‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 179 sur 257 · DIVORCE DE HENHT IV · texte numérisé non relu

DIVORCE DE HENHT IV

Le parlement n'eut aucune part au divorce de Henri IT avee Marguerite de Valois, sa première femme *. Elle passait pour stérile, quoique peut-être elle ne l'eût pas été en secret. Elle était âgée de quarante-six ans, et il y en avait quinze qu'une extrême incompatibilité réciproque la séparait de son mari. Il était nécessaire que Henri IV eût des enfants, et on présumait qulls seraient dignes de lui. Une affaire si importante, qui dans le fond est entièrement civile, et qui n'est un sacrement qu'en vertu d'une grâce de Dieu accordée aux époux mariés dans l'Église, semblait devoir être naturellement du ressort des lois. Les sacrements sont d'un ordre surnaturel qui n'a rien de commun avec les intérêts des particuliers et des souverains.

Cependant l'ancien usage prévalut sans diTGculté; on s'adressa au pape comme au juge souverain, sans Tordre duquel il n'était pas permis en ce cas à un roi d'avoir des successeurs. L'exemple du roi d Angleterre Henri Vin n'efîrap point, parce qu'on se crut sûr du pape. La reine Marguerite donna son consentement. Le pape fit examiner cette cause par des commissaires, qui furent le cardinal de Joyeuse, un Italien, évêque de Modène, et un autre Italien, évêque d'Arles. Ils vinrent à Paris interroger juridiquement fe roi et la reine. On fit des perquisitions simulées pour parvenir à un jugement déjà tout préparé, et on se fonda sur des raisons dont aucune assurément n'était comparable à la raison d'État et au consentement des deux parties. On fit revivre l'ancienne défense ecclésiastique d'épouser la fille de son parrain. Henri H, père de Marguerite, avait été parrain de Henri IV. La loi était v&fekment abusive, mais &n se servait de tout.

On allégua encore que le roi et Marguerite étalent parents au troisième degré, et qu'on n'avait point demandé de dispense, parce que le roi, au temps de son mariage, était d'une religion qui

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