‹ Précis du cours de droit public et administratif professé à la Faculté de droit de Paris (volume 4)Chapitre 4 sur 45 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

La nature humaine a horreur de Tisolement ; nos instincts et nos besoins nous rapprochent de nos semblables et, malgré l'égoïsme qui tend à nqus séparer, il est impossible de concevoir un plus grand supplice que la solitude absolue. Les législateurs hésitent à la mettre au nombre des peines ; ceux qui ont été assez hardis pour en faire l'essai sont effrayés de leur tentative, et la peine de mort est encore jugée par un grand nombre de publicistes comme plus humaine que celle de la cellule. L'homme est donc, suivant l'expression d'Aristote, un animal politique^ ce qui veut dire un être destiné à vivre au nùlîeu d'une société organisée, soumis à ses lois et à son gouvernement.

Qu'est-ce qu'une société? Est-ce une pure somme d'individus, une abstraction, n'ayant aucune existence propre en dehors des individus qui la composent 7

Chaque société, chaque peuple a sa vie propre qui comprend toutes les existences individuelles, sans se confondre avec aucune d'elles. Les plus puissants parmi les hommes n'ont exercé sur les destinées de leur pays qu'une influence plus ou moins grande; ils n'ont jamais absorbé la force de développement qui est au fond de toute nation, et quand on a dit que tout le monde avait plus de puissance ou d'esprit que le plus fort ou le mieux doué des hommes, on n'a £adt qu'affirmer la réalité de la société, comme être distinct des personnes qui la composent.

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