‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 210 sur 257 · juillet 1648. {Noté de Voltaire · texte numérisé non relu

juillet 1648. {Noté de Voltaire

m CHAPITRE Ltf

n'avait «Maître vnxmqm de lui disputer sait autorité, et d'être à fat cour son rival «a crédit. Le cardinal de fiels, dans tes Mémoires, dit i qu'on .fat saisi d'un étonnement respectueux quand en mi iulet Kazarin faire enfermer le pethViHs de Henri IV, et exiler toute «a famille ; qu'on se crovait fsrt obligé au ministre de ce qu'il ne faisait pas mettre quelqu'un en prison tous ies nuit jours, -et que «ChapeUm admirait surtout œ grand événement. »

Ce Chapelain, dont le nom est devenu ai ridicule, pouvait, .tant qu'il voulait, admirer servilement cet abus du pouvoir, La maison de Vendôme avait des amis dans le parlement, qui n'admiraient point du tout une telle conduite, et qui excitaient toujours la compagnie contre le ministre.

La bataille de Lens, gagnée par le prince de Coudé, enhardit la cour à se venger enfin du parlement, un fit arrêter le président Potier de iBlancménil *, le conseiller Brousse!, et on envoya saisir plusieurs autres magistrats qui échappèrent.

Broussel était un vieillard de soixante et trente ans, vénérable et cher au peuple par ses cheveux blancs, et parce qu'il logeait daas un quartier rempli de populace, mais plus encore parce qu'il -était l'instrument des chefs de parti dans le parlement, qui mettaient toujours dans sa bouche ce qu'ils avaient dans l'esprit; il proposait les avis les plus hardis, et croyait les avoir imaginés.

Quand on eut enlevé ce vieillard, la populace se souleva comme si on lui avait arraché son père. Ellene fut excitée par aucun homme considérable; la servante de Broussel commença l'émeute, et fut la première cause des Barricades. Les bourgeois se joignirent au peuple, le parlement aux bourgeois : et bientôt après une partie de ceux qu'on appelait grands alors s'unit au parlement.

Le lendemain de l'enlèvement des magistrats et de l'émotion du peuple fut la journée des Barricades. Le peuple renouvela ce qu'il avait fait sous Henri m, mais avec encore plus d'emportement et plus d'effusion de sang. Le cardinal de Retz, alors simple coadjnleur de l'archevêque de Paris, se vante, dans ses Mémoires, d'avoir été Tunique auteur de cette sédition mémorable, qui commença laguecre civile ; il y eut sans doute une très-grande part

1. Hicolae Potier de Notion de BlaneménU, reçu président A mortier en 1645, devint, en 1678, premier président du parlement de Paris. U fut membre de l'Académie française.

Page 1