PRÉFACE
L'enseignement de l'urologie doit aujourd'hui prendre place à coté de celui de l'ophtalmologie, de la laryngologie, de la gynécologie ; mais cette/spécialisation de quelquesunes des branches de J'art dfièguérifne saurait faire oublier ;i ceux qui les cultiv(?nt le tï*(5Yîî5^' commun, dont elles tirent
leur origine. En elï'et l^'(^\oJlu^>t>n.'Ct.!es vicissitudes des
spécialités montrentque ce n'est que duj[our où elles sont sorties des mains d'empiriques' ignorants 'Ou de médecins à vue étroite pour être confiées à des-hbmmes instruits, aux conceptions scientifiques larges, qu'elles ont pris leur essor et marché dans la voie du véritable progrès. Ce n'est pas à nous de rappeler la part que l'école de Necker, sous l'impulsion de son chef éniinent, le professeur (iityon, a pris au développement de l'enseignement et de la pratique des affections des voies urinaires.
Nous nous sommes efforcé de résumer dans ce Précis, suivant un ordre simple et méthodique, tout ce que le concours des diverses branches des sciences médicales et l'union intime de leurs données nous ont appris en urologie,
Vaïi raison des immenses services que rendent ^aï^epsie
Il PHKFACR
et l'antisepsie dans les intcn^entions exploratrices et thérapeutiques si fréquemment exigées en clinique urinaire, nous y avons consacré notre premier chapitre. L'exposé de la technique du cathétérisme et de l'endoscopie complète la première partie.
Les quatre autres comprennent l'étude des affections de l'urètre, de la prostate, de la vessie, des uretères et des reins. Nous avons adopté, pour chacune d'elles, la même uniformité de plan, et le môme esprit a présidé h notre rédaction.
Ne rapportant en ce ([ui concerne la pathogénie et l'étiologie que les faits les plus certains, nous nous sommes abstenu de toutes discussions sur les points encore en litige. Aussi bien la bactériologie a-t-elle éclairé d'un jour nouveau et éclatant certaines questions naguère des plus obscures. C'est ainsi que la lièvre urineuse, qui a donné lieu à des interprétations pathogéniques si variées, ne peut plus Atre considérée que comme l'expression symptomatique de l'infection de la totalité ou d'une partie de l'appareil urinaire. La pathogénie des urétrites, des cystites, des uretéropyélites et des néphrites, a également gagné en clarté. Nous avons présenté ce que nous savons des causes prochaines de ces infections dans un cadre qui reste ouvert et où trouveront aisément place les aj^quisilions nouvelles. La même préoccupation nous a guidé dans l'étude de la genèse des autres maladies. Four si certaines qu'elles soient, nos connaissances à ce sujet sont loin d'être définitives : que d'inconnues, par exemple, ne reste-t-il pas à dégager pour avoir de la lithogénie une notion nette et immuable?
Dans rexf)Osé de la symptomatologie, nous avons apporté
PREFACR Ur
tous nos soins h la description des troubles fonctionnels, qui, rationnellement recueillis et judicieusement interprétés, conduisent, dans l'immense majoritc^ des cas, au diagnostic. Nous ne saurions cependant nier Tutilité des explorations directes et des moyens, qui aujourd'hui nous permettent de porter nos investigations jusque dans la profondeur des organes; aussi avons-nous fîiit une large part dans la description des signes physiques aux données fournies par l'endoscopie de l'urètre et de la vessie, l'examen des orifices des uretères et le cathétérisme de ces conduits. Mais, considérant que ces explorations constituent de véritables opérations, qui ne sauraient toujours laisser indifférentes les réactions d'un organe aussi sensible que le filtre rénal, nous nous sommes attachés à bien préciser leurs indications et leurs contre-indications.
Nous avons donné tout le développement compatible avec l'étendue de notre livre à la question du traitement, but suprême des efforts du clinicien et pour lequel le spécialiste trouve sa principale raison d'être. En effet, si par l'observation fréquente des mêmes faits pathologiques il arrive à discerner, «ivec plus de promptitude, les indications opératoires, la répétition des mêmes actes thérapeutiques augmente son habileté à les remplir. Au lieu de s'attaquer de front aux lésions, il apprend à les tourner, sauvegardant ainsi l'intégrité fonctionnelle des organes. C'est ainsi que dans les rétentions d'origine urétralc ou prostatique il parvient presque toujours, par d'ingénieux expéilients et un outillage perfectionné, à rétablir le cours de l'urine par le canal et est rarement obligé de se résoudre à la ponction hypogastrique et à l'ouverture permanente de l'urètre ou la vessie : interventions sim-
IV PHEFACK
plistcs, (lui sont comme un avoii (i'impiiissanno de Tart. IVous nous sommes appliqué à décrire en détail les opérations courantes de la petite chirurgie urinaire. Contraint d'expo&er d'une la^*on ])ltts concise les autres opérations, telles que l'urétrotomie interne et externe, Turétrorrhaphie et l'urétropiaslie, la taille et la lithotrilie, la néphrotouiic'et la néplirectomie, nous croyons cependant q.ue le futur praticien tnuivera dans notre description *des éléments suffisants pour saisir les prin- 4'ipes de ces interventions, .juy:er les avantages de leurs divers procédés et se familiariser avec leur technique.
Aux dessins d'instruments que Ton rencontre dans toutes h\s puhlications, nous avons joint un certain nomhre de figures anatoniiques et pathologiques originales dans le hutde rendre notre texte plus clair et nos démonstrations plus précises.
Sans nous flatter qu'un chirurgien versé dans la pratique (Iqs afl'ections des voies urinaires ne puisse relever <lans ce Précis des lacunes, nous espérons (pril voudra bien reconnaître que nous nous sommes constamment préoccupé d'écrire un livre, où l'étudiant, comme le médecin, puisse trouver rapidement et sans efl'ort les notions théoriques et pratiques actuellement acquises en urologie?.
A. POUSSON, Bordeaux, t**" novcriibrc 1898.
DES VOIES URIN