‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 134 sur 257 · JUGEMENT DU CONNETABLE DE BOURBON · texte numérisé non relu

JUGEMENT DU CONNETABLE DE BOURBON

ptes grand nombre qui le sauront par la prise que par là publication dédit édit ; pourquoi vous mandons derechef et très- expressément, , et d'autant que craignez la rupture de nos affaires, qui sont telles, et de telle importance que chacun sait, que tous procédiez à la publication et vérification de notre dit édit : car ceux de ladite église de Saint-Martin demandent ledit édit en cette forme, si n'y faites plus de difficulté, pour autant que nos affaires nous pressent de si près que la longueur est plus préjudiciable à nous et à notre royaume que ne le vous pourrions écrire. Donné à Lyon k 35 juin. Sicûgnatmm : FRANÇOIS. Etptutbe*: Gedoui. »

Le parlement ordonna que les lettres patentes «feu roi seraient lues, publiées et enregistrées quoad domanium dtmtaxat, c'est-à-dire seulement pour ce qui regarde le domaine du roi : « plus la cour a ordonné que le chancelier arrivé en cette ville, k cour le mandera venir céarts pour lui faire remontrances que la cour avisera pour le bien de la justice et choses publiques de ce royaume ».

Le parlement de Paris maader un chancelier qui est son chef et celui de toutes les cours de justice I Lui que le parlement appelle Monseigneur, tandis qu'il ne donne que le titre de Monsieur au premier prince du sang ! Mais nous avons déjà vu combien tous les usages changent1. D'ailleurs le chancelier Duprat, auteur du concordat et de tant de vexations, était en horreur, et la haine publique ne connaît point de règle.

La même année 1539, il y eut aussi des remontrances du parlement au sujet du domaine aliéné par le roi à l'fiôtel de Ville de Paris pour le payement d'un impôt sur le vin et sur le pied-fourché, impôt dont l'Hôtel de Ville avait avancé les deniers. Ces remontrances sont l'origine de celles qui ont été faites sous tous les règnes suivants.

BU JUUEKEKT DB CHAULES, DUC DE BOURBON, PAU, GRAHD CHAMBRIER El COHNÉTABLE DE PBASCE.

Ce fameux Charles de Bourbon, qui avait tant contribué à la gloire de la France, à la bataille de Marignan, qui fit depuis son roi prisonnier

t. Qupitie i-, page 316; et chapitre iy, page 356.

à la bataille de Parie, el qui mourut en prenant Rome d'assaut, m quitta la France, et ne fut la cause de tant de malheurs que peur avoir perdu nn procès. Il est vrai qu'il s'agissait de presque tous ses .biens.

Louise de Savoie1, mère de François IM, n'ayant pu obtenir de lui qu'il l'épousât en secondes noces, voulut le ruiner ; elle était fille d'une Bourbon, et cousine germaine de Susanne de Bourbon, femme du connétable, laquelle Tenait de mourir.

Non-seulement Susanne avait laissé tous ses biens par testament à son mari, mais il en était héritier par d'anciens pactes de famofe, observés dans tous les temps. Le droit de Charles de Bourbon était encore pins incontestable par son contrat de mariage, Charles et Susanne s'étant cédé mutuellement leurs droits, et les biens devant appartenir au survivant. Cet acte avait été solennellement confirmé par Louis XII, et paraissait à l'abri de toute contestation. Mais la mère du roi, régente du royaume pendant que son fils allait à la guerre d'Italie, étant outragée et toute-puissante, conseillée par le chancelier Duprat, ce grand auteur de plus d'une infortune publique, intenta procès devant le parlement de Paris, et eut le crédit de faire mettre est séquestre tous les biens du connétable.

Ce prince, d'ailleurs maltraité par François I**, ne résista pas an sollicitations de Charles-Quint; il alla commander les armées de l'empereur, et fut le fléau de ceux qui l'avaient persécuté.

Aux nouvelles de la défection du connétable, le roi différa son voyage d'Italie. Il douna commission au maréchal de Ghabanes, grand-maître de sa maison, au premier président du parlement de Normandie, et à un maître des requêtes, d'aller interroger les confidents du connétable, qui furent d'abord mis en prison.

Parmi ces confidents ou complices étaient deux évéques, celui d'Antun et celui duPuy. Un secrétaire du roi servir de greffier. C'est encore ici une marque évidente que les formalités changeaient selon les temps et selon les lieux.

Le reste de l'instruction fut fait oar de nouveaux commissaires * Jean de Selve, premier président au parlement de, fans; jean Sotai, maitre des requêtes; François de Loyne, président aux enquêtes; Jean Papillon, conseiller.

Le roi ordonna, par des lettres réitérées, du 20 septembre, du

1. Connue dans l'histoire bous le nom de duchesse d'Angoulème.

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