DU PARLEMENT, DES CONVULSIONS, ETC
classaient par la mort des misérables. Plus de charité quand l'esprit de parti domine. Lés pauvres moururent en foule, on n'y pensait pas; et les virants se déchiraient pour des inepties.
Le roi fit porter s à chaque membre du parlement des lettres de jussion par ses mousquetaires. Les magistrats obéirent en effet : ils reprirent leurs séances; mais les avocats n'ayant point reçu de lettres de cachet, ne parurent point au barreau. Leur fonction est libre. Us n'ont point acheté leurs places. Ils ont le droit de plaider et le droit de ne plaider pas. Aucun d'eux ne parut Leur intelligence avec le parlement irrita la cour de plus en plus. Enfin les avocate plaidèrent, les procès furent jugés comme à l'ordinaire, et tout parut oublié.
Le frère Boit in, curé de Saint-Étienne du Mont, renouvela les querelles et les plaisanteries de Paris ; il refusa la communion et L'extrême-onction à un vieux prêtre nommé l'abbé Le Maire *, qui avait soutenu le parti janséniste du temps de la bulle Unigenitus, et qui Favait très-mal soutenu. Voilà frère Boitin décrété encore d'ajournement personnel. Voilà les chambres assemblées pour faire donner l'extrême-onction à l'abbé Le Maire, et invitation faite par un secrétaire de la cour à l'archevêque pour venir prendre sa place au parlement. L'archevêque répond qu'il a trop d'affaires spirituelles pour aller juger, et que ce n'est que par son ordre qu'on a refusé de donner la communion et les huiles au prêtre Le Maire. Les chambres restèrent assemblées jusqu'à minuit. Il n'y avait jamais eu d'exemple d'une telle séance. Frère Boitin fut encore' condamné à l'aumône, et le parlement ordonna à l'archevêque de ne j>tu$ commettre de scandale. Le procureur général, le dimanche des Rameaux, va, par ordre du parlement, exhorter l'archevêque à donner les huiles à l'abbé Le Maire, qui se mourait ; le prélat le laissa mourir, et courut à Versailles se plaindre au roi que le parlement mettait la main à l'encensoir. Le premier président de Maupeou court de son côté à Versailles'; il avertit le roi que le schisme se déclare en France , que l'archevêque trouble l'État, que les esprits sont dans la plus grande fermentation; il conjure le roi de faire cesser les troubles. Le roi lui
t. 28 novembre 1751. (Note de Voltaire.)
2. 20 mars 1752. (/ci.) — On Ut : Leraère, dans l'ouvrage cité note 2 de la p. S27.
fc 15 avril 1752. {Note de Voltaire.)
remet entre les mains un paquet cacheté, peur rouvrir dans les chambres assemblées. Les chambrer '^semblent; en lit récrit signé du roi, qui ordonne que les procédures contre Boitin seront annulées. Le parlement, à cette lecture, décrète Boitin de prise de corps, et Tenvoie saisir par des huissiers. Le enté s'éctoappe. Le roi casse le décret de prise de corps. Le premier président de Maupeou, avec plusieurs députés, porte au roi les remontrances les plus amples et les plus éloquentes qu'on eût encort Hites sur le danger du schisme, sur les abus de la religion, but l'esprit d'incrédulité et d'indépendance que toutes ces iuettieerenaes querelles répandaient sur la nation entière, un lui répondit des choses vagues, selon l'usage.
Le lendemain â, le parlement se rassemble : il rend un arfét célèbre par lequel il déclare qu'il ne cessera point de réprimer te scandale; que la constitution de la bulle VnigtnUm n'est point ta article de foi, et qu'on ne doit peint soustraire les accusés ans poursuites de la justice. On acheta dans Paris plus de dk nulle exemplaires de cet arrêt, et tout le monde disait : Voilà mon biikt de confession.
Comme le théatin Boyer avait fait donner le siège de Paris à m prélat constitutionnaire V ce prélat avait aussi donné les cuies a des prêtres du même parti. H ne restait plus que sept à huit curés attachés à l'ancien système de l'Église gallicane.
L'archevêque ameute les censtitutionnaires, signe et envoie au roi une requête en faveur des billets de confession contre les arrêts du parlement : aussitôt les chambres assemblées décrètent le curé de Saint-Jean-en-Grève, qui a minuté la requête ; le conseil casse le décret, et maintient le curé. Le parlement cesse encore ses fonctions, et ne rend plus la justice que contre les cuvés. On nwt en prison des porte-Dieu, comme si ces pauvres porte-fiteu étaient les maîtres d'aller porter Dieu sans le concours du curé de la paroisse.
De tous côtés on portait des plaintes au parlement ds rems de sacrements. Un curé du diocèse de Langres, en communiant pebfrquement deux filles accusées de jansénisme, leur avait dit: « il