DU CHANCELIER DE L'HOSPITAL
daCondé qu'on y lrouva furent massacrés, excepté ceux qu'on réserva au supplice. Le chancelier de L'Hospital, au milieu de ces meurtres, fit encore publier un édit par lequel le roi # la reine sa mère ordonnaient à tous les parlements du royaume de suspendre toute procédure criminelle contre les hérétiques, et proposaient une amnistie générale à ceux qui s'en rendraient dignes.
Voilà le troisième arrêt de douceur et de paix que ce grand homme Ût en moins de deux ans ; mais la rage d'une guerre à la fois civile et religieuse remporta toujours sur la tolérance du chancelier.
Le parlement de Normandie, malgré redit, fit pendre trois conseillers de ville et le prédicant ou ministre Marlorat, avec plusieurs officiers.
Le prince de Gondé à son tour souffrit que dans Orléans, dont il était maître, le conseil de ville fît pendre un conseiller du parlement de Paris, nommé Sapin , et un prêtre qui avait été pris en voyageant ; il n'y avait plus d'autre droit que celui de la guerre.
Cette même année se donna la première bataille rangée entre les catholiques et les huguenots, auprès de la petite ville de Dreux, non loin des campagnes d'Ivry, lieu où depuis le grand Henri IV gagna et mérita sa couronne.
D'un côté on voyait ces trois triumvirs, le vieux et malheureux connétable de Montmorency ; François de Guise, qui n'était plus lieutenant général de l'État, mais qui, par sa réputation, en était le premier homme ; et le maréchal de Saint-André, qui commandait sous le connétable.
A la tête de l'armée protestante était le prince Louis de Gondé, l'amiral Goligny, et son frère d'Andelot : presque tous les officiers de l'une et l'autre armée étaient ou parents ou alliés, et chaque parti avait amené des troupes étrangères à son secours.
L'armée catholique avait des Suisses, l'autre avait des reîtres. Ce n'est pas ici le lieu de décrire cette bataille : elle fut, comme toutes celles que les Français avaient données, sans ordre, sans art, sans ressource prévue. Il n'y eut que le duc de Guise qui sut mettre un ordre certain dans le petit corps de réserve qu'il commandait. Le connétable fut enveloppé et pris, comme il l'avait éjtéà la bataille de Saint-Quentin. Le prince de Condé eut le même sort. Le maréchal de Saint-André, abandonné des siens, fut tué par le fils du greffier
et l'Hôtel de ¥ille de Paris, nommé Bobigny» Ce maréchal avait emprunté de l'argent an greffier : au lieu de payer le père, il avait maltraité 1* fils. Celui-ci jura de s'en venger, et tint parole. Un «impie citoyen qui a du courage est supérieur, dans une bataille, à «n seigneur de cour qm n*a que de l'orgueil.
Le duc de Guise, voyant les deux chefs opposés prisonniers et tart en confusion, fit marcher à propos son corps de réserve et gagna le champ de bataille : ce fut le 20 décembre 1562. François 4e Guise alla bientôt après faire le siège d'Orléans. Ce fut là qu'il fut assassiné, le 18 février 1563, parPoltrot de Méré1, gentilhomme angoumois. Ce n'était pas le premier assassinat que la rage de la religion avait fait commettre. U y en avait eu plus de quatre mille dans les provinces; mais celui-ci fut le plus signalé, par le grand nom de l'assassiné et par le fanatisme du meurtrier, qui crut servir Dieu en tuant l'ennemi de sa secte.
J'anticiperai ici un peu le temps pour dire que, quand Charles H revint à Paris après sa majorité, la mère du duc de Guise, Antoinette de Bourbon, sa femme Anne d'Esté, et toute sa famille, vinrent en deuil se jeter aux genoux du roi, et demander justice contre l'amiral Coligny, qu'on accusait d'avoir encouragé Poltrot à ce crime.
Le parlement condamna Poltrot, le 18 mars, à être déchiré avec des tenailles ardentes, tiré à quatre chevaux et écartelé, supplice réservé aux assassins des rois. Le criminel varia toujours à la question, tantôt chargeant l'amiral Coligny et d'Andelot, son frère, tantôt les justifiant. Il demanda à parler au premier président, Christophe de Thou, avant que d'aller au supplice. Il varia de même devant lui. Towt ce qu'on put enfin conjecturer de plus vraisemblable» c'est qu'il n'avait d'autre complice que la fureur du fanatisme. Tels ont été presque tous ceux à qui F abus de la religion chrétienne s mis dans tous les temps le poignard à la main, tous aveuglés par les exemples de Jaêl, d'Àod, de Judith, et de Mathathias, qui tua dans le temple l'officier du roi Antiochus, dans le temps que ce capitaine voulait exécuter les ordres de son maître, et sacrifier un cochon sur l'autel. Tous ces assassinats étant malheureusement consacrés, il n'est pas étonnant que des fanatiques absurdes, ne
U François de Guist ne mourut que six jours auvès ms btestum*