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DESCRIPTION DE L'HÉMATOZOAIRE
CYCLE EXTRA-CORPOREL DE L'HÉMATOZOAIRE (dans LE CORPS DU moustique)
Nous avons vu comment se comportait le parasite clans le sang humain, contenu dans l'appareil circulatoire ou extravasé (les flagelles ne se formant dans le sang qu'au bout d'un certain temps après l'extraction). Le parasite est susceptible de subir une autre évolution que l'on appelle sexuée par opposition à la première que l'on dit asexuée. En outre, le parasite parcourt peut-être une phase latente, dont nous dirons quelques mots.
La connaissance de la vie de l'hématozoaire dans le corps du moustique, a permis des déductions dont la haute portée pratique n'échappe à personne. C'est par la piqûre du moustiqueque se propagelamaladiede l'homme malade à l'homme sain. On voit de suite ce que la prophylaxie peuttirer de cette constatation devenue évidente.
On savait déjà que la filarioso pouvait se transmettre à l'homme au moyen d'un moustique; Patrick Manson l'avait démontré, et Laveran, en 1884, s'étant aperçu de la relation qu'il y avait entre les épidémies de lièvres intermittentes et l'apparition des moustiques dans certaines localités, avait émis l'hypothèse que le moustique pouvait bien être un agent de propagation du paludisme.
D'ailleurs, tant il est vrai que les grandes découvertes existent en germe dans les masses populaires, la croyance à l'action des moustiques est affirmée dans un roman japonais cité par la Lancet (Neveu-Lemaire), et Koch a rencontré dans l'est africain allemand des indigènes vivant sur les collinesetdéclarant qu'ils descendent parfois dans les vallées, sont piqués par des moustiques et con-
tractent ainsi la fièvre : le même mot M bu leur sert à désigner et l'insecte et le genre de fièvre.
Manson reprit, en 1894, l'hypothèse de Laveran et émit même l'idée que l'agent propagateur du paludisme devait être une espèce particulière de moustiques.
Ronald Ross s'inspira des idées de Laveran et de Maison et institua des expériences précises pour vérifier l'hypothèse. Il infecta des oiseaux avec un hématozoaire, proteosoma voisin de celui qu'on rencontre dans le sang humain, et il put suivre toute l'évolution du parasite chez l'oiseau. Ces oiseaux infectés, il les fit piquer par des moustiques du genre Culex, et il put déterminer les diverses phases que subit le proteosoma dans le corps du moustique. Il fit ces expériences d'abord aux Indes, puis au Sierra-Leone et elles furent confirmées à Rome par Grassi, Bastianelli et Bignami.
Des expériences sur l'homme furent également instituées avec plein succès. Des moustiques non infectés (provenant de larves élevées en laboratoire) ayant piqué des paludéens, on put suivre dans l'estomac des insectes les transformations de l'hématozoaire.
Voyons quelles sont ces transformations ; Dans la fièvre estivo-automnale, tierce maligne, etc., il y a des croissants, qui chez l'homme sont des formes stériles, en même temps que des corps sphériques plus ou moins développés et des petits amibes. Dans l'estomac d'un moustique qui a sucé le sang d'un malade atteint de cette sorte de fièvre, les corps sphériques (sporocytes) et les petits amibes disparaissent, dégénèrent. Il n'en est pas de même des croissants. Ceux-ci deviennent ovalaires. puis sphériques : ce sont des gamétocytes. Les gainétocytes sont ou mâles ou femelles, eL on
DESCRIPTION DE L'HÉMATOZOAIRE
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peut les distinguer enLrc eux dans le sang humain ; les mâles étant dits miorogamélqcyLes, les femelles macrogamétocytes ; dans les mâles, le pigment est épars, dans les femelles, il est central. Ce sont les mâles qui, comme nous l'avons vu, donnent naissance aux flagelles.
Dans le corps du moustique, dans son estomac, les mierogamétocyles ne changent pas. Les flagelles se détachent et s'introduisent dans un macrogamète, qui est l'ancien macrogamétocyte. Cetle véritable fécondation s'accomplit le long de la muqueuse stomacale du moustique.
11 en résulte, par la fusion des organes du microgamèle et du macrogamète, un ovule que l'on appelle zygote. Une des extrémités s'effile et pénètre dans la couche superficielle de l'estomac (vermicule de Grassi).
Chaque zygote grossit et forme un kyste visible à travers la paroi externe de l'estomac du moustique.
La masse chromatique du centre du zygote se fragmente ; chaque fragment s'entoure de protoplasma et se nomme blastophore.
La masse chromatique ou noyau se porte à la périphérie, et s'individualise de plus en plus dans le kyste primitif. Chacun des éléments du kyste, représentant une cellule protoplasmique avec un gros noyau a reçu le nom de blaste ou zoïde (Neveu-Lemaire) ou -de sporozoïte, dernière appellation qui est la plus commune.
Les kystes se rompent, les sporozoïtes sont mis en liberté et se réunissent en grand nombre dans les glandes solivaircs. de l'insecte, d'où ils iront infecter le sang humain, et ces sporozoïtes ne sont autre chose que les petits amibes, premier stade du cycle intra-corporel que nous avons déjà décrit :
A l'hôpital San Spirilo de Korne, Grassi a prouvé que
IMlÉCiS DU PALUDISME
la fièvre malarique esl réellement duc au sporozoïdc né du corps en croissant. Un individu sain consentit à se laisser piquer pardes moustiques infectés par un malade atteint de fièvre estivo-automnale et dont le sang renfermait un grand nombre de croissants. Alors chez le sujet on vit se dérouler une fièvre de type semblable, à parasites caractéristiques, tandis que dans les insectes ayant servi à l'expérience on retrouva des zygotes arrivés à maturité et des sporozoïtes logés dans les glandes salivaires.
L'évolution du parasite dans l'intérieur du moustique est subordonnée à un certain nombre de conditions. Il faut d'abord qu'il y ait dans l'organisme de l'insecte des parasites des deux sexes, arrivés à maturité et doués d'une vitalité suffisante. La seconde condition, c'est que la température soit suffisante. Quand la température est inférieure à 15° le parasite subit un arrêt de développement absolu ; entre 20° et 22" le développement est lent ; c'est à 30° que la température paraît convenir le mieux.
L'infection malarique du moustique ne se transmet pas de génération en génération ; les insectes fraîchement éclos de larves élevées en laboratoire ne renferment jamais d'organisme parasitaire et sont par conséquent inaptes à développer la maladie (Grassi. traduit et analysé par Boddaert).
Bastianelli et Bignami firent pour l'organisme de la tierce ce qu'ils avaient fait pour le parasite de la fièvre estivo-automnale. Ils virent que l'évolution du second était analogue à celle du premier. Ce sont les formes pigmentées géantes de la lièvre tierce qui tiennent le rôle des croissants. Elles sont stériles également chez l'homme, mais dans le corps du moustique produisent des macrogamètes et des microgamétocytes, 'lesquels
DESCniI'TION DE L'HÉMATOZOAIRE
donnent naissance à six ou sept microgamètes (flagelles), destinés à féconder le macrogamète. Celui-ci se fixera à son tour dans la partie stomacale de l'insecte et continuera son cycle évolutif, avec quelques différences par rapport au parasite de la lièvre estivo-aulomnale. Jeunes, les parasites de la tierce se distingueront par leur forme qui est plus allongée et les caractères spéciaux de leur pigment ; les gamètes en voie de développement se différencieront par le nombre moins élevé et le volume plus grand de leurs noyaux; enfin les corps à sporozoïtes se reconnaîtront par les caractères morphologiques et la disposition de ceux-ci qui sont moins aigus et plus régulièrement placés que dans le zygote de l'autre type fébrile.
Les parasites de la tierce possèdent aussi dGS propriélés spécifiques, un pouvoir fébrigène spécial. Les moustiques nourris du sang de malades en puissance de tierce qui infectent ensuite des individus sains reproduisent toujours le type fébrile original au même titre que les insectes injectés de croissants donnent régulièrement naissance à une fièvre estivo-automnale. (Boddaert, d'après les Italiens.)
Ce sont des moustiques infectés du parasite de la tierce qui envoyés d'Italie, piquèrent à Londres le fils de Manson, et lui communiquèrent une fièvre tierce typique, loin de tout foyer paludéen.
Voilà donc bien établi le cycle extra corporel de l'hématozoaire dans l'organisme de moustique. Donnons maintenant quelques indications sur le moustique lui-même.
Tous les moustiques ne sont pas propres à transmettre le parasite de la fièvre paludéenne à l'homme.
Les moustiques propagateurs du paludisme, appartiennent à la famille des Culicides, à la sous famille des
Anophelina, et au genre Anophèles ; le Culex vulgaire ou « cousin » (culex pipiens) appartient à la même famille ;
Fig. 2. — a) Anophèles mâle.
b) Anophèles femelle (d'après ïheobald).
il est rattaché à la sous famille des Culicinael au genre Culex. Eu ce qui concerne la lièvre paludéenne, les Culex ne in it aucun rôle, .nais l'un d'eux transmet la fièvre
MOUSTIQUE
jaune aux Antilles, et certains sont susceptibles d'être les hôtes de la filaire du sang (éléphantiasis).
Un moustique présente à considérer : la tête, le thorax, l'abdomen.