‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 217 sur 257 · DU PARLEMENT S 01' S LB RÈGNE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

DU PARLEMENT S 01' S LB RÈGNE DE LOUIS XIV

est permis de s'en attribuer, et les cas où il leur est défendu de prendre ces émoluments.

R y eut enfin un cède certain, du moins pour la manière de procéder, car cette de juger est toujours restée trop arbitraire en matière civite et criminelle.

Bonis XIV n'eut à* se plaindre ni d'awemn parlement, ni d'aucun corps dans le cours de son long régne-, depuis qu'il tint tes rêne* du gouvernement.

IF est ^remarquer que dans sa longue querelle avec te fier pape Qâescafcnr, Innocent XI, laquelle dura sept années4, depuis 1680 jusqu'à la mort de ce pontife, les parlements et le clergé soutinrent à Fenvi tes droit» de la couronne contre tes entreprises- de Rome : concert heureux qu'on n'avait pas vu depuis Louis XH. Le parlement même parut três^disposé à- délivrer entièrement la nation d» joug de l'Église romaine, joug qu'il a toujours seeouér mais qu'il n'avait jamais brisé.

L'avocat général Talon et le procureur général Barlàr, eu appehrntcomme d'abus eTune bulte oTinnoeent XI, en 1 W7, firent assez conaraitre combien il était aisé que la France demeurât unie avec la châtre de* Rome dans le dogme, et en fut absolument séparée dans tout le reste.

I^es évoques n'allaient pas jusque-là; mais c'était beaucoup que le clergé, animé par le grand Bessuet, démentît solennellement, en 1682, la doctrine du cardinal Duperron, qui avait prévalu si maiheureusement dans les états de 1*614.

Ce clergé, devenu plus citoyen que romain, s'expliqua* ainsi dans quatre propositions mémorables :

î. Dieu n'a donné à Pierre et à ses successeurs aucune puissance, nf directe ni indirecte, sur les choses temporelles.

£ L'Église gallicane approuve le concile de Constance, qui déclare les conciles généraux supérieurs au pape dans le spirituel.

5. Les régies, les usages, les pratiques, reçus dans le royaume •tdana l'Église gallicane, doivent demeurer inébranlables.

4. Les décinenv du pape en matière de foi ne sent sures qu'après que l'Église les a acceptées.

1. La querelle de la régale avait commencé en 1678, et ne s'apaisa que sous Innocent XII, en 1695. Innocent XI étant mort en 1689, la querelle a donc duré •use ans avec lui*

Ces quatre décisions n'étaient à la vérité que quatre boucliers contre des agressions innombrables; et même, quelques années après, Louis XIV, se croyant assez puissant pour négliger ces armes défensives, permit que le clergé les abandonnât, et la plupart des mêmes évêques qui s'en étaient servis contre Innocent XI en demanderait pardon à Innocent XII; mais le parlement, qui ne doit connaître que la loi et non la politique, les a toujours conservées avec une vigueur inflexible.

Il n'eut pas la môme inflexibilité au sujet de l'affaire ridicule et presque funeste de la bulle Unigenitus, envoyée de Rome en 171% bulle qu'on savait assez avoir été fabriquée à Paris par trois je* suites1 ; bulle qui condamnait les maximes les plus reçues, et même les plus inviolables. Qui croirait que jamais des chrétiens eussent pu condamner cette proposition : • Il est bon de lire des livres de piété le dimanche, surtout la sainte Écriture » ; et celle-ci : t La crainte d'une excommunication injuste ne doit pas nous empêcher de faire notre devoir1 1?

Mais par amour de la paix le parlement l'enregistra, Tan 1714. Ce fut à la vérité en la détestant, et en tâchant de l'affaiblir par toutes les modifications possibles. Un tel enregistrement était plutôt une flétrissure qu'une approbation.

Le roi voulait qu'on enregistrât ses édits, et qu'après on fit des remontrances par écrit, si on voulait. Le parlement ne remontra rien.

Louis XIV, satisfait de la soumission apparente du parlement, le rendit bientôt après dépositaire de son testament, qui fut enfermé dans une chambre bâtie exprès. Il ne prévoyait pas que son testament serait cassé unanimement par ceux mêmes à qui il le confiait, et cependant il devait s'y attendre, pour peu qu'il eût réfléchi aux clauses qu'il contenait ; mais il avait été si absolu qu'il crut devoir l'être encore après sa mort.

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