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DU PARLEMEM, ASSEMBLÉE DE JURISCONSULTES

Le grand-maître Jacques Aïolai, égal par sa dignité aux souverains, Gui, frère du dauphin d'Auvergne, furent brûlés dans la place visà-vis laquelle est aujourd'hui la statue de Henri IV. Ils prirent Dieu à témoin, tant qu'ils purent parler, et citèrent tu jugement de Dieu le roi et le pape.

Le parlement n'eut aucune part à ce procès extraordinaire, témoignage éternel de la férocité où les nations chrétiennes furent plongées jusqu'à nos jours. (1512) Mais lorsque Clément V, dans le concile général de Vienne, abolit Tordre des templiers de sa seule autorité et malgré la réclamation du concile entier, dans lequel il n'y eut que quatre évéques de son avis ; lorsqu'il fallut disposer des biens-fonds des chevaliers ; lorsque le pape eut donné ces biens aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, le roi ayant accédé à • cette donation, le parlement mit en possession les hospitaliers par ■ un arrêt rendu en 4512, le jour de l'octave de Saint-Martin, arrêt i dans lequel il n'est parlé que de l'ordre du roi, et point du tout de f celui du pape : il ne participa ni à l'iniquité des supplices, ni à *" l'activité des procédures sacerdotales ; il ne se mêla que de la transf lat ion des biens d'un ordre à un autre, et on voit que dés ce temps f il soutint la dignité du (rêne contre l'autorité pontificale, maxime dans laquelle il a toujours persisté sans aucune interruption.

DU PARLEMENT DEVENU ASSEMBLÉE DE JURISCONSULTES, ET COHUE ILS FURENT ASSESSEURS EH COUR DES PAIRS.

Dans les horribles malheurs qui affligèrent la France sous Charles VI, toutes les parties de l'administration furent également abandonnées. On oublia même de renouveler les commissions aux juges du parlement, et ils se continuèrent eux-mêmes dans leur» fonctions, au lieu de les abandonner. C'est en quoi ils rendirent un grand service à l'État, ou du moins aux provinces de leur ressort, qui n'auraient plus eu aucun recours pour demander justice.

Ce fut dans ce temps-là même que les seigneurs qui étaient j"iges, obligés l'un après l'autre d'aller défendre leurs foyers à la

tète de leurs vassaux, quittèrent le tribunal. Les jurisconsultes, qui, «fans la première institution, ne serraient qu'à tes instruire, se mirent I leur place : ceux qui démirent présidents prirent l'habit des anciens chevaliers ; les conseillers retinrent la robe des gradués, qui était serrée comme elle Test encore en Espagne, et ils loi donnèrent ensuite plus d'ampleur.

M est ?rai qu'en succédant aux barons, aux chevaliers, aux seigneurs, qu'ils surpassaient en science, ils ne purent participer a leur noblesse : nulle dignité alors ne faisait un noble. Les premiers présidents Simon de Bussy, Bracq, Dauvet, les chanceliers mêmes <Jutilaume de Dormans et Arnaud de Corbie, furent obligés de se faire anoblir.

On peut dire que c'est une grande contradiction que ceux qui jugent souverainement les nobles ne jouissent pas des droits de la «•blesse ; mais enfin telle fut leur condition dans un gouvernement originairement militaire, et j'oserais dire barbare. C'est en vain qu'ils prirent les titres de chevaliers es lois, de bacheliers es lois, à limitation des chevaliers et des écuyers : jamais ils ne furent agrégés au corps de ta noblesse; jamais leurs enfants n'entrèrent dans les chapitres nobles. Ils ne purent avoir de séance dans les états généraux ; le baroanage n'aurait pas voulu les recevoir, et % ne voulaient pas être confondus dans le tiers état. (1355) Lors même que les états généraux se tinrent dans la grande salle du Palais, aucun membre du parlement, qui siégeait dans la chambre voisine, n'eut place dans cette salle. Si quelque baron conseiller y lut admis, ce fut comme baron, et non comme conseiller. Marcel, prévôt des marchands, était à la tête du tiers état, et c'est encore une confirmation que le parlement, suprême cour de judicature, n'avait pas le moindre rapport aux anciens parlements français.

Lorsque Edouard Ilf disputa d'abord la régence, avant de disputer la couronne de France à Philippe de Valois, aucun des deux concurrents ne s'adressa au parlement de Paris. On l'aurait certainement pris pour juge et pour arbitre s'il avait tenu la place de ces anciens parlements qui représentaient la nation. Toutes les chroniques de ce temps-là nous disent que Philippe s'adressa aux pairs de France et aux principaux barons, qui lui adjugèrent la régence. £t quand la veuve de Charles le Bel, nendant cette légence, eut

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