JUGEMENT DU CONNÉTABLE DE BOURBON
fê et du 20 ocobre 1522, de faire le procès au connétable absent, et à ses complices, emprisonnés.
Les quatre commissaires conseillèrent au roi de renvoyer l'affaire au parlement de Paris ; et le roi, par une lettre du 4W novembre, lesr témoigna qu'il désapprouvait beaucoup ce conseil.
Ces commissaires instruisirent donc le procès des prisonniers à Loches. Mais enfin le roi, incertain de la manière dont il fallait juger deux é vécues, et craignant de se commettre avec Home, renvoya l'affaire au parlement de Paris. U ne fut plus question des deux évèques, oa a'en pari* plus; les laïques seuls furent condamnés : ils furent jugé* au mois de janvier 1523, les uns à mort, les autres à d'autres peines. Le seigneur de Sainl^Yallier, entre autres, fut condamné à perdre la tête, le 16 janvier 1525. C'est lui dent on prétend que les cheveux blanchirent en peu d'heures, après la lecture de son arrêt *. La tradition ajoute que François 1" ne lui sauva la vie que pour jouir de Diane de Poitiers, sa fille. Cette tradition serait bien plus vraisemblable que l'autre si Diane n'avait pas été alors un enfant de quatorze ans, qui n'avait pas encore paru à la cour1.
Quant au connétable de Bourbon, le roi vint la juger lui-même au parlement, le tt mars 1523, accompagné seulement de deu* nouveaux pairs>unducd'Alençon,et un duc de Bourbon-Vendôme; les évèques de Langres et de Noyon furent les seuls pairs ecclésiastiques qui s'y trouvèrent : ils se retirèrent, ainsi que tous les conseil ersi-ciercs, quand on alla aux opinions. U fut seulement ordonné qu'on ajournerait Je connétable à son de trompe.
t. n n'eut ta grâce que sur Féchafaud, et resta malade d'une fièvre à laquelle on a donné ie nom de Saint- Vallier, pour indiquer une fièvre causée par La peur. (B.)
£. Le procès de Saint-Vallier est de 1823. Diane, sa fille, est morte le tt avril 1906, âgée de soixante-six ans troiê moU et vingt sept jours, suivant Dreux du Radier; ou de soixante-six ans vingt-sept jours, suivant Bayle {différence qui vient peut-être de ce que les mots trois mois auront 4té oubliés dans la note tisnsmise â Bayle par un de ses amis). Mais Dreux du Radier, au lieu de porter la naissance de Diane au 3 septembre 1490, aurait dû la placer au 31 décembre 1499, ce qui n'a point encore été remarqué. La différence entre Dreux du Radier et Bayle n'est, au reste, que des trois mots. Diane avait donc vingt-trois ans, et non quatorse ans, lors de la condamna* tion de son père : elle était mariée depuis prés de dix ans, ce qui contredit les paroles de Méseray, qui prétend que François I" n'accorda la grâce au père qu'après avoir pris de sa fille ce qu'elle avait de plus précieux. Dreux du Radier pense que Louis de Bréxé, mari de Diane, n'eut point â se plaindre de la fidélité de »a femme. Ce ne fut qu'après son veuvage quelle devint la mat* tresse de François f*r.
SI
Cette vaine cérémonie se ût à Lyon, parce que cette ville passait pour être la dernière du royaume du côté de l'Italie, le Dauphiné, qui appartenait au dauphin, n'étant pas regardé comme province <lu royaume.
Pendant qu'on faisait ces procédures, le connétable commandait déjà l'armée ennemie; il entrait en Provence pour répondre à son ajournement, et comparaissait en assiégeant Marseille. Le roi, irrité que le parlement de Paris n'eût pas jugé à mort tous les complices de ce prince, nomma un président de Toulouse avec cinq conseillers, deux présidents de Bordeaux et quatre conseillers, deux conseillers du grand conseil, et un président de Bretagne, jpeur juger avec le parlement de Paris le reste des accusés, auxquels on n'avait pas encore fait le procès. Nouvel exemple bien frappant de la variété des usages et des formes*.
Cependant on poursuivit lentement le procès contre le connétable; il fallait trois défauts de comparaître pour qu'on jugeât, comme on disait alors, enprafU de défaut; mais toutes ces poursuites cessèrent quand le roi fut vaincu et pris à Pavie par l'année, dans laquelle un des chefs était ce même Charles de Bourbon. Il fallut, au heu de lui faire son procès, lui restituer, par le traité de Madrid, toutes ses terres, tous ses biens, meubles et immeubles, dans l'espace de six semaines, lui laisser le droit d'exercer ses prétentions sur la souveraineté de la Provence, et promettre de ne faire aucune poursuite contre ses amis et ses serviteurs. Le roi signa ce traité.
Il crut, quand il revint en France, que la politique ne lui permettait pas de tenir la parole à ses vainqueurs ; et après la mort du connétable, tué en prenant Rome, François I" le condamna, le 26 juillet 1527, dans la grand'chambre du parlement, assisté de quelques pairs. Le chancelier Duprat prononça l'arrêt qui • damnait et abolissait sa mémoire et renommée à perpétuité », et qui confisquait tous ses biens, meubles et immeubles.
Pour ses biens, on en rendit une partie à sa maison ; et pour sa renommée, elle a toujours été celle d'un héros qui eut le malheur de se trop venger d'une injustice qu'en lui avait faite.
1. Consultez les collections de Pierre Dupuy, garde de la Bibliothèque du ro, tome II; et voyez, sur tous les articles précédents, le Recueil de* édité êttrdannances, le président de Thou, le comte de BoulaismUieis, et tous ks tas* torieni. {Vote de Voltaire.)