‹ Précis du siècle de Louis XV (volume 2)Chapitre 36 sur 42 · CHAPITRE XXXVlI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVlI

• . . Attentat contre la personne 'du roi.

,Ges émotions du peuple furent * bien tôt ensevelie* \ dans une \ consternation générale , par Pacciden t le plus-iin|^^ Le rôî fut assassiné,,

le 5 ] aimer 17^ t daqs la cour de Versailles , en présence dç son fils, au triiKeu de ses gardes et des grands officiers de sa couronne. Voici comment cet étrange événement arriva* 1 •

Un misérable de la lie du peuple, nommé Robcrt- Françpis Damiqn£ r , Réhdafl* jm village auprès d'Àrrus, ayaijt été jongrtemps domestique à Paris dans plusieurs maisons; c'était un homme dont l'humeur sombre et ardente avait toujours ressemblé à la démenGe.-

Les murmures généraux qu i! avait entendus dans les places .publiques, dai^^ grand salje du palais et ailleurs j aD^ore^t son imagination. Il alla à Versailles comme uij, homiBo égaré j et dans, )es agitations que lui donnait son dessein inconcevable, il demanda à se faire saigner d$r>£ son .auberge. La physique a une si/grande influence. si# Ics : id^es des hommes, qu il protesta depuis , : dans sçs ; interrogatoires , que s'il avait été saigné comme, il U demandait, il. n'aurait pas commis son crime*.,, *. (M ? s „ ïi. *. , \\

Son desseip était le plfis.inouii qiii fût jamais tombe dans la tête d'un monstre dft«4M£ espèce; il ne prêter-

3i8 Phfecis 6b SIÈttË fié tôxirs

dait pa* tuer lé rtri, édîirjtië m dfèt il lé soutint depuis, et comme malhctfreuSéfflcHt iï faùfriit ptt; ffiâis il vôûiait le blesser : c est ce qu'il déclara dans son procès criminel devant le parlement,

« Je n ai point eu intention de tuer le rôï ; jè l'aurais « tué si j avais voulu; je ne l'ai fait que pour que Dieu « pût toucher le toi, et le porter à rèhrôttre toutes « choses en place, et la tranquillité dans ses Etats; ce et il riy a que l'archevêque de Paris seul qui est « cause de tous ces troubles. » (a) s - '

Cette idée avait tellement échâuffé sa têté ; que, dans un autre interrogatoire, il dit: .

« J'ai nommé des conseillers au parlement, parce u que j en ai servi un, et parce que presque tous sont « furieux, de la conduite de M, 1 archevêque, » [ J)

En un mot ? le fanatisme avait troublé l'esprit de ce malheureux au point que dans les interrogatoires qu'il sjibit à Versailles , on trouve ces propres paroles ;

« Interrogé quels motifs Pavaient porté à attenter te à la personne du roi ^ a dit que c'est à cause de la v religion. » (c) . . ^ • t , •

Tous les assassinats des princes chrétiens ont eu cettq cause. Le roi de Portugal n'avait été assassiné qu'en vertu de la décision de trois jésuites. On sait assez que les rois de France Henri II! et Henri IV ne pçrirenl que par des mains fanatiques ; mais il y avait cette différence, que Henri III et Henri IV furent tués

(ia) Interrogatoire du 1 8 janvier, article page i3aau procès de Damiens t in-4°*

W Ihterrogatôire du 6 mars , page^8j,

10 ÏUd, page 45. *

PRÉCIS DU SIÈCLE DE LOUIS XV* 3l<)

parce qu'ils paraissaient ennemis du pape -, et çue Louis XV fut assassiné parce quil semblait vouloir complaire au pape.

L'assassin s'était muni dun couteau à ressort, qui d un côté portait une longue lame pointue et de l'autre un canif à tailler les plumes, d'environ quatre, pouces de longueur. Il attendait le moment ôù le roi (levait monter en carrosse pfour aller à Triaufcn. Il était près de six heures; le jour ne luisait plus; le .froid, était excessif ; presque tous les courtisans portaient ae ces manteaux qu'on nomme par corruption tedin-. gotes. L'assassin, ainsi vêtu, pénètre vers la garde, heufte en passant le dauphin, se fait place à traversa, garniture des gardes du corps et des cent suisses, aborde le roi, le frappe de son canif à la ciùèjliièilie côte, remet son couteau dans sa pbche, fetréste lfc ôfta r péafc sûr la tête. Le roi sè fcent blessé, sé rètourftè, ét à 1 lasjiGèt de 'cet incbnnù qui étâit couvert, et dont les yeux étaient égarés, il dit : C'est cet homme qui m'a frappé; qu'on l arrête, et qu'on ne lui fasse point de mal. ■ • . . ' . v . * . ■

Tandis que tout le monde était saisi d'effroi et (WioiWttj qti'Mi portait le rôi dans son Ht, qu'on cherchait lés chirurgiéitè, tjù'on ignorait si la blessure était mortelle, si le couteau était empoisonné, le parricide répéta plusieurs fois : Quon prenne garde à monseigneur le dauphin? qu'il ne sorte pas de la ]&urnée* • . * - • «

. A ces paroles l'alarme titiiterselle redoublé , bti rie dStttt pts tfuil tf^ ait tiixé Conspiration Contre la fertilité foyalë; chacun se figure les plus grands périls, les plus grafcds crimes et les plus médités*

3aa précis du s^cib m iams:it.

Heureusement la blessure Six roi était légère ; toaîr le trouble public était considérable, cl les craintes y les défiances, les intrigues se multipliaient à la covryLç grand prévôt de Fbotel, à qui apj^irtpÇftit la connaissance du crime commis dans le palais du rtfi, s'empara d'abord du parricide , et commença les procédures , comme il s'était pratiqué à Sa i ut-Clou J dans l'assassinat de Henri III. Un exempt des gardes de la prévôté ayant obtenu un peu de confiance j ôu apparente ou vraie , dans l'esprit aliéné de cô i6isérabJe ? Rengagea à oser dicter de sà prison une lettre au roi même ~(à), Damiens écrire au roi 1 un assassin écrire à celui <juil avait assassine* ^ *t^& ?4 ;

\ (a) SIRE» 5 *ito3*',>- t! ^

Je suis bien fâché d avoir ew le HMtlbewt 8c v/ous appr* cher; mais, si vous ne. prêtiez pas le parti de Vtrtre pettplé r avant qu'il soit quelques années d'ici „ vous et monsieur le dauphin , et quelques autres périront : il serait fâcheux qiriii> aussi bon prmcé, par ia trop grande hoaté quil a çour les ecclésiastiques ,. dont H accorde toute sa confiance '. , ne soit pas sûr de sa vie ; et si vous n'avez pas la bonté d'y remédier sous peu de temps., id armivç^ de tr^^ands ina^hearcs* Vôtre royaume n'étant pas en sûrejii ^pair^nialhenr pour vous que vos sujets vous qnj donné leur démission, l'affaire ne provenant que de leur part. Et si vous^n'ave^pasj la bonté pour Votre peuple, d'ordonner qu'on leur donne les sacrements à 1 article de mort, les ayant refusés depuis vôtre lit de justice, dont le; «hStèfct a feit <*i<*ài?è t^e^^^rë qui ,'«t sauvé; je vtros réitère que votre vie n'est pas en sûreté,, sus l'avis qui est très vrai, que je "prends la liberté de vous informe r par l'officier porteur de la présente j auquel j 'ai mis toute ma confiance. L'archevêque de Paris est la cause dé tout fc trouble , jar les sj^çreiae^^

cruel que je Viens de commettre contre vitre personne sac

PRÉCIS DU- SIÈCLE DE LOUIS XV. 3âl

, &r lettre est* insensée, et (Conforme à l'abjection de son état; mais die découvre Fôrigine dé sa fureur : oïi

l'aveu sincère que je preirds la liberté de vpus faire , me lait espérer la clémence des boutés de votre majesté.

l T'V'l..-^ StçnêDamien*.

< ' Cette lettre Se trouve page 69 du procès de Damiens, donné au. public par le greffier criminel du parlement avec la permission de ses supérieur* y- : v ' '* r Au dos de ladite lettre est écrit : Paraphé , ne variélur, suivant , et au désir de l'interrogatoire du nommé François Dumiens, eu date du neuf janvier mil sept cent cinquante-sept ^ à Versailles , le roi y étant.

v.T?. ■■ " Signé Damien,: .

Le Clerc da Brillet, et Duvoignc, avec paraphe*

El plus bas est écrit i

Suit la teneur4>iûf,éçm «gué Damiens. - à *

"1. . . v*ï -i . Copie du billet. k

Mlff. C&iigra^ - ' ~ ' '

mie. Clémenu tamberL '« •

Le président dé Rieun Bohnaniviliiers.

« ; Président du Massy , et presque tous^ : tt faut quir remette son parlement, et qu'il le soutienne avec promesse de ne rien faire aux ci-dessus et compagnie. V, .4 •• wi-&f l * . / J '« fefgwé Bosniens.

• î ' Pins bas est eérit : \ ' : I "

Fdrapbé, ne vartetur, servant , et an .désir de Finterrogas- : . Wiré de ce jour neuf janvier mil sept cent einquante-sept. ^ty J * * Si fr né Daniie ns . •*

Le Clerc dit fir#fetrf .et Duvoujue, avec paraphe. \

^dîtfctaire*^ Via miriu* dudrf '

iqtfrrogatpire. ur/l .

{*) Ce- misérable estropie presq*» ions le* noms de ceux dont i*

3** PRÉCIS DU SlèctÊ DE LDtïS XV.'

y voit que les plaintes du public contre rarche?êqae avaient dérangé le cerveau du criminel , et l'avaient excité à son attentat II paraissait par les noms des me i::hrcs du parlement cités dans sa lettre 7 qui! les connaissait, ayant servi un de leurs confrères 4 mais il eût été absurde de supposer qu'ils lui eussent êxpliqUé leurs sentiments , encore moins qu'ils lui eussent jajnais dit ou fait dire un mot qui pût l'encourager ûu crime. g»

Aussi le roi ne fit aucune difficulté de rcmettré le jugement du coupable à ceux de la grand'chaxobre qui - n'avaient pas donné leur démission. Il voulut même que les princes et les pairs rendissent par leur présente le procès plus solennel et plus authentique dans fctas ses points aux yeux du public, aussi défiant que curieux exagérateur , qui voit toujours dans ces aventures effrayantes au-delà de la vérité. Jàmais en effet la vérité n'a parti dans un jour jJtts clair* H est évident <Jtte cet insensé n'avait aucun complice : il déclara toujofurs qu'il n'avait point voulu tuer le rôï, maïs qu'i^avait formé le dessein de le blesser depuis 1 exil du bârlement (a). . ,\ m

D'abord dans son premier interrogatoire ( page i ô\) ) ilditqiie la religion seule Va déterminé à cet attentat . Il avoue (page i4o) qu'il n'a dit du mal que des molinistes ei de ceux qui refusent Les sacremêBtSy/{uà ces gens-là croient apparemment deux dieux.

Il s'écria r à la -question r qwit fyait àhê faire "nhe anvre méritoire pour te ciel; c est-ce que j'entêmkàs dire à tous ces prêtres dans le palais. Il pefsîsfâ étrtfc-

tamflient à dire que c'étaient ïarchwêqu*^ Parié Ato

v (a) Interrogatoire au parlement , pages i Zi et i35..

PRTÉCrS BIT SIÈCLE BB LOTJÎS '

rêfus de sacrements, les disgrâces du parlement!, qui l'avaient portée ce parricide; il le déclara encore à ses confesseurs. Ce malheureux n'était doue qu'au insensé fanatique , moins âbonïinable, àia vérité, ^qttéRavadl-- 1 lac et Jean Châtel, mais plus fpu, et n'ayaftit pas plu* de Complices qtte ces deux étaergumènek* 1 Le* Seuls * complices jpour l'ordinaire de ces monstres sont des fanatiques dont les cervelles échauffées allument > ton& ' le savoir, un feu qui va embraser des esprits faibles, i insensés et atroces. Quelques mots <JÏÏs au hasard suf- > fisent à cet embrasement. Damiens agit dans la même illusion que Ravaillac , et mourut dans les mêmes sup-

pliceS* =é 28 i mârs ijSy&i .

Quel est donc l'effet du fanatisme, et le dèëtifc des rais! Henri III et Henri IV sont assassinés parce qu'ils ont soutenu leurs droits «onttfe les prêtres. Louis XV

assez sévi contre un prêtrei Voilà troisirois .stt^ lesquels se sont portées dés 'mains pa&ifcidas dans Mil pays renommé pour aimer SfeS'iyuVeraids'j ^^ rri ui r

m Le père, la.femmey la filfo de Damieiîi f l|uôiqtfili* neceats, furent bannis du royauinô, av«c défetise ify.'i reVenir sous peine d'ètrp pendus, feus se& |}aflèûfs furent obligés ^par le- rtiêrae arrêt de quitter leUf* ï!#tor 1 de Damiens, devenu exécrable. ! ft A "}l ^ i >r«vltt»

Cet évèriement fit rentrer, en eux-mênie* poui? *ftf«I^ que tiejiips œux qui fat leurs rtialhmtfeti&â ^iiéf* 1 * relies eôclésbiti^ues y avaîeat^té la^c^itiW^ fei^wl crimte On Voyait? trop évidemment ce que produisent fésprit dogma liqae et les - foreurs de Tigron . Personne 1 nWait imagnié qu'un c Imile et des billets de confosion pussent avoir dc$ suites sir Hwribl*sj> nwm c'«àt

3a4 PîlKCIS DtJ SIÈCLE DB IrOTJlS XT '

ainsi que les démences et les fureurs des hommes sont liées ensemble. L'esprit des Poltrot «I des Jacques Clémeut, qu'on arait cru anéanti , subsiste donc encore dans les Ames féroces et ignorantes ! La raison pénètre" eu vaijQ.cbez, les principaux citoyens : le peuple est toujours porté a«t fanatisme $ f etv p^eut-ête n'y a4-il d'autre remède à cette contagion que d éclairer enfin le peuple même;, mais on l'en tre tient quelquefois dansù? les supetstitions y et on voit ensuite avçc étoanemeat ce que ces superstftions produisent»

Cependant seize conseillers qui avaient donné lèuri démissions étaient envoyés en eirilj et Tra «Peux (0) qui était clerc, et qui fat depuis conseiller d'hoMCte^' ; célébré pour son patriotisme èt pour son éloquence ; fonda une messe â perpétuité poiir toinèrcifer Diev davo'irconsenré&v^

On confina aussi plusieurs officiers du parlement de Besançon dans d Rentes ailles,, pour avtfii 1 re&àe ' : l e nr egi s t r c me u t d'un second vin g t le me et pour âîvoir 1 donne ùn déetet cotitte t'krtènda^ dtf U province.

- Le roi r malgré l a tien t at commis sur sa personne , ! maigre tme guerre *uiûe use , s occupa Lt toujours du SQUiîd&oi^l&r^ " c^ayaBjitf jie^QQtenir chaque état dans ses bornes y ; exilatftveacore larcbevôque de Paris, pour alreir coh> c ! * txm^mh jà ses loi s daàs la simple élection dé la s upé rienre d-un cmiront; rappelant ensuite^ prélat , <« : ren dan t t o uj ours pa* la modération la ferm été plus l 'espdCfâÈle^ Enfin fes afeipôà mêmes du p»feiàenii& ' Pàri* tfa^o»»€tdè^iil ^ Wa^mhres^texoi^ f

x précis du sricLB jî)B zovis xy. 3aa

et leurs fpactions : tout a paru tranquille ait-dedans r jusqu'à ce que le faux ztie et l'esprit de parti fassent uaitre de nouveaux toubib...*. •

1 / CHAPITRE XTXriIL

Assassinat du rôi dë> Pfotiïgal. J ésuites cTiassés dtt 1 . i o-j: P^4ug^^ émkk&de Franck

Un orÏfc religieux lie devrait pas taire partie de llns-^ loircï, ÀRCW historien dç Va^ûjfuUé n{est entré dans le de ta il des étaW^eyoaeats d<*$ prêtres de Cybèle ou de J unqi*. Çe§t ;U# d$& maljiçurs de natre police eurfl^- : péanuet, qrçe- feft mornes» destinés par leur j institut a : êlre ignorés, aiçaA &*t 4^ajt d^tnii* que les princes^ , soit par leurs immenses richesses* soit par les UauUea qu ils *$ç|téç /ï^y uis J^rça: f b n d a t lo n, ,$ :a î> j v > - i ' : <

^s ^es^ite^ ét^mlt :«MHte«Mai* > left «p^veraîns véritables 4% roi d'Es-

pagnç* «LTEsjpag^ jiyaifc <*5<& , œ. traité

Jécl^iu^g^ ceseonUées auxoi 4ty

Portugal , Joseph II , de la maison de Bragancc. Ou ao i cusaies Jésujtt^s 4^y pppPSés* MJfo^Mt'àj;

vol ter les peuplades qui devaient passer sous la domiii aiî on portugaise» Ce erîef *ioittt # beaucoup d autresw; lit chasser les jésuites de la cour de Usboano* \t t. oi/./.

Queiqtiet^ le duc d'À^ç,. ouçfe de La jeuu-e comtesse Ataîde dAtauguia ; b : yiçux H|a^*ù$ et t fet*aarçm$e -de-Ta^

rota, î m&n kwmte-

Ataide, son époux,, et im des frères^dç^^ épiasse

3j6 pkécis dit si b c l e î>b EOLIS XV.

i nfortunéc , croyant avoir reçu du roi un outrage irréparable , ils résolurent de s'en venger. Là vengeance s'accorde très bien avec la superstition. Ceux qui méditent un grand attentat, cherchent parmi nous des casuistes et des confesseurs qui les encouragent. La famille qui pensait être outragée, s'adressa à trois jésuites, MakgHda, Alexandre et Mathos. Ces casuistes. décidèrent que ce n'était pas seulement un péché qu'ils appellent véniel, de tuer le roi (a). .

. Il est bon de Savoir , pour l'intelligence de cette dé-, ckion, que les casuistes distinguent entlre les péchés qui mènent eïi enfer 01 les péchés <jûi conduisent ett purgatoire pour qttelque temps ; entre le£ péchés qné 1 absolution dun prêtre remet y moyennant Quelques prières ou quelques aumônes, et les péchés qui Sont remis sans aucune satisfaction. Les premiers sotot ntortels, les ^secçnck sont véniel?*

La confession atirîculàire causa un paerfidde ei Portugal, ainsi qu'elle en avait pjro&iit dah$ datttres pays. Ce qui à été introduit pour expier les crimes, eà 4, Ait dommettre. îeMë «st, comme ou R* déjà vu veût dans cette histoire , la dé pi o r able condition hur mairie. ^' • J " {} • -

M$ septembre 1 7 ^8: = L 0 5 C O îl ] U ré S y itl U D J S de 1 OU I S

pardons pour l'autre monde y attendiréti* 1$ m (Jui revenait à Lisbonne d une petite maison de campagne , seul, sans. domestiques et la nuit : ils tirèrent sur son carrosse, et blessèrent dange*eu$smeôt U iiWtiaajué.

Tous les complices , excepté un domestique , furent arrêtés. lm un* pérbefat pafcfetoaéyfes aiitfèft ' J&fc&t'

<& <pû est ft\ifi&ià&/èsfà Yacordao on d&latatioa atttbcàtiauii tli* conseil roval daLi&bamie V lï : • \

PRÉCIS fctf SIÈCLE DE LOUlâ XV. 3S7

déeâpités. La jeufte comtesse Ataïde,dont le mari fut * exécuté, alla, par ordre du roi, pleurer dans un couvent tant d horribles malbeufs , dont elle passait pour être la èause. Le* seuls jésuites qui avaient conseillé et autorisé l'assassinat du roi par le moyen de la confesuju ^ moyeu aussi adiigcreux que sacre ^ecntippercni j alt>râ au supplice.

Le Portugal n ayant pas qntorè rcÇii dans ce temps- N là les lumières qui éclairent tant d'Etats- en Ëùrope, étah plus soumis au pape (jti'tfu autre. Il n'était pas pfermis au roi de faire coiidamnër h la tnbrt, par ses juges , un moine parricide; il fallait avolf le consente^ ment de Rome. Les autres peuples étaient dans îé di*- , huitième siècle; mais las Pûtt&gate semblaient être dahsle douzième. > • > « . . ^

La postérité aura peiné à crdife qûeia rôî de Portu- 1 gai fit solliciter à Rome * pendant plus d'ittr ah > la permission de faire juger chez lui des jésuites ses sujets , ét uèpert 1 obterafrvLa cour de Lisbotftieétcfette de Rome lurent long-temps clans une quéreilé oiiVérte; où alla taèùm jusqu'à m flatté que le Portugal s^cauetfait uu jtfu$ q'fté^Âtlglètfett'è^ son alliée efc sa protedtrffcë , avait foulé atix pieds dépuis si l<mjg-t^fûps : mais le mtaisfëFe portugais avait trop a ennemis pour oser emreprenare ce que Ln&àîm avait exédtttê ; iî montra à 1* fois tfcte 3 grande fermeté et une extrême condescendance. • '

jfesui tes les plus coupa Mes o ta ieiit en prison à Lisbotoate; te roilea ? ItjisîWyètipI* te pa*M d'tfrtftyëir àRôroé'teiiffh&jé^^^ Un lés dédira ' •.

baxmîà pôût* jamais* da foyntme ; m#Vôa ft r ^it tiVMr 1

à k mon trois jésaftetf aaitffié»^ convaincus de ckle. LeToi fut roduit à i oxp^ient dtf ïitntf du nioins

~rnÉqis ny.MtfUtB de louis xv# \

ftlalagrida k ïinq\ïisipon y çoBwe suspect d'avoir auto* j

fois avancé quelques propositions téméraires- qui seûr 1

taient ïhérésie. H * I

Les dominicains^ qui étaient juges du saint-office | et assistants du gratyd inquisiteur^ n'emt jamais aimé

les jésuites : ils servirent le roi mieux que n'avait. fait 1 Rome. Ces moines détçjprèreiit un petit livre de la Vie j héroïque de saints Anne, mère de Marie 7 dictée au I révérend père M aiagçidfrpçr, sainte Afirte elle-même, \ Elle lui avait déclaré .qvçl i^maçuié^ conception loi j appartenait comme à sa ffllq r ^e%. f ^yait parié et pleuré dans le ve«t?e èew-PÈFb e^q^lleiavaitt&it pleurer lc$ ctérujriia*, £oqs,:J^ ^ .ôcri^ï^ ^lagrid» | étaient aussi sages •„ ^pli^, il avaM feit des prédictions j et des miracles: et celui d éprouver , à l'Jge de soixante et quraze a«, de* poUuncttSvxfonç ^prison a était

pas un des m (maires. Tout cela lui fut reproché dau*

son procès ^ et voij^

sur l'assassinat; &i m r PfVQft qfff fei^i contre m sécul^r r , gt q*j$ lp'^j^l^^çwiiç ço&m Dieu. Ainsi lexcè*;^

joint à tfixe^ ^apctW^^^^^^^^'CB^ jugém^t que prtP[p^ , et n» fut hfdlé que

pow avoir je£ *m avoir été par*

Tandis qpt r on chasaaftfofjé^ aventure ré^^ilUlï A» ;lifii^)qu<çi| rieur portait; jtàï France, «pù, ils ont toujo^a érté> Il ^riyaip^Un p$fêà{fe :»K>mmé la Valette*

qui étèû^f

rit£eis dxj siëctfc îte louis xv. 3^9

de trois millions. Les intéressés se pourvurent au parlement de Paris. On crut découvrir alors que le général jésuite r résidant à Rome, gouvernait dcspotiquement les biens de là société. Lé parlement de Paris condamna ce général et tous les frères jésuites à)Kdairement & payer lâ'banqueroutèrdéla Valette. 19

Ce'pi*)cès,q^ les jésuites,

conduisit à exâminèr cetlnstitut singulier, qui rendait iànsi im général italien maître absolu des personnes et des fi^nes d'mie sorf^ dë Françnis. On fut surpris de vèir tpie jamais rtedré- de^' jésuites n'avait .été formeUément réçtt êû Vrààee par la plupart des parlemonts dû royaiimè ; on déterra leurs constitutions , et tous les parferiiéfctk lès trouvèrent incompatibles avec les lais. Ils rappelèrent alors toutes les anciennes plaintes faites contre cet ôrdré, et plus de cinquante VoiumW iïè^ léuW dérisictas' ihéôlogiques contre la sûreledc lâ'l&rdeirittffc. 4Les jésuites" ne se défendirent $tfen disant qae W factiBiids ét i>ahft Thomas e» avaien t écrit autan t. Us ttepfoùVaïènt par cette réponse irctt* cteate, îfootf 'qttê W jâciM W étaient condamfiables comme eux. À Fégatd dé"TïlQmà$ d^Àcjûin , il est canonisé y mais il y à î&wtà 'éà setoine ultràmontaine des décisions quelles? jpàrtéments de France feraient brûler le jour de sa fêtfe', sfon~Tbidait s'en servir pour troubler l'Etat. Comme il dit, en divers endroits, que >FEglise' a l^droît déidépbsêr ûrï ptînee infidèle à^Eglise, il permet v& te ëaS ieparricide. On peut r avec de telles maximes, gàgrier lë paradis et la corde.

/Jbe roi daigna de mêler de l'affaire des jésuites, et paeifier encore* 'cette querellé (éomîmë les a II rcmlui^par^ les

jésuites en France; mais on prétend qup le pape Clé* taent XIII ayant dit qu'il fallait, où qu'ils restassent comme ils étaient, ou qu'ils n'existassent pas, cette réponse du pape est ce qui les à perdûfc. On leitf reprochait encore des assemblées sécrétés. Lè roi . les abandonna alors aux parlements de son royaume, qui , totts 1 un après Tautite , leur 6nt ôté leurs collèges et lteurs biens.

, Les parlements ne les ont condamnés què sur quelques règles de leur institut quë le roi pouvait réformer, sur des maximes horribles , il est vrai , mais méprisées ) publiées pour la plupart par des jésuites étrangers, et désavouées formellement dèfniis peu par les jésuites français.

Il y a toujours dafls les grandes affaires un prétfexte qu'on met en avant, et uûe cause véritable qu'on dissimule. Le prétexte de la punition des jésuites était le dangef prétendu de leurs mauvais livres, qué personne ne lit : la cause était.le crédit dont ils ayaiént long-temps abusé., Il leur est arrivé dans un siècle de lumière et de modération, ce qui arriva aux templiers dans un fciècle d'ignorance et de barbarie; Torgueil perdit les uns et les autrés : mais les jésuites ont été traités dans leur disgrâce avec douceur, et les tetnpliers le furent avec cruauté!. Enfin le rbi, par un édit sote«ncl, en 17^4, abolit dans ses Etats Cet ordre qui avait toujours eu des pcrsonnàges estimables, mais plusde brouillons , et qui fut pendant deux cents ans «n sujW

de discoïde. ^ . * " *

Gen est ni Sanchéz, ni Lesèius, ni Escobat, ni des absurdités de casuistes qui ont perdu les jésuites ; c'feSf le Tellier, c'est la bulle qui les a exterminés dans

"pftÉCIS Dli SIÈCLE DE LOUIS XV. 33 1

pïeâquê toute la Frànèe. La charrue que le jésuite Ife Téïliéf avait Fait passer sur les ruines de Port-Royal, a produit, au bout cl e soixante ans, les fruits qu us fêîSdéiliënt aujourd'hui : la persécution que cet homme * Violent et fourbë avait excitée contre des hommes entêtés, a rendu les jésuites exécrables à la France; exemple mémorable 7 mais qui ne corrigera aucun Confesseur des rois , quand il sera ce que sont presque tous les hommes à la cour, ambitieux et intrigant, et dttu dirigera un prince peu instruit, affaibli par la Vieillesse. - .

L'ordre des jésuites fut ensuite chassé de tous les États du roi d'Espagne en Èurope, en Asie, en Amérique, chassé des deu-x Sicfles, chassé de Parme et de \ Malte ; preuve évidente qu'ils n'étaient pas aussi grands politiques qu'on le croyait. Jamais les moines n'ont été puissants <jue par l'aveuglement des autres hommes, ét les yfeux ont commencé à s'ouvrir dans ccsiècle. Ce cjfa'il y eôt d'assez étrange dans leur désastre presque univërsél, c'est quïls furent proscrits dans le Portugal pour avoir dégénéré de leur institut, et en France pour s y être trop conformés. C'est qu'en Portugal on u osait pks encoré examiner un institut consacré par lès papes, et on l'osait en France. 11 en résulte qu'un * ordre religieux, parvenu à se faire haïr de tant de nations, est coupable de cette haine.

Cet ordre fut exterminé dans presque tous les pays qui avaient été les théâtres de sa puissance, en Espagne, aux Philippines, au Pérou, au Mexique, au Paraguai, en Portugal, au Brésil, en France, dans les; deux Siciles, dajis le duché de Parme > à Malte; mais ii fut conservé ( du moins pour quelque temps) en Hoa-

33a PRÉCIS VV SIÈCLE DE LOUIS XV.

gric , en Pologne , dans le tiers de. l'Allemagne, en Flandre, et même à Venise , où il n avait aucun crédit, et dont fl avait été autrefois chassé.

Il paraît raisonnable et juste que des souverains mécontents d'un ordre religieux s'en délassent , et que les puissances qui en sont satisfaites y le conservent dans leurs Etats.

= 1773= Enfin ecttè société a été abolie, après tien des négociations, par le pontife de Rome, Ganganelli, successeur du pape Rezzonrco. Tous les princes catholiques de l'Europe ont cliassé les jésuites , et le roi de / Prusse , prince protestant , les a conservés , au grand étonnement des nations. C'est que ce monarque nè voyait en eux que des hommes capables d'élever chez lui la jeunesse, et d'enseigner les belles -lettres peu cultivées dans ses Etals , excepté par lui-même. 11 les croyait utiles 7 et ne les craignait pas ; il regardait du même œil les calvinistes ^ les luthériens, les papistes, ceux qu'on appelle les ministres de lévarigile , et ccui qu'on appelait les pères de la société de Jésus, les dédaignant tous également Rétablissant îa tolérance universelle comme le j>remier des dogmes , plus occupé de son armée que de setf collèges, sachant très bien qu'avec des soldats il contiendrait tous les théologiens, et se souciant fort peu que ce fût un jésuite ou un prédicant qui fit connaître Cicéron et Virgile à la jeunesse. • - n\{

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PRÉCIS DU SIÈCLE D* tours XV. 333

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