DU PARLEMENT, DES CONVULSIONS, ETC. 5*T
perait le jansénisme. U engageait les curés de son diocèse à refuser la communion qu'on appelle le viatique, et qui signifie provision de voyage, aux mourants qui avaient appelé de la bulle et qui s'étaient confessés à des prêtres appelants ; et, conséquemment à ce refus de communion, on devait priver les jansénistes reconnu* de la sépulture. Il y a eu des nations chez lesquelles ce refus de la sépulture était un crime du dernier supplice; et dans les lois ée tous les peuples, le refus des derniers devoirs aux morts est tu* inhumanité punissable.
1 Le curé de la paroisse de Saint-Étienne du Mont, qui était un chanoine de Sainte-Geneviève, nommé frère Botiin *, refusa d'administrer un fameux professeur de l'Université, successeur du célèhre Rollin.
L'archevêque de Paris ne s'apercevait pas qu'en voulant forcer ses diocésains à respecter la bulle, il les accoutumait à ne pas respecter les sacrements. Cofûn mourut sans être communié ; on fit difficulté de l'enterrer, et son neveu, conseiller au Chatelet, força enfin le curé de lui donner la sépulture ; mais ce même conseiller, étant malade à la mort* six mois après, à la fin de l'année 1750, fut puni d'avoir enterré son oncle. Le même Boitin lui refusa l'eucharistie et les huiles, et lui signifia qu'il ne serait ni communié, ni oint, ni enterré, s'il ne produisait un biUet par lequel il fût certifié qu'il avait reçu l'absolution d'un prêtre attaché à la constitution. Ces billets de confession commençaient à être mis en usage par l'archevêque. Cette innovation tyrannique était regardée par tous les esprits sérieux comme un attentat contre la société civile. Les autres n'en voyaient que le ridicule, et le mépris pour l'archevêque retombait malheureusement sur la religion. Le parlement décréta le séditieux curé, l'admonéta, le condamna à l'aumône, et le fit mettre pendant quelques heures à k Conciergerie s.
Le parlement fit au roi plusieurs remontrances, très-approuvée* de la nation, pour arrêter le cours des innovations de l'archevêque.
1. Sur les querelles du parlement et du clergé, de 1750 A 1762, voie* le chapitre xxxvi du Précis du Siècle de Louis XV.
2. U est nommé Bouettin à la page 331 de la Suite du supplément au nécrologe des défenseurs de la vérité% faisant le tome Y de la collection. (B.)