‹ Précis des médicamens antipsoriques homéopathiques, de leur sphère d'action principale et de leurs propriétés caractéristiquesChapitre 9 sur 66 · XX MEMOIRE · texte numérisé non relu

XX MEMOIRE

occupations journalières, les habitudes, ou dans les affections morales du malade. Les remèdes de courte durée peuvent alors se répéter avec plus d'avantage dans les cas où, sans cesse luttant contre les variations atmosphériques, la réaction naturelle de la force vitale manque ou se trouve affaiblie. C'est alors par l'emploi de X autopsorine (1) et par l'essai successif d'autres substances, que l'on obtiendra les plus heureux résultats. Le principe du renouvellemealgparait également applicable, lorsque la permanence de la cause morbifique réside dans la maladie même, lorsque des désorganisations, des productions anormales, des changemensde substance, sont une source continuelle de désordres contre lesquels il importe de diriger l'action soutenue du remède , comme par exemple les indurations des intestins, du cerveau ou d'autres organes, la formation des corps durs dans les glandes lacrymales, salivaires, dans les reins et la vésicule du fiel , les désorganisations du cœur , les vers intestinaux , efcc. , peut-être aussi les dégénérescenses et excroissances cutanées, les polypes, la lèpre, etc. ; cependant Y arsenic, qui est spécifique dans les anévrismes, ne produit plus aucun effet par le renouvellement des doses.

Le mode le plus important de répétition, et l'une des plus grandes découvertes pour la pratique de notre art, est le procédé du docteur jÉgidi, médecin de LL. AA. le prince et la princesse Frédéric de Prusse ( V. Arch. XII, t. i33 ), qui consiste à répéter les doses étendues (feins de l'eau. Le fait qu'il rapporte d'une guérison obtenue au moyen du phosphore donné chaque jour dans une grande quantité d'eau, doit faire époque dans notre thérapeutique.

Comme j'ai été assez heureux, par l'intermédiaire de mon ami le docteur But, d'obtenir, en arrivant à Philadelphie., une clientelle nombreuse , si bien qu'au bout de deux mois

(i) V autopsorine est le virus psorique du malade préparé comme remède , et appliqué au traitement de la maladie dont il est le produit. Cette nouvelle méthode de traitement a reçu le nom d'isopathie

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DU DOCTEUR HEAING. Xxi

le nojjJH! de mes malades dépassait trois cents , j'ai eu de fréquf^Bp* occasions de faire des essais variés sur ce genre d'empi^ràes remèdes. Ce mode convient éminemment chez tous les malades doués d'une grande sensibilité , dans toutes les affections très douloureuses, et dans beaucoup de maladies des enfans. Dans tous les cas où l'on ne voit presque que des effets primitifs des remèdes, ou lorsque la réaction ne s'établit pas, même par la répétition des doses, les médicamens donnés de cette manière sont très bien supportés, et leurs effets salutaires ne tardent pas a se prononcer. Une répétition de ce genre, trop long-temps continuée, avait moins d'inconvéniens, et les renouvellemens étaient mieux supportés. Les substances mal choisies produisaient aussi des symptômes ; mais ceux-ci étaient plus faciles a combattre, et servaient de guide pour le choix d'un remède plus convenable. J'ai vu un malade qui pouvait à peine supporter l'olfaction d'un seul globule à la dixième puissance , sans ressentir des malaises pendant des journées entières, n'éprouver que peu de chose de la même substance prise suivant ce mode ; et la réaction salutaire ne tardait pas à s'établir. Dans les essais que j'ai faits, je me suis toujours servi d'un seul globule de la grosseur d'un grain de moutarde (X), dissous dans quatre ou six onces d'eau qu'on remue dix à douze fois pour répandre la puissance médicinale. La dose que prend le malade est une cuillerée à bouche. La camomille et la brjone , répétées toutes les heures sous cette forme, m'ont rendu de grands services dans les névralgies les plus douloureuses. Cette application deviendra d'une haute importance dans les fièvres nerveuses, et peut-être aussi dans le choléra. Bientôt le médecin homéopathe donnera à ses malades autant de fioles d'eau chargée de puissance médicinale que des poudres de sucre de lait.

Il serait a désirer que l'on fît des expériences sur les dilutions au moyen d'une plus grande quantité de liquide, eu commençant par exemple avec mille gouttes. Les essais seraient doublement intéressans depuis la découverte du doc-

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