la vérité établie définitivement à cet égard et toute discussion de ce genre devenue inutile, lorsqu'il sera pertinemment démontré, ce que nous croyons sans peine, que certaines pelades sont parasitaires et contagieuses, tandis que d'autres sont d'origine nèi^ rot rophique et, par suite, non trammissibles. Le difficile et l'important sera de faire le diagnostic à ce point de vue.
Nous avons en ce moment, au service, un enfant de 13 ans atteint d'alopécie totale du cuir chevelu, à la suite d'une frayeur considérable éprouvée le jour où, pour lui faire retirer un objet tombé dans un puits, son frère, l'attachant avec une corde, l'y descendit.
S'il en était autrement que ce que nous avons dit plus haut, comment expliquer les épidémies de pelade dans les établissements d'instruction (pensionnats, écoles) ou dans les casernes? A défaut du microsporon décrit par certains auteurs, il faudrait admettre l'existence d'un autre parasite. Il semble tout naturel que ce dernier soit lui-même l'agent de la contagion. A côté de cela, il est incontestable qu'il y a des cas de pelade et surtout d'alopécie, non contagieuse et d'origine névrotrophique, analogues à celui dont nous avons parlé cidessus.
Le microorganisme, trouvé par quelques-uns et non par d'autres, est très petit. Il siégerait dans l'épiderme lui-même et, à ce titre, serait fort difficile ou impossible parfois à découvrir.
Quoi qu'il en soit et jusqu'à plus ample informé, nous croyons, au nom de l'observation clinique, que, s'il est def?
2i.)4 PRECIS DES MALADIES DES ENFANTS
pelades saus parasite, elles sont le petit nombre et l'exception, tandis que les pelades parasitaires et contagieuses sont légion, si on les compare aux précédentes.
Symptomalogie . — L'aspect des plaques peladiques rappelle assez celui des cicatrices du cuir chevelu, avec lesquelles on pourrait facilement les confondre à priori. Pas de cheveux à leur surface, pas la moindre éruption à leur niveau, la peau en est normale en apparence. De dimensions faibles (un demi centimètre environ au début), elles s'élargissent par la suite. En petit nombre d'abord (2, 3 ou 4), elles se multiplient ultérieurement.
Toutes les parties du corps sur lesquelles existent des poils plus ou moins nombreuxpeuvent en être le siège. Ces plaques se développent dans la barbe. sur les cils, les sourcils. le pubis, etc.
Diagnostic. — Seules, nous l'avons dit plus haut, les cicatrices du cuir chevelu et l'alopécie, qui en résulte, pourraient être prises pour de la pelade. Leur ancienneté, leur origine, leur fixité de nombre, de siège et de dimensions, ne permettront pas à l'erreur de subsister, à supposer qu'elle puisse se produire un instant.
Traitement. — Tous les moyens employés contre les teignes précédentes sont parfaitement utilisables ici, les. parasiticides aussi bien que Yépilation elle-même au pourtour des petites plaques peladiques, soit que l'on veuille sacrifier des cheveux déjà peut-être malades, soit que l'on veuille élargir la surface d'action médicamenteuse.
Les excitants cutanés (teinture de cantharides), les rubéfiants, les vésicants même, qui rendent de signalés services dans certains cas, sinon dans tous, ont été un argument de plus invoqué en faveur de la théorie trophonévrosique de la pelade. Il n'est pas absolument irrévocable.
D'après Hallopeau, la contagion de la pelade ne se fait que par contact direct et non à distance, le parasite étant très adhérent. C'est à tort, d'après lui, que l'on exclut les peladiques des écoles et bureaux. Il suffit qu'ils s'y tiennent la tête couverte (1).
(l) Hallopeau. — Revue des Hôpitaux, sept. 1901, p. 429.