CHAPITRE VIII De rinterprétation des Statistiques commerciales
249. Les règles générales de Tinterprétation (Voir i^® partie, ch. VII, p. gS) trouvent leur application à la statistique commerciale, comme à toute
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autre matière. Nous n'avons pas pour but de les examiner à nouveau, mais il n'est pas sans utilité de rappeler ou d'indiquer quelques-unes des précautions qui s'imposent dans le maniement des statistiques du commerce extérieur. Au surplus, on ne peut prévoir toutes les questions qui se présentent. Les cas envisagés ci-après sont donc purement exemplatifs et ne doivent pas être considérés comme une énumération (^).
250. D'ordinaire, on évalue les progrès commerciaux d'une nation en se reportant au chiffre de la valeur globale des transactions. On ne peut cependant, dans tous les cas, affirmer que toute augmentation des chiffres du commerce corresponde seulement à une extension des relations commerciales C'est qu'en effet, on peut relever une valeur supérieure pour des quantités inchangées. Il suffit pour cela d'une hausse des prix. Aussi est-il prudent de faire, en ce qui concerne les chiffres exprimant la valeur du commerce, la discrimination entre la part qui revient à l'augmentation des quantités échangées et celle qui appartient à la hausse des prix. La méthode se trouve exposée au n^ 224.
251. Toute augmentation de valeur n'a pas une signification identique. Il convient de distinguer dans quelle division du commerce elle se présente. C'est pourquoi le commerce général, qui comme son
(ij Sur ces questions, Cf. le remarquable exposé de Giffen, Use of import mid export statistics, déjà cité.
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nom l'indique, embrasse toutes les divisions quelconques, est un mauvais terme de comparaison. Supposons que le commerce général de deux nations augmente de 200 millions pour chacune, mais l'augmentation enregistrée par la nation A concerne le transit; pour la nation B, elle est relative au commerce spécial à l'exportation. Il paraît superflu de faire remarquer que les deux cas ne sont pas les mêmes.
252. Les modifications dans la valeur du commerce peuvent tenir à des causes générales, d'ordre politique ou économique, qui n'affectent que momentanément les transactions commerciales. Ainsi, une guerre a pour effet de restreindre l'essor commercial de l'un des belligérants ou de tous deux; en même temps, elle peut avoir pour conséquence de développer les transactions dans un autre pays. Certaines nations manufacturières qui importent de très grandes quantités de matières premières voient parfois le chifi're de leur commerce augmenter ou diminuer, simplement à cause de la hausse ou de la baisse des produits qu'elles sont forcées d'importer.
253. L'une des difficultés les plus grandes qui se rencontrent dans l'interprétation des statistiques commerciales résulte da classement vicieux de marchandises importées de l'étranger et qui sont considérées, après des manipulations peu nombreuses ou peu importantes, comme nationalisées. Nous voyons par exemple que la Belgique exporte, en
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commerce spécial, du café, des épices, du caoutchouc, de l'ivoire, etc., que son sol n'a pu produire. Encore qu'une certaine main-d'œuvre soit parfois incorporée dans ces produits pendant le court séjour qu'ils font en Belgique, il semble peu rationnel de les mettre sur le même pied que nos exportations de machines, d'armes, de dentelles, qui sont vraiment les produits de notre industrie. Onrelève d'ailleurs de pareilles anomalies dans les statistiques de tous les pays.
254. Les chiffres du commerce extérieur ne représentent pas toujours vraiment des acquisitions définitives, ni des ventes réelles de produits nationaux. La situation des différents pays est très dissemblable d'après la nature de leur commerce. Certains pays doivent importer une grande quantité de matières premières; celle-ci est contenue dans les exportations qu'ils font et constitue une véritable réexportation. Il se pourrait que le chiffre d'affaires brut de deux pays fut très dissemblable et qu'après déduction des matières premières importées Tégalité apparaisse. Geering a fait remarquer, à ce sujet, que tous les produits d'un pa3^s sont loin de présenter la même importance au point de vue économique ; au fond, la valeur des matières premières venues de l'étranger ne devrait pas être portée à l'actif économique de la nation qui les met en œuvre,
255. Le tableau ci-contre montre nettement combien la situation des différentes nations est dissemblable à cet égard :
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Proportions «/o par rapport à la valeur totale des importations et des exportations.