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A CALCULER

63. Quel que soit le procédé employé, les opérations du dépouillement sont compliquées, lentes et coûteuses lorsqu'on a à travailler sur un matériel

Du dépouillement

statistique étendu. Il n'est même pas facile de les rendre tout à fait sûres. De même que le machinisme s'est développé dans l'industrie afin de réduire le prix de revient en accélérant la production et en la rendant moins pénible, ainsi les appareils mécaniques se sont introduits dans la statistique en vue du même but et avec les mêmes résultats.

Les appareils mécaniques utilisés sont de deux espèces : les machines à dépouiller et les machines à calculer.

64. Les machines à dépouiller sont beaucoup moins nombreuses que celles à calculer; quelquesunes ne sont point sorties du domaine de la théorie. Parmi celles qui ont fait leurs preuves, on peut citer la machine électrique Hollerith et la classicompteurimprimeur.

La machine de Hollerith permet la solution des trois problèmes statistiques suivants : i° dépouiller et additionner chaque classe séparément; 2° séparer les fiches selon telle ou telle catégorie ou selon des points de vue donnés ; 3^ additionner les résultats des combinaisons de diverses catégories. Elle consiste essentiellement dans les trois parties suivantes :

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a) une fiche perforée sur laquelle se trouvent reportées, au moyen d'indications conventionnelles, les mentions âgurant au bulletin. En même temps qu'il lit le bulletin, l'employé perfore la fiche à l'aide d'un appareil (voir figure p. 5i) nommé Keyboard-Punch^ du nom de son inventeur. En plaçant une

pointe indicatrice sur une feuille métallique reproduisant les indications de la fiche, l'opérateur au moyen d'un mécanisme semblable à celui du pantographe exécute des perforations sur la fiche ellemême, à ren,droit correspondant.

Un opérateur entraîné fait environ loo fiches par heure.

h) l'appareil de contact. La fiche perforée est placée dans l'appareil de contact qui comprend un plateau fixe et un plateau mobile qu'un levier permet de rapprocher du premier (voir figure ci-dessus).

JLe plateau mobile possède un certain nombre d'aiguilles mobiles, et le plateau fixe le même nombre de petits godets remplis de mercure. A chaque point de la fiche correspondent une aiguille et un godet; tous deux sont montés dans un circuit électrique passant par un petit électroaimant.

Du dépouillement

Quand l'employé abaisse le levier, les aiguilles qui rencontrent un point perforé plongent dans le mercure et ferment ainsi les circuits électriques correspondants.

c) Un jeu de y5 compteurs. Parmi les électro-aimants appartenant à ces circuits, y 5 se trouvent dans la partie postérieure du pupitre sur lequel est placé l'appareil de contact. Ces y 5 électro- aimants agissent chacun sur un compteur (cadran à aiguille) de telle façon qu'à chaque passage de courant l'aiguille du cadran corresponda nt avance d'une unité. En abaissant le levier de l'appareil de contact, on provoque l'enregistrement de l'unité dans tous les compteurs correspondant à ses qualités. Lorsque l'opération a été faite avec toutes les fiches, les indications des cadrans donnent le total de chaque classe.

Nous ne pouvons sans dépasser nos limites exposer le mécanisme des autres opérations ; en cas de besoin on pourra en lire ailleurs la description notamment dans l'ouvrage cité du J. Bertillon.

65. La description abrégée du classicompteur imprimeur de M. Lucien March, chef de la Statistique

lie Partie. Statistique générale

générale de la France, a été faite en ces termes par le journal la Nature (il niai igoi) :

Cet appareil comprend deux parties essentielles : une table horizontale portant soixante compteurs ou enregistreurs disposés sur six rangées de chacune dix compteurs et un clavier

analogue à ceux des machines à écrire et comprenant soixante touches correspondant respectivement aux soixante compteurs. Lorsqu'on abaisse une touche, celle-ci vient appuyer sur un levier qui oblige, par l'intermédiaire d'une tige de commande dont elle dépend, le compteur auquel elle se relie à avancer d'une division... Au fur et à mesure que l'opérateur relève un renseignement déterminé, il abaisse sur son clavier la touche réservée à la notation de ce dit renseignement ... La manœuvre d'une manette permet d'enregistrer simultanément toutes les données isolées en faisant avancer d'une unité tous les compteurs intéressés. Les compteurs comprenant chacun quatre chiffres, il devient nécessaire de relever les indications qu'ils portent dès que l'un d'eux a enregistré le nombre 9999. Les compteurs, à cet effet, sont encrés; le cadre

Du dépouillement

mobile supportant une feuille de papier conduite sur des rouleaux spéciaux, vient s'abaisser sur les compteurs; il suffit d'effectuer une légère pression pour obtenir la notation imprimée de tous les chiffres enregistrés. La machine comprend un appareil de contrôle consistant en la perforation d'une bande de papier par des aiguilles correspondant aux compteurs ; la position des trous répète les indications des compteurs.

66. L'emploi des appareils à dépouiller présente des avantages certains ; la nature de ceux-ci varie, en quelque cas, d'après j le dispositif usité, mais une somme constante d'utilité peut être reconnue au système : un nombre plus ou moins grand d'unités est enregistré d'un seul coup ; 2^ la notation mécanique et l'addition des unités se fait sans erreur ; 3^ l'ensemble des opérations est beaucoup plus rapidement achevé que dans les procédés manuels. On a calculé qu'au Censits Américain de 1890, la machine Hollerith avait fait économiser une énorme dépense d'argent et de temps. En 1900, si l'on avait opéré d'après les anciens procédés, on aurait dû

JVC Partie. Statistique générale

aux Etats-Unis avoir recours aux services de cent

employés pendant sept ans et onze mois. l

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