‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 39 sur 100 · XIII. — Teig'ue tondaiile (Herpès tonsupaiis · texte numérisé non relu

XIII. — Teig'ue tondaiile (Herpès tonsupaiis

Définition. — Comme son nom 1 indique, la teigne tondante ou herpès tonsurans est une maladie parasitaire et contagieuse du cuir chevelu, qui se manifeste par de Valopécie partielle et des tonsures ou, plutôt, par des vides à couleur cutanée normale le plus souvent, mais présentant une infinité de checeux coupés ras.

Etiologie. — L'herpès tonsurans est dû à la présence d'un parasite, le microsporon Audouini. La contagion, d'enfant à enfant, par les coiffures ou les peignes, est son mode de propagation le plus fréquent.

Symptômes. — Le cuir chevelu présente à considérer, ainsi que nous l'avons vu plus haut, de véritables vides ou tonsures, peu nombreux d'habitude, à la surface desquels on voit une multitude de cheveux coupés ras, comme à la tondeuse.

On y voit aussi parfois, surtout à la périphérie, mais même à l'intérieur, certaine éruption sèche et discrète, caractérisée, ici par de petites papules, là par une rougeur de faible étendue (quelques millimètres de diamètre), qui se desquame en lamelles furfuracées. Dans l'immense majorité des cas. rien de pareil; seulement les tonsures et les cheveux cassés qui les surmontent.

Si l'on arrache un des ces cheveux coupés ras. qu'on le mette sous le champ du microscope et qu'on l'examine attentivement, on ne tarde pas à s'apercevoir de la présence du parasite, non seulement autour du cheveu lui-même et de sa racine, sous forme de gaine, mais encore à l'intérieur de l'un et de l'autre, d'où les nodosités ou bosselures du cheveu, la dissociation de ses fibrilles primit ires, d'où, enfin, Isl facilité de cassure à ce niveau. Les fibrilles, ainsi dissociées et rompues, donnent à l'extrémité du cheveu l'aspect d'un petit balai ou d'un pinceau.

Comme le favus, l'herpès tonsurans peut s'accompagner d'eczéma de dentition. C'est alors que les diverses plaques, qui sont le siège du mal, prennent facilement une teinte variant du rouge vif au vineux foncé. On y observe, parfois, un léger suintement ; très exceptionnellement, une humidité et une hypersécrétion comparables à celles que nous avons décrites dans le favus.

Diagnostic. — Le diagnostic est, on le voit, relativement facile, soit à l'œil nu, soit au microscope. Les spores du tricophyton tonsurans. ocoïdes, ont jusqu'à 4 \i de larfje et 40 li. de long.

Telle est la description, longtemps acceptée, du parasite de la teigne tondante. Mais, depuis les travaux de Sabouraud (1), on admet trois variétés qui sont :

1" La teigne tondante à petites spores, due au microsporon Audouini et, dans laquelle, les spores forment une gaine à la base du cheveu, mais^^e pènèTfêht~point celui-ci.

2' La teigne trichophiftique, due au tnjchoplujlon mégalosporon endotlirix. C'est la teigne tonsurante ordinaire.

3" Enfin, le kèrion Celsi, dû à un trichophyton mégalosporon ef-tothrix, d'origine équine, et pyogène.

Pronostic. — Le pronostic est moins grave que celui de la teigne faveuse. en ce sens que cette dernière s'accompagne, parfois, de complications, inconnues dans l'herpès tonsurans. 11 est d'autant plus grave, au point de vue de la durée de la maladie, que le traitement est commencé plus tard ou que la variété à laquelle on a affaire est à parasite endothrix (spores intracapillaires). ce qui rend les cheveux beaucoup plus cassants et l'épilation plus difficile d'abord, moins efficace ensuite.

Traitement.— Le traitement est le même que celui du favus.

Dans un cas comme dans l'autre, dans les familles comme dans les hôpitaux, chaque malade doit avoir sa coiffure, son peigne et son lavabo, spéciaux.

Les teigneux doivent être isolés, en temps ordinaire, des

H) S.ibouraud. Tlièse de Puris 1S94,

enfants bien portants. Ils devraient l'être même, si possible, en temps de maladie, de façon à éviter la jîontagion des teignes, si fréquente pendant la convalescence des divers états, aigus ou chroniques, qui ont nécessité l'admission des teigneux dans les salles communes de l'hôpital.

Le traitement de l'herpès tonsurans, nous l'avons dit, est le même que celui du favus. 11 faut : 1* tailler les cheveux ras ; 2" épiler : 3" appliquer les topiques, déjà indiqués au sujet du favus.

Il n'y a pas, ici, à déterger de croûtes les surfaces simplement tonsurées. Mais il est deux précautions à prendre: la première consiste à bien épiler les poils cassés, en les saisissant convenablement d abord, en tirant ensuite sans secousse et perpendiculairement au cuir chevelu ; la seconde, à dépasser le mal, c est-à-dire la tonsure, de plusieurs millimètres tout autour.

Si les cheveux cassent encore, il faudra les laisser pousser à nouveau et les épiler ainsi, isolément, jusqu'à ce que la racine les accompagne.

Tous les mois environ on renouvellera Vépilation , si celle-ci paraît nécessaire. On considérera, ainsi que dans le favus, 1 enfant comme guéri, lorsque les cheveux repousseront beaux et touflus, tels qu'ils étaient avant la maladie.

Page 1