‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 149 sur 257 · DES LOIS DU CHANCELIER DE L'HOSPITAL · texte numérisé non relu

DES LOIS DU CHANCELIER DE L'HOSPITAL

te uius grands troubles. Il venait d'établir la juridiction consulaire à Pari» et dans plusieurs villes, et par là il abrégeait des procédures ruineuses, qui étaient un des malheurs des peuples. L'édit de MouMns ordonne la frugalité et la modestie dans tes vêtements, que la pauvreté publique ordonnait assez, et que le luxe des grands, n'observait guère.

C'est depuis cette ordonnante qu'il n'est plus-permis de redemander en justice des créances au-dessus de cent livres, sans produiredes billets ou des contrats. L'usage contraire n'avait été établi que par l'ignorance des peuples, chez qui l'art d'écrire était très-rare. Les anciennes substitutions faites à l'infini furent limitées au quatrième degré. Toutes les donations furent enregistrées an greffe le pins voisin pour avoir une authenticité certaine.

Les mères qui se remariaient n'eurent plus le pouvoir de donner leurs biens à leur second mari. La plupart de ces utiles règlements sont encore en vigueur. U y en eut un plus sanitaire que tous les autres, qui n'essuya que les murmures publics : ce fut l'abolissement des confréries. La superstition les avait établies chez les bourgeois, la débauche les conservait; on faisait des processions en faveur d'un saint dont on portait l'image grossière au bout d'un bâton; après quoi on s'enivrait, et la fureur de l'ivresse redoublait celle des factions £.

Ces confréries servirent beaucoup à former la Ligne, dont le cardinal de Lorraine avait fait dès longtemps le projet.

Cet article et quelques autres empêchèrent le parlement de Paris d'enregistrer l'édit de Moulins; mais, après deux remontrances, il fut vériûé le 23 décembre 1566.

Ce qui rendait le parlement difficile était la manière un pen dure dont le chancelier s'était exprimé devant l'assemblée des notables, convoquée à Moulins pour y publier ces fois. Elle était formée de tous les princes du sang, de tous tes grands officiers du royaume, et de plusieurs évêques. On avait appelé à ce conseil le premier président du parlement de Paris, Christophe de Tou, et Pierre Séguier, président; Jean Daffis, premier président du parlement de Toulouse; Jacques-Benoit de Largebaston, de celui de Bordeaux; Jean Truohon, de celui de Grenoble ; Louis Le Févre, de

t. 186g. (Jfefe de VoUair*.)

celui de Dijon; et Henri Fourneau, président au parlement d'Aix.

I/Hospital commença sa harangue en disant que presque tous les maux de l'État avaient leur origine dans la mauvaise adrainwtntion de la justice; qu'on avait trop souffert que des juges résignassent leurs offices à des hommes incapables ; qu'il fallait dimi. nuer le nombre inutile des conseillers, supprimer les épices, et soumettre les juges à la censure. Il parla bien plus fortement dans le lit de justice que le roi tint à Bordeaux dans ce voyage.

« Messieurs, dit-il, le roi a trouvé beaucoup de fautes en ce parlement, lequel étant comme plus dernièrement institué, car il y a cent et deux ans, vous avez moindre excuse de vous départir des anciennes ordonnances, et toutefois vous êtes aussi débauchés que les vieux, par aventure pis.... Enfin voici une maison mal réglée. La première faute que je vous vois commettre, c'est de ne garder les ordonnances, en quoi vous désobéissez au roi. Si vous avez des remontrances à lui faire, faites-les, et connaîtrez après sa dernière volonté. C'est votre faute aussi à vous, présidents et gens du roi, qui devez requérir l'observation des lois ; mais vous cuidez être plus sages que le roi, et estimez tant vos arrêts que les mettez par-dessus les ordonnances, que vous interprétez comme il vous plaît. J'ai cet honneur de lui être chef de justice ; mais je serai bien marri de lui faire une interprétation de ses ordonnances de moi-même, et sans lui communiquer.

t On vous accuse de beaucoup de violence ; vous menacez les gens de vos jugements, et plusieurs sont scandalisés de la manière dont faites vos affaires, et surtout vos mariages ; quand on sait quelque riche héritière, quant et quant c'est pour monsieur le conseiller, et on passe outre...

t II y en a entre, vous lesquels pendant ces troubles se sont faits capitaines, les autres commissaires des vivres... Vous baillez même votre argent à intérêt aux marchands, et ceux-là devraient laisser leur robe, et se faire marchands. D'ambition, vous en êtes tous garnis. Eh! soyez ambitieux de la grâce du roi» et non d'autre. »

Cette inflexible sévérité du chancelier de L'Hospital, qui semblait si opposée à son esprit de tolérance, nuisit plus que ses bonnes lois ne servirent. 11 eût dû faire des réprimandes aux particuliers coupables, et ne pas outrager les corps entiers : il les indispo-

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