‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 231 sur 257 · décembre 17». {Note de Voltaire · texte numérisé non relu

décembre 17». {Note de Voltaire

du parlement sous le ministère dubois. 517

cardinal de Noailles se rétracta solennellement, Rome M contente, le parlement revint à Paris * Dubois fut bientôt après cardinal et premier ministre; et pendant son ministère tout fut ridicule et tranquille.

L'excès de ce ridicule fut porté au point que l'assemblée du clergé ée 1721 donna publiquement à un savetier1 une pension pour avoir crié dans son quartier en faveur de la bulle Vnigenihu.

11 y a seulement à remarquer que lorsque Dubois fut cardinal et premier ministre, en 4722, le duc d'Orléans lui fit prendre la première place après les princes du sang au conseil du roi. Les cardinaux de Richelieu et de Mazarin avaient osé précéder les princes, mais ces exemples odieux n'étaient plus suivis, et c'était beaucoup que les cardinaux, qui n'ont qu'une dignité étrangère, siégeassent avant les pairs du royaume, les maréchaux de France et le chancelier, qui appartiennent à la nation. Le jour que Dubois vint prendre séance1, le duc de Noailles, les maréchaux de Villeroi et de Yillars, sortirent, le chancelier d'Âguesseau s'absenta. On négocia selon la coutume; chaque parti fit des mémoires. Le chancelier et le duc de Noailles tinrent ferme. D'Âguesseau soutint mieux les prérogatives de sa place contre Dubois qu'il n'en avait maintenu la dignité lorsqu'il revint à Paris à la suite de l'Écossais La&s* Le résultat fut qu'on l'envoya une seconde fois à sa terre de Frêne; et il eut alors si peu de considération qu'il ne fut pas même rappelé sous les ministères suivants, qu'il ne reparut à la cour que sous le cardinal de Fleury, et ne reprit les sceaux qu'en 1737, dix, ans après son rappel.

Pour le duc de Noailles, le cardinal Dubois eut le plaisir de l'exiler pour quelque temps dans la petite ville ou bourg de Brive-la* Gaillarde en Limousin. Dubois étais fils d'un apothicaire de Brive-la- Gaillarde. Le duc de Noailles ne l'avait épargné ni sur sa patrie ni sur sa naissance, et le cardinal lui rendit ses plaisanteries en le confinant auprès de la boutique de son père.

Après Dubois, qui mourut en philosophe5, et qui était après tout un homme d'esprit, le duc d'Orléans, qui lui ressemblait par ces deux côtés, daigna être premier ministre lui-même. Il ne perse*

i U s'appelait Notelet. {Note de VoUaire.) 2. 22 février 172*. (M.) < 8. C'est-à-dire tans les sacrements de l'Église; voyez page SIC

euta personne pour la bulle ; le parlement n'eut anse lui démêlé.

Le due de Bourbon-Condé succéda au duc régent dans le ministère; mais l'abbé Fleury, ancien évêque de Fréjus, depuis cardinal, gouverna despoiiquement les affaires ecclésiastiques. U persécuta sourdement tant que le due de Bourbon fut ministre; mm dès qu'il fut venu à bout de le renvoyer, il persécuta hautement, quoiqu'il affectât de k douceur dans sa conduite.

DU PâRLEMEHT SOUS LE MINISTERE BU DUC DE BOTOBOW.

Le duc de Bourbon ne fut premier ministre que parce que, immédiatement après h* mort du duc d'Orléans, il monta par un escalier dérobé chez le roi, à peine majeur, lui apprit la mort de ce prince1, lui demanda la place, et obtint nn oui que l'évoque de Fréjus, Fleury, n'osa pas faire changer en refus. L'État fut alors gouverné par la marquise de Prie», fille d'un entrepreneur des vivres nommé Pléneuf, et par un des frères Paris*, autrefois entrepreneur des vivres, qui s'appelait Pâris-Duverney» La marquise de Prie était une jeune femme de vingt-quatre ans, aimée du duc de Bourbon. Pàris-Duverney avait de grandes connaissances en finances ; il était devenu secrétaire du prince ministre4. Ce fat lui qui imagina de marier le jeune roi à la fille de Stanislas Lecxmski, Miré à Weissembourg après avoir perdu le royaume de Pologne, que Charles XII lui avait donné. Les finances n'étaient pas rétablies, il fallut des impôts. Duverney proposa le cinquantième en nature sur tous les fonds nobles, roturiers et ecclésiastiques, une taxe pour le joyeux avènement dn roi. une autre appelée la ceinture de la reine,

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