M PRÉLIMINAIRES
par des remèdes nombreux appliqués^ sans souci des lois générales de l'organisme humain, sur les parties malades; deux mots dédaigneux ont nommé les médecins enc€H« adonnés à ce système : ils sont appelés empiriques et midi* eastfês* On en est venu à simplifier les remèdes, à laisser faire un peu plus la nature, à aider ou précipiter son action l(mqu'on sait que sa direction n'est pas mortelle^ et on ne la combat énergiquement que si , d'après l'expérience^ on pressent quelque dénoûment funeste ; car alors il vaut mieux causer une perturbation, même violente, dans l'organisme que de laisser le malade courir à une mort certaine.
L'administration a suivi une marche semblable* Pendant longtemps elle a employé des mesures de circonstance, ap* pliquées au hasard, sans préoccupation des lois générales. Golbert et ses successeurs ont tourmenté notre constitution industrielle et commerciale par une foule de règlements dont le plus grand nombre était inutile, dont quelques-uns étaient nuisibles. Après l'administration du ministre de Louis XIY, la France a vécu jusqu'à la révolution sous la double étreinte d'une féodalité tyrannique et d'un pouvoir administratif réglementaire jusqu'à l'excès. Depuis que l'économie politique apprend à mieux connaître les lois ré* gulières des sociétés et le mouvement normal des intérêts, la manie réglementaire tend à diminuer, et les administrateurs, se confiant davantage aux lois qu'ils connaissent mieux, emploient moins fréquemment leurs procédés empiriques. L'intervention administrative, quoique encore fort puissante, recule peu à peu devant la science ; c'est peutêtre ce qui exprime le mépris qu'affectent les employés de tous les grades pour les études théoriques et les représailles que leur envoient les théoriciens. Ce sont là certes de fort injustes querelles, et, tout en constatant ce qui est, nous