‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 2 sur 257 · Lettre à Richelieu, du 27 septembre · texte numérisé non relu

Lettre à Richelieu, du 27 septembre

4 Voyez lettre de M- Denis, du 13 août 1755 (imprimée dans Mon séjour «fris de Voltaire, par Colini, page 154), et lettres de Voltaire à Thkriot, du 11 septembre 1756; à d'Argental, du même jour.

nom de l'auteur leur donnait du prix. Ximenès, qui avait mangé une fortune de six cent mille livres, tira six cents livres de son larcin. L'intermédiaire entre le libraire de Paris, Prieur, et lui, avait été le chevalier de La Morlière,qui sans doute ne s'oublia pas dans le marché, et qui, après l'avoir consommé à Paris, alla à Rouen vendre une autre copie 4. Sur les plaintes de Voltaire on saisit l'édition de Trieur * ; mais on ne put empêcher la circulation des exemplaires émis. Il s'en fit plusieurs impressions ; j'ai sous les yeux deux éditions : l'une, anonyme, Amsterdam, 1755, in-12 ; l'autre, avec le nom de l'auteur, La Hâve, 1756, in-12. La Bibliothèque historique de la France, 3* 24,666, ne parle que de F édition d'Amsterdam.

Je ne sais à quelle époque ont paru les « Réflexions sur le peu d'exactitude des mémoires et après lesquels M. de Voltaire a traité, dans son Abrégé d'histoire universelle jusqu'à nos jours, le morceau qui porte pour titre: Affaire de Gênes et de Provence en 1746 et 1747, in-8° de quinze pages ». Mais je ferai observer que le morceau critiqué termine, sous le titre d'Additions, la seconde partio de Y Histoire de la guerre de mil sept cent quarante et un; il n'a jamais fait partie de Y Abrégé de ï histoire universelle, ni d'aucune édition de Y Essai sur les Mœurs. L'auteur de ces Réflexions est M. de La Porte, mort en 1793, ancien intendant du Bourbonnais et du Dauphiné, et qui avait été intendant de l'armée en Italie pendant les campagnes de 1745 et 1746 ; il a été en correspondance avec Danchet, de Boze, Yoisenon, Tressan, etc., etc., et avait fait imprimer, en 1790 ou 1791, quelques pages sur les droits de la France relativement à Avignon.

L'historien Anquetil, qui possédait un exemplaire de l'édition anonyme de Y Histoire de la guerre de mil sept cent quarante et un* et qui n'en connaissait pas l'auteur, a porté un jugement très-favorable de cet ouvrage. Voltaire ne cessait de répéter que c'était un rainas

1. Voyez lettre à d'Argental, du 10 septembre 1753. Il est douteux que M** Denis ait dit toute la vérité à Voltaire, qui ne parle guère ici que d'après sa nièce. M"4 Denis était compromise dans cette affaire, dit Golini, page 152. Nous dérobions à Voltaire, ajoute-t-il, une partie de nos démarches, pour ne point augmenter ses inquiétudes. On peut excuser cette réserve. Voltaire n'eût pas appris toute la vérité sans ressentir une plus grande peine. On peut croire aussi qu'il ne connaissait pas tous les intermédiaires entre Ximenés et Prieur. L'agent de police pour la librairie était alors d'Hémery. D'Hémery nomme Richer comme intermédiaire entre Prieur et La Morlière. Malgré la gravité des torts de Ximenés et les désagréments qui en furent la suite, Voltaire avait tout oublié quelques années après, et ne fit pas bien dures les conditions du raccommodement. Il demanda seulement que ses Lêttret sur la nouvelle HéioUe parussent sous le nom de Ximenés. Voyez* à la suite de cet Avertissement, la rapport de l'inspecteur d'Hémery à M. Berryer, lieutenant de police.

S. Les manuscrits de d'Hémery disent qu'on en saisit seize cents exemplair**»

informe et défiguré de ses manuscrits '. H avait déjà coudait son travail jusqu'à la paix d*Àix-la-ChapeNe, et les cahiers soustraits ne venaient que jusqu'à la bataille de Fonténoy1. Il promettait de le publier un jour s tel qu'il l'avait composé. Cependant, à cette époque» il avait déjà commencé le Précis du Siècle de Louis XV, dans lequel il avait à parler des événements qui sont le sujet des manuscrits dérobés, folmi * raconte que le Précm dm Siècle de Louis IV fut commencé à Berlin en 1752.

Le même Colini donne le titre de Campagnes de Louis XV à l'outrage qui, dans l'imprimé, est intitulé Histoire de la guerre de mil sept cent quarante et un.

C'était une généreuse indignation qui avait fait abandonner son travail à Voltaire. Une des clauses du traité de paix de 1 748 portait que la cour de France ne permettrait pas au jeune prétendant de séjourner dans le royaume. Charles-Edouard, que cette clause révoltait, refusa de s'y soumettre, et continua de rester à Paris. Un jour qu'il était allé à l'Opéra, en 1749, la police fit arrêter le prince, qui, comme Louis XV, était descendant de Henri IV, et à un plus proche degré. Un nommé Desforges, celui-là même qui avait publié, en 1748, la Lettre critique swr la tragédie de Sémiramis, fit alors circuler ce distique:

Peuple jadis si fier, aujourd'hui si servile, Des princes malheureux vous n'êtes plus l'asile.

Ces deux vers coûtèrent cher à leur auteur, qui fut envoyé au mont Saint-Michel où il resta trois ans dans un cachot appelé la Cage. Voltaire lut moins imprudent, mais il ne ressentit pas moins vivement la lâcheté du roi de France. Il était à Lu né ville lorsqu'il apprit comment avait été traité le prince Edouard, et de dépit il renonça à continuer l'histoire de Louis XV. Cette particularité injurieuse pour le monarque, mais honorable pour l'écrivain, est restée longtemps inconnue, et n'a été révélée qu'en 1836 par la publication des Mémoires de Longckamp, dont j'ai rapporté les paroles dans une note, à la fin du chapitre xxv.

En 1763, dans le tome VIII de l'édition de Y Essai sur l'Histoire générale (aujourd'hui Essai sur les Mœurs), dix-huit chapitres furent ajoutés au Siècle de Louis XIV, qui étaient consacrés aux événements postérieurs à la mort de Louis XIV. Dans quatre de ces chapitres (les ttvn°, xi.vm% xlix* et l*) on retrouve textuellement des passages plus

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