‹ Précis du cours de droit public et administratif professé à la Faculté de droit de Paris (volume 4)Chapitre 6 sur 45 · PRÉLIMINAIRES. H · texte numérisé non relu

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scientifiques, de grandei» pensées ont une valeur intellec* tuelle ott morale qu'elle ne nie pas ; mais elles sont au-dessus oii« an moins, en dehors de l'économie politique, qui ne s'en occupe qu'autant qu'elles exercent quelque influence sur la richesse publique ou privée.

C'est surtout par son rôle militant contre l'erreur, que l'économie politique a rendu des services an bien public. Bile est encore occupée à démontrer combien s'est égarée la pratique des gouvernements, comment pour avoir ignoré suivant quelle loi la richesse se produitf se diêtribue et se consomme^ ils ont souvent pris des mesures inutilement vexatoires. La pars dtstruens de l'œuvre, comme aurait dit Bacon« a été considérable; quant à la portion positive et organique, elle se réduit à un petit nombre de propositions, et il n'est pas une page d'économie politique qui ne soit le développement de cette idée que toujours, ou au moins presque toujours, il vaut mieux laisser faire que de prescrire et s'en rapporter à l'initiative ou a l'intérêt de Tindividu que d'y substituer l'intervention de l'État. Lorsque les erreurs qu'elle combat seront définitivement vaincues^ Téconomie politique perdra beaucoup de son importance; cependant, les lois économiques seront toujours utiles à connaître comme une des meilleures démonstrations qu'on poisse faire de la liberté et de la propriété. Cette étude sera aussi le moyen le plus efiicace de prévenir le retour des erreurs dont l'extirpation a coûté tant de peine.

Nous considérons comme généralement vraies les coudu* sions de l'économie politique; cependant, nous placerons ici quelques réserves* L'économie politique ne s'occupe que de la richesse, et par conséquent, lorsqu'elle sort de cet ordre d'idées, elle entre dans le domaine de sciences dont l'objet est diiférent. Or il y a d'autres intérêts, d'autres éléments que la richesse. Un peuple peut progresser dans

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la voie de la prospérité matérielle et descendre, au contraire, dans l'échelle de la morale, du goût, de Fintelligence. Si, pour prévenir ou amortir la chute, le gouvernement prend des mesures, accorde des subventions, édicté des peines, prononce certaines défenses, il n'appartient pas à l'économie politique de juger de semblables dispositions; elle est compétente pour en montrer les conséquences sur les biens matériels, non pour en apprécier l'opportunité. J'û entendu combattre les subventions qu'on accorde à certains théâtres pour conserver les traditions élevées, en matière d'art; il est certain qu'au point de vue de la richesse, c'est un privilège, et ce privilège serait injuste s'il n'avait pour but que d'accorder aux uns le moyen de soutenir la concurrence contre les autres. Mais cette mesure se justifie par des raisons morales qui sont en dehors de l'économie politique. Il serait plus juste de considérer le théâtre comme un moyen d'éducation et la subvention, qui lui est accordée, comme un complément des dépenses affectées à l'instruction publique. Autre exemple : La liberté commerciale est, à nos yeux, une vérité démontrée. Éckdrer l'opinion publique et la préparer au triomphe définitif de cette vérité est, nous le croyons, le premier devoir de l'administration. Mais supposons qu'à un moment donné, au milieu d'une population soulevée, la prohibition d'exporter un produit soit la seule manière de prévenir une trop violente répression du désordre, cette atteinte à la liberté commerciale pourra être blâmée par l'économie politique parce qu'en effet elle est contraire à ses lois; mais les nécessités de l'ordre public sont en dehors de cette sdence et, par conséquent, les mesures qui sont destinées à le protéger ne tombent pas sous son appréciation. De telles matières sont dans les attributions de Y administration et de la police^

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Nous avons dit qu'il était difficile de fixer les principes généraux de la science de la politique; cela est encore, à plus forte raison, vrai de l'administration et de la police. Sur une foule de points, le législateur a dû s'en rapporter au pouvoir discrétionnaire des autorités. Le talent de l'administrateur et l'aptitude des personnes préposées à la police , sans être assurément indépendants de l'instruction et des connaissances acquises, viennent surtout des dons naturels. et, en particulier, de cette faculté qui fait discerner ce qui convient de ce qui ne convient pas ; car si l'on peut, avec des auxiliaires, couvrir l'ignorance des lois administratives et de police, il en est autrement du tact et de la manière de juger l'opportunité d'une mesure. En pareille matière, il n'y a pas d'auxiliaire à employer.

Il ne faudrait pas conclure cependant, de ce qui précède, que l'on ne peut tracer, d'avance, aucune règle à l'admi* nistrateur ou aux autorités préposées à la police. Sans entrer dans les détails d'un pareil sujet, nous dirons qu'il est, par exemple, une règle générale à laquelle les administrateurs feront bien de se conformer. Nous croyons cette maxime vraie en matière de gouvernement et de politique ; nous la croyons encore vraie en matière d'administration et de police. Elle consiste à intervenir aussi peu que possible et à laisser son cours au jeu naturel des intérêts. Les peuples, au moins dans les périodes saines de leur développement, obéissent à des lois organiques, et c'est une mauvaise t^tative que de chercher à en contrarier l'action n<Nrmale ; il ne peut résulta de ces entreprises que des perturbations dans la vie de la société que l'on tente de réglementer.

Nous avons toujours été frappé de l'analogie qui existe entre les progrès de la médecine et ceux de l'administration. La médecine a d'abord tourmenté le corps humain

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