s'appelait Hamflton
pendus à une potence avec des écriteaux qui les déclaraient Irai très, ennemis de Dieu, et hérétiques. Le duc de Mayenne était alors absent de Paris, et les Seize, qui se croyaient les maîtres de la ville, prirent ce temps pour écrire au roi d'Espagne. Ils lui dépêchèrent le jésuite Claude Matthieu, pour le supplier de leur donner sa fille pour reine, en la mariant au jeune duc de Guise. La lettre que Matthieu portait fut interceptée et portée au roi. 11 ne manqua pas d'en faire tomber une copie entre les mains du duc de Mayenne : c'était le seul moyen de diviser la Ligue, en semant la jalousie entre ce duc et son neveu.
Mayenne, arrivé à Paris, commença paT ôter à Bussy-le-Qerc son gouvernement de la Bastille ; il fit pendre, sans forme de procès, quatre des scélérats qui avaient fait mourir les magistrats. Le même bourreau servit pour eux tous, et fut ensuite pendu luimême.
Cromé, le plus coupable, échappa ; le parlement reprit ses fonctions ordinaires, et le président Le Maître prit la place de Brisson, sans être intimidé par la catastrophe de son prédécesseur.
LE ROYAUME DÉMEMBRÉ. LE SEUL PARLEMENT, SÉANT AUPRES DE BRIRI IV, PEUT MONTRER 8A FIDÉLITÉ. IL DÉCRÈTE DE PRISE DE Q0RP8 LE KOHGI IiU PAPE.
Pendant que le parlement de Paris était ainsi tour à tour l'organe et la victime de la Ligue, il faut voir ce que faisaient alors les autres parlements du royaume. Celui de Provence avait envoyé au duc de Savoie Philibert-Emmanuel, gendre de Philippe II, une députation solennelle composée de Chastel, évêque de Riez, do baron d'Àmpus, et d'un avocat nommé Fabrègues.
Le duc arriva dans Aix le 14 novembre1. On lui présenta le dais, comme au roi ; tous les membres du parlement lui baisèrent 11 main. Honoré du Laurens porta la parole pour toute la compagnie; on le reconnut pour protecteur de la province, et on lui prêta serment de fidélité.
1* \m.{Note de Voltaire)