‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 182 sur 257 · U décembre 1603. (Note de Voltaire · texte numérisé non relu

U décembre 1603. (Note de Voltaire

% 2 janvier 1604. (/<*.)

t. Ce chapitre ne se trouve ni dans la première, ni dans la seconde édition.

à l'âge de limuianlr srptaus, fait l'amour à la princesse de Coudé, qu'il venait de marier hû-méme. Voici ce que le conseiller d'État Lenet nous dit avoir appris de la bouche de celte princ esse. Le prince de Coudé, son mari, s'était retiré avec elle à rentrée de k Picardie. Un des confidents de Henri IV, nommé de Trigny, sot engager la mère et ta femme du prince à tenir voir chas ser la meute du rai, et à vouloir bien accepter une collation dan» sa maison.

filles y allèrent : un piquenr de la livrée du roi s'approcha delà portière, avec on emplâtre sur l'ont, sous préteite de les conduire. C'était Henri IV lui-même. Celle qui était l'objet de cet étrange déguisement avoua depuis à Lenet qu'elle n'en avait pas été nkuée, non qu'elle pût aimer le roi, mais elle était flattée de plaire ai souverain, et même de l'avilir, liés qu'elle fut armée au château du sieur de Trigny, elle vit le roi, qui l'attendait et qui se jeta à ses pieds. Elle fut effrayée : sa belle-mère eut l'imprudence d'en avertir le prince de Coudé, qui, bientôt après, s'étant panât inutûement au roi et Tayaut appelé tyran, comme les Hémokret de Sufly l'avouent, obligea sa femme de s'enfuir avec lui, et de le suivre en croupe à Bruxelles.

Si on s'en rapporte à toutes les lois de l'honneur, de la bienséance, aux droits de tous les maris, à ceux de la liberté naturelle, le prince de Condé n'avait nul reproche à se taire, et le roi seul avait tort. H n'y avait point encore de guerre entre la France et l'Espagne: ainsi on ne pouvait reprocher au prince de s'être relire chez les ennemis. Mais apparemment il y a pour ceux du sang royal des lois qui ne sont pas pour les autres hommes. Henri IV aHa luimême au parlement sans pompe, sans cérémonie, s'assit aux bas sièges, le parquet étant gardé par les huissiers ordinaires; là il fit rendre un arrêt par lequel le prince était condamné à subir tel châtiment qu'il plairait à Sa Majesté d'ordonner. Le parlement était sûr, sans doute, que le roi n'en ordonnerait aucun ; mais par l'énoncé il semblait que le roi fût en droit d'ordonner la peine de mort. Cependant l'équité naturelle et le respect pour le genre humain ne doivent laisser un tel pouvoir à personne, fût-ce à un Henri IV.

Heureusement il est. très-faux que oe grand roi ait ajouté à sa

toutes deux de 1769. Mais il est au plus tard de 1770. Il (ait partie d'une édition sous cette date, intitulée huitième, et portant pour adresse : A Francfort* éke» Jean Pontet. (B.)

MEURTRE DE HENRI IV. 4&f

feîblesuB ceHe de vouloir, à son âge, faire la guerre pour arracker une jeune femme a son mari; il n'était capable ni d'une ai grande injustice ni d'ua tel ridicule. ViHorio Siri l'en accuse ; mais cet Italien, attaché à Marie de Médias, m Tétait pas à Henri IV '. Ce qui n'est que trop vrai, c'est que cette aventure nuisit beaucoup à sa répuiatioB. Les restes de la Ligue, le* factions italienne et espagnole qui déminaient dans le royaume, le décrièrent ; son écofion&ie nécessaire fut taxée d'avarice, sa prudence d'ingratitude, ses amours ne le firent pas estimer; il se fût peint connu tant qu'A vécut, Mie disait ki-mêate, et on ne l'aima qu'après sa mort déptorabte*

KEORTBB DB HEKRT IV. LB PARLEMENT DÉCLARE SA VEUVE RÉûENTE.

La France goûtait depuis la paix de Yervins une félicité qu'elle n'avait presque jamais connue. Les factions catholiques et protestantes étaient contenues par la sagesse de ce roi, qui serait regardé comme un grand politique si sa valeur et sa bonté n'avaient pas éclipsé ses autres mérites. Le peuple respirait, les grands étaient moins tyrans, l'agriculture était partout encouragée, le commerce commençait à fleurir, les lois reprenaient leur autorité. Les dix dernières années de la vie de ce prince ont été peut-être les plus heureuses de la monarchie. Il allait changer la face de l'Europe, comme il avait changé celle de la France. Prêt à partir pour

1. Henri IV s'était préparé depuis Longtemps à cette gueriw. H votait que si la maison d'Autriche réussissait dan» le projet de s'emparer de tous les petits États d'Allemagne et d'Italie, la France, enclavée dans ce nouvel eseuêne, serait exposée à devenir une de ses provinces. U t'était déclaré le protecteur des princes de l'Italie et de l'Empire, et il ne voulait pas souffrir que l'empereur s'emparât, sous le nom de séquestre, de fnéri&çe des ducs de Gléves et de Juliers. L'humeur que lui causa la Coite du prinfr de Condé à Bruxelles augmenta sans deute son ardeur contre les Espagnols, comme la résolution qu'il avait formée de déclarer la guerre à l'Espagne augmentait la colère que lut eau* sait l'évasion du prince. Et si une guerre offensive, qui n'a pour objet que la sûreté présente d'une nation, peut être une guerre juste, celle que âeari IV entreprenait était légitime. Les petites passions des rots les trompent souvent, et peuvent leur Caire adopter de mauvais plans de politique : elles attisent les guerres; mais c'est la politiaue et l'ambition qui les allument. (IL)

secourir ses alliés, el pour faire le destin de l'Allemagne, à la tête de la plus florissante armée qu'on eût encore vue, il fut assassiné, comme on ne le sait que trop, par un de ces misérables de la lie du peuple, à qui le fanatisme de la canaille des ligueurs et des moinei inspira seul oétte frénésie.

Tout ce que l'insatiable curiosité des hommes a pu rechercher sar le crime de Ravaillac, tout ce que la malignité a intenté, doit être mis au rang des fables. Il est constant que Ravaillac n'eut d'autre complice que la rage de la superstition. On a remarqué que le premier assassin enthousiaste qui tua François de Guise par dévotion, et Ravaillac qui tua Henri 1Y par le même principe» étaient tous deux d'Angouléme !.

D avait entendu dire que le roi allait faire la guerre aux catholiques en faveur des huguenots ; il croyait même, d'après les bruits populaires, qu'il allait attaquer le pape : ce fut assez pour déterminer ce malheureux; il en fit l'aveu dans ses interrogatoires, il persista jusqu'au milieu de son supplice.

Son second interrogatoire porte expressément « qu'il a cru que, faisant h guerre contre le pape, c'était la faire à Dieu, d'autant que le pape est Dieu, et Dieu est le pape » . Ces paroles doivent être éternellement présentes à tous les esprits ; elles doivent apprendre de quelle importance il est d'empêcher que la religion, qui doit rendre les hommes sages et justes, n'en fasse des monstres insensés et furieux2.

Les historiens peuvent-ils avoir une autre opinion que les juges sur un point si important et si discuté î II y a de la démence à soupçonner la reine sa femme, et la marquise de Verneuil sa maîtresse,

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