PHASE LATENTE
puisque le corps de l'homme paraît être nécessaire pour transmettre le parasite à l'insecte? Deux réponses peuvent être faites ; d'abord c'est que l'hématozoaire peut vivre dans le corps d'autres vertébrés que l'homme, puis que l'hématozoaire peut peut-être se transmettre de moustique à moustique sans l'intervention de l'homme, par les œufs infectés ou bien par l'intermédiaire d'une variété spéciale de sporozoïte. Sur ce dernier point, les recherches de Ross jettent un peu de clarté. En effet, le médecin anglais a trouvé dans le corps des moustiques infectés d'hématozoaires des corps noirs, qu'il appelle spores noires, et dont il n'a pas expliqué le rôle. Ces spores noires se trouvent dans l'enveloppe rompue du sac zygotique, sont très résistantes et passent dans l'intérieur des larves de moustiques au moyen des œufs, sans doute. Ce sont peut-être des formes de reproduction, qui, demeurant torpides pendant longtemps, reviennent à la vie quand des circonstances favorables se présentent. La spore noire pourrait donc se maintenir lougtcmps vivante dans le sol, comme ces graines que l'on a retrouvées dans les sépulcres égyptiens et qu'on a pu faire germer après plusieurs milliers d'années de sommeil. Ainsi se comprendrait la latence du paludisme, et son réveil quand des travaux remuent les coucbes superficielles de la terre. Les images (Gebilde) trouvées par Phlehn dans les globules rouges, au moyen d'une solution d'éosine hématoxylique alunée, seraient peut-être également des formes torpides, analogues à des spores. Il les appelle des granulations basophiles ; elles sont très petites, atteignant au plus 1/3 de p., et il les a retrouvées non seulement au Cameron, chez les égyptiens, mais encore chez les paysans de la campagne romaine, chez des matelots de Hambourg.