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Le 11 décembre

3. J'ajoute la fin de cette phrase d'après l'exemplaire dont je parle dans l'Avertissement. (B.)

e, regardé six mois auparavant comme le plus grand homme dtiat, ne passa plus alors que pour un téméraire et un brouillon. Leduc d'Orléans ne voulut donner la pais à Philippe V qu'à condition qu'il renverrait son ministre : il fut livré par le roi d'Espagne mx troupes françaises1, qui le conduisirent sur les frontières d'Italie1* Ce même homme, étant depuis légat à Bologne, et ne pon-

L H se fat pas livré an troupes françaises. Chassé d'Espagne, il arriva en France après avoir échappé a un guet-apans, et fut reçu par un envoyé du régent, le chevalier de Martien. (G. A.)

t C'est au même ministre que l'Espagne doit la conservation du tribunal de lloqaisjtion, et de cette foule de prérogatives tyranniques ou séditieuses qui, sous le nom d'immuniUs ecclésiastiques, ont changé en couvents et en déserts le pays 4e l'Europe le plus beau et le plus fertile, et ont rendu inutiles cette force d'âme et cette sagacité naturelle qui ont toujours formé le caractère et r esprit de la nation espagnole.

Macanas, fiscal du conseil de Castille, avait présenté un Mémoire i Philippe ¥ sur la nécessité Je diminuer les énormes abus de ces immunités ecclésiastiques. Le cardinal Giudice, grand-inquisiteur et ambassadeur en France, avant une copie de ce Mémoire qu'un ministre lui avait confiée, trahit son prince, et la remit à un inquisiteur. Le saint-office rendit un décret contre le Mémoire, et Giudiee confirma ce décret par son approbation.

Cet excès d'insolence devait faire détruire l'Inquisition et perdre Giudice* Qu'espérer pour un pays dans lequel un Mémoire présenté au souverain peut être condamné et flétri par un tribunal où les avis qu'un citoyen, qu'un ministre croit devoir donner au prince, sont poursuivis comme un crime?

Philippe Y défendit la publication du décret. Alors les inquisiteurs déclarent que leur conscience ne leur permet point d'obéir. Giudice offre de se démettre de sa place de grand- inquisiteur, ne pouvant, disait-il, concilier son respect pour le roi avec son devoir, mais il s'arrangea pour faire refuser sa démisanm par le pape.

Aihp«mi venait de conclure le mariage de Philippe V avec la princesse de Parme; il croit qu'il est de son intérêt de s'unir avec Giudice Tous deux dctenmaeaat la nouvelle reine i chasser honteusement la princesse cle^ Ursins. Qrry, <fuu gouvernait sous eJJe, est renvoyé en France. Macanaz est forcé 4e s'enfuir, elle petit-fils de Henri IV soumet sa couronne au saint-office. Ce fut sous ces auspices qu'aîbéroni entra dans le ministère.

Le jésuite fiabrnet, confesseur du roi, n'avait pas désapprouvé Mar«niac; il avait même dit à sou pénitent que ce ministre n'avançait dans son M,' moire que des principes avoués en Yrance, qu'on pouvait les adopter sans blesser la conscience; fl perdit sa place, et on vit disgracier un jésuite pour n'awoir pas été actes fanatique.

uaubenton, plus digne d'être l'instrument d'Albéroni, iut appelé pour diriger fa conscience de Philippe ¥.

Le cardinal Giudice se crut maître de l'E?pagne ; mais Albéroni, qui avait apprécié son ambition etaon incapacité, brisa bientôt un appui devenu inutile, et Giudice alla intriguer à îîome contre le roi d'Espagne, de qui il tenait sa fortune. Cest ainsi que l'Espagne conserva l'inquisition, et les abus ecclésiastiques que rétablissement d'une nouvelle race de souverains semblait devoir anéantir; et cette révolution, qui devait rendre ce royaume une des premières puisi de l'Europe, fut arrêtée par les intrigues de deux prêtres. (K.)

16 CIIAP1TKE I.

Tant plus entreprendre de bouleverser des royaumes, occupa son loisir à tenter de détruire la république de Saint-Marin. (1720) Cependant il résulta de tous ses grands desseins qu'on s'accorda à donner la Sicile à l'empereur Charles VI, et la Sardaigne aux ducs de Savoie, qui l'ont toujours possédée depuis ce temps, et qui prennent le titre de rois de Sardaigne; mais la maison d'Autriche a perdu depuis la Sicile.

Ces événements publics sont assez connus ; mais ce qui ne Test pas, et qui est très- vrai, c'est que, quand le régent voulut mettre pour condition de la paix qu'il marierait sa fille, Mu*de Montpensier, au prince des Asturies, don Louis, et qu'on donnerait l'infante d'Espagne * au roi de France, il ne put y parvenir qu'en gagnant le jésuite Daubenton, confesseur de Philippe V. Ce jésuite détermina le roi d'Espagne à ce double mariage ; mais ce fut à condition que le duc d'Orléans, qui s'était déclaré contre les jésuites, en deviendrait le protecteur, et qu'il ferait enregistrer la constitution.il le promit, et tint parole. Ce sont là souvent les secrets ressorts des grands changements dans l'État et dans l'Église. L'abbé Dubois, désigné archevêque de Cambrai, conduisit seul cette affaire, et ce fut ce qui lui valut le cardinalat. 11 fit enregistrer la bulle purement et simplement, comme on l'a déjà dit*, par le grand conseil, ou plutôt malgré ie grand conseil, par les princes du sang, les ducs et pairs, les maréchaux de France, les conseillers d'État et les maîtres des requêtes, et surtout par le chancelier d'Aguesseau lui-même, qui avait été si longtemps contraire à cette acceptation. D'Aguesseau, par cette faiblesse, se déshonorait aux yeux des citoyens, mais non pas des politiques. L'abbé Dubois obtint même une rétractation du cardinal de Noailles . Le régent de France,dans cette intrigue, se trouva lié quelque temps par les mêmes intérêts avec le jésuite Daubenton.

Philippe V commençait à être attaqué d'une mélancolie qui, jointe à sa dévotion, le portait à renoncer aux embarras du trône, et à le résigner à son fils aîné don Louis : projet qu'en effet il exécuta depuis en 1724". U confia ce secret à Daubenton. Ce jésuite trembla

1. Marie-Anne-Victoire, née en 1718; voyet ci-après, chapitre m, page 30.

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