OPÉRATIONS DE LASS, RUIHE DE L'ÉTAT
prendre ses fonctions, en lui faisant espérer le rappel des exilés : on obéit, et tout rentra dans Tordre pour quelque temps.
Le parlement de Bretagne écrivit une lettre de condoléance à celui de Parie, et envoya au roi des remontrances sur l'enlèiement dès trois magistrats. Le duc d'Orléans comneaçail alors à soupçwiner que la laction du duc du Maine, fomentée en Espagne par le cardinal Alberoni, avait déjà en Bretagne beaucoup de partisan ? mais cela ne l'empêcha pas de rendreJa liberté aux trois memktes arrêtée : sa fermeté fut toujours accompagnée d'indulgence*
L'ÉCOSSAIS LASS CONTRÔLEUR GÉNÉRAL; 8ES OPÉRATIONS, RUINE DB l'ÉJAT.
Quiconque veut s'instruire remarquera que, dans la minorité de Louis XIV, l'objet le plus mince arma le parlement de Paris et produisit une guerre civile; mais que, dans la minorité de Louis XV la subversion de l'État ne put causer le moindre tumulte. La raison en est palpable. Le cardinal de Richelieu avait aigri tous les esprits, et ne les avait pas abaissés. Il y avait encore des grands» et tout respirait la faction à la mort de Louis XIII. Ce. fut tout le contraire à la mort de Louis XIV. On était façonné au joug, il y avait très-peu d'hommes puissants. Une raison beaucoup plus forte encore,, c'est que le système de Lass, en excitant la cupidité de tous les citoyens, les rendait insensibles à tout le reste. Le prestige se fortifia de jour en jour. La conspiration du prince de Cellamaré, ambassadeur d'Espagne, découverte à Paris en 1719, la prison et l*exil de set adhérents, la guerre bientôt après déclarée au roi d'Espagne, ne servirent dans Paris qu'à Fentreiien de quelques nouvellistes oisifit qui n'avaient pas de quoi acheter des actions. Le régent avait-il besoin de cinquante millions pour soutenir la guerre, Lass les faisait avec du papier.
Cet Écossais, qui s'était fait catholique, mais qui ne s'était pas fait, naturaliser légalement, fut déclaré enfin contrôleur général des finances ', le décret de prise de corps décerné contre lui par le parlement subsistant toujours.