‹ Précis des maladies des enfantsChapitre 8 sur 100 · II. — Athpepsie · texte numérisé non relu

II. — Athpepsie

Définition. — L'athrepsie est une maladie du nouveau-né. Décrite et dénommée par Parrot, elle se caractérise par un amaigrissement continu et progressif, accusé par la balance à chaque pesée nouvelle, jusqu'à ce que survienne la mort ou que se produise l'amélioration révélée par une augmentation de poids même légère mais persistante et conduisant à la guérison. Cet amaigrissement est bientôt constaté de visu avec la plus grande facilité.

Etiologie. — La gastro-entérite ou du moins des troubles gastro-intestinaux, tels que : vomissements et diarrhée, sont habituellement notés à l'origine de l'athrepsie. C'est dans les trois premiers mois de la vie qu'on observe celle-ci.

Ce qui les détermine le plus souvent c'est l'alimentation vicieuse.

Certain jour, sous prétexte que le lait de la mère était insuffisant, ce qui était inexact, nous avons vu un nourrisson, sur le conseil d'une sage-femme, ingérer de la farine lactée pendant les premières semaines de l'existence et

devenir de ce fait athrepsique. Il a suffi, pour le guérir, de supprimer cet aliment et de le remplacer par le lait de la mère, très suflisant d'ailleurs. Elle était primipare et une des meilleures nourrices que j'aie jamais vues.

Une autre fois j'ai vu l'athrepsie se produire, dans le second mois de la vie, chez un enfant placé dans des conditions à peu près identiques, avec cette différence toutefois que le lait de la mère, également primipare, était réellement insuffisant. Il s'agissait de l'un de ces cas où la sécrétion laclée est difficile et lente à s'établir. 11 a suffi, pour guérir cet enfant, de lui faire donner, en plus du lait de sa mère, un demi lait (3 tétées par jour) par une autre nourrice. Et la mère, qui ne suffisait pas primitivement à la tâche pour les raisons que nous venons d'indiquer, a pu, sans la moindre difficulté, conduire à bonne fin toute seule Tallaitement jusqu'au secrage, et cela, à partir du 3* ou 4« mois, c'est-à-dire dès l'époque où la sécrétion lactée s'est franchement établie chez elle.

Dans un troisième cas il nous a paru que Vancienneté du lait de la nourrice (5 7/1015) et son abondance par conséquent, en raison de l'âge de l'enfant (naissance), avaient été suffisantes pour produire l'athrepsie, des plus marquées dans l'espèce.

Peut-être à ces causes premières s'était-il ajouté, comme cause adjuvante, l'usage de l'eau de Vichy, employée comme moyen thérapeutique dès les premiers vomissements.

La guérison fut cependant obtenue (1) malgré Vencéphalopathie existante, encéphalopathie que Parrot lui-même considérait comme étant toujours mortelle (2).

Symptômes. — Troubles gastro-intestinaux au début, amaigrissement continu et progressif ensuite, tels sont les symptômes principaux de l'athrepsie. Les vomissements et la diarrhée peuvent persister tout le temps de la maladie.

(Il L. Baumel et E. Scheydt. Un cas très grave d'athrepsie du nouveau-né. Encéphalopathie. Guérison. Congrès international do. Médecine. Section de Pédiatrie. Paris, 1900.

(2) Parrot. L'athrepsie. Paris, Masson, 1877, page 136.

Je les ai vus remplacés, dans le troisième cas ci-dessus, par des vomituritions et une constipation opiniâtre.

Les vomituritions étaient constituées par la régurgitation de quelques gorgées de lait à chaque tétée, accompagnées le plus souvent de quelques mucosités, probablement d'origine gastrique. La constipation était telle qu'on ne pouvait obtenir une selle qu'à la condition de recourir à l'emploi d'un suppositoire à la glycérine solidiûée.

On distinguée l'alhrepsie trois périodes: 1" une période QaUro-intestinale ; â** une période hématiqne ; 'S" une période cachectique.

La première, gastro-intestinale, est caractérisée par les troubles digestifs dont nous avons parlé précédemment.

La période hématique est constituée par une auto-intoxicalion ou une auto-infection sanguine, résultant de l'absorption, au niveau de la surface gastro-intestinale, de divers éléments d'ordre chimique ou microbien qui s'y développent anormalement.

De là et du défaut d'absorption des liquides alimentaires ingérés, que le vomissement expulse presqu'aussitôt, résultent de Vanurie et des accidents nerveux convulsifs souvent généralisés comme dans notre troisième cas.

De là, des altérations nutritives, sinon des infections des difïérents organes (foie, cerveau, reins, peau, etc.) ; de là enfin, l'amaigrissement progressif du sujet, véritable autophagie développée sous l'influence du défaut d'absorption et d'assimilation déjà signalé.

11 arrive même un moment où les aliments sont relativement supportés et où cependant la balance n'accuse pas la moindre augmentation de poids de l'enfant. Cela prouve que la muqueuse gastro-intestinale n'est pas encore en état de digérer parfaitement et de rendre tout à fait assimilables les aliments ingérés (lait). Vanatomie pathologique vient en eflet nous démontrer l'existence, au niveau de cette muqueuse, de lésions propres à l'inflammation.

Plus tard même, lorsque la muqueuse digestive a repris ses fonctions de digestion et d'absorption, le sang et les

divers organes ne sont pas aussitôt en mesure d'assimiler. Il faut que se produise alors la Hxiviation du sang et de l'organisme, ce dont il est facile de juger par raugmentation de la quantité des urines, bientôt suivie de celle du poids du nourrisson.

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Fig. 4. — Courbe des pesées dans un cas d athrepsie du nouveau-né ou athrepsie de Parrot. Cet enfant est né le 13 février i899.

Cette dernière, minime d'abord, s'accuse ensuite de plus en plus, et l'on voit certains enfants, notre troisième par exemple, tripler les étapes à un moment donné, c'est-à-dire prendre par jour trois fois plus de poids que ne devrait en prendre un enfant du même âge. (Voir la courbe ci-contre).

C'est à la période cachectique que l'on voit survenir les diverses altérations cutanées (érytbème athrepsique, ulcéra-

MALADIFS GKNERALES 39

lions de la peau) signalées par Parrol et les lésions viscérales profondes qu'il décrit (atéleclasie pulmonaire, atrophie et érosions hémorragiques de l'estomac, rate petite, cerveau sléatosé, reins dégénérés, infarctus uratique, thrombose rénale, etc.).

C'est alors aussi que la peau devient sèche, qu'elle se plisse facilement, étant trop ample pour le corps qu'elle contient. L'amaigrissement est extrême, le faciès ridé et vieillot, les joues enfoncées et creuses faisant fortement saillir les parties du squelette (os malaire, apophyse zygomatique), les yeux incomplètement clos. La fontanelle antérieure se déprime au point qu'elle peut recevoir, dans la cupule qu'elle dessine, Textrémité digitale du pouce. Celte dépression indique le degré de vide intra-crànien résultant de la rétraction de l'encéphale lui-même.

Le pouls est petit, imperceptible, lent, fortement dépressibie. 11 existe assez souvent de l'hypothermie. La bouche, généralement entr'ouverte, est envahie par le muguet.

Pronostic. — L'athrepsie est une maladie toujours grave. Elle l'est d'autant plus que le milieu social auquel appartient l'enfant est moins élevé. Cette gravité est extrême si l'enfant est soumis à l'allaitement mixte et, à plus forte raison, à l'allaitement artificiel.

De là, la mortalité si grande, signalée par Parrol dans ses observations, qui ont trait surtout à son service de l'Hôpital des Enfants Assistés.

Lorsqu'il nous a été permis, de bonne heure, d'attribuer une excellente nourrice à un athrepsique, nous avons eu constamment la satisfaction de le voir guérir et cela, qu'il s'agisse d'un malade hospitalisé ou d'un malade de notre clientèle privée.

Diagnostic. — Le diagnostic n'est pas difTicile. On ne pourra confondre l'athrepsie qu'avec le dépérissement que l'on voit survenir chez certains enfants, atteints de tuberculose ganglionnaire généralisée et révélée par une polymicroadénile plus ou moins étendue.

Nous avons eu à soigner un enfant atteint d'asymétrie

PRKCrS DES MALADir.S DES ENFANTS

faciale qui nous a laissé longtemps en suspens entre ces deux diagnostics. (Voici sa courbe).

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Fig. y. — Courbe des pesées dans un cas d'alhrepsie tardive (Baumel).

Cet enrant, âgé de 18 mois, avait été nourri par sa mère, tuberculeuse, jusqu'à l'âge

de 15 mois et quelques jours encore avant la mort de celte dernière.

Né d'une mère tuberculeuse, il avait tété celle-ci presque mourante, l/enfant avait alors 15 mois.

Malgré cette origine si suspecte et ces conditions si fâcheuses, au cours desquelles la contagion aurait pu faire son œuvre, à supposer que l'hérédité ne l'eut point déjà faite; malgré tout, cet enfant a pu être sauvé par l'allaitement artificiel.

Traitement. — Le traitement de l'athrepsie consiste : 1° à donner à l'enfant, s'il ne l'a déjà, une bonne nourrice, dont le lait soit autant que possible en rapport avec l'âge du nourrisson ; 2* à régler les tétées (une toutes les 2 heures au plus) Si l'enfant vomit, attendre deux heures après le dernier vomissement avant de donner le sein de nouveau.

Existe-t il du muguet? Appliquer avec un pinceau trois fois par jour sur la langue le collutoire suivant :

Borate de soude. ) ^ .^

... , ^ i aa 10 grammes.

Miel rosat . • . j

Administrer, une heure après chaque tétée, 2 cuillerées à café de la potion suivante :

Eau seconde de chaux } ^ ^^

^ . , ., wa 60 grammes.

Eau de laitue . . . . ^

Sirop simple 30 —

Teinture de musc .... IV gouttes.

Veut-on combattre les fermentations anormales dont le tube digestif est le siège et les autointoxications ou les autoinfections qui en résultent?

On prescrira, au lieu de la potion qui précède, la suivante à la même dose et aux mêmes heures :

Salicvlate de magnésie (s'il y a constipation). } ^ . ^r^

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