DÉSASTRES DE CHARLES-ALBERT
lettre devait produfre : en premier lieu elle rejetait évidemment tout le reproche de la guerre sur le général chargé de négocier avec le comte de Kœnigseck, et ce n'était pas rendre la négociation facile que de rendre sa personne odieuse; en second lieu, elle avouait de la faiblesse dans le ministère, et c'eût été bien mal connaître les hommes que de ne pas prévoir qu'on abuserait de cette faiblesse, que les alliés de la France se refroidiraient, et que ses ennemis s'enhardiraient. Le cardinal, voyant sa lettre imprimée, en écrivit une seconde dans laquelle il se plaint au général autrichien de ce qu'on a publié sa première lettre, et lui dit « qu'il ne lui écrira plus désormais ce qu'il pense ». Celte seconde lettre lui fit encore plus de tort que la première. II les fit désavouer toutes deux dans quelques papiers publics ; et ce désaveu, qui ne trompa personne, mit le comble à ses fausses démarches, que les esprits les moins critiques excusèrent dans un homme de quatre-vingt-sept ans1, fatigué des mauvais succès. Enfin l'empereur bavarois fit proposer à Londres des projets de paix, et surtout des sécularisations d evéchés en faveur d'Hanovre. Le ministère anglais ne croyait pas avoir besoin de l'empereur pour les obtenir. On insulta à ses offres en les rendant publiques, et l'empereur fut réduit à désavouer ses offres de paix comme le cardinal de Fleury avait désavoué la guerre.
La querelle s'échauffa plus que jamais. La France d'un côté, l'Angleterre de l'autre, parties principales en effet sous le nom d'auxiliaires, s'efforcèrent de tenir la balance a main année La maison de Bourbon fut obligée, pour la seconde fois, de tenir tête à presque toute l'Europe.
Le cardinal de Fleury, trop âgé pour soutenir un si pesant fardeau, prodigua à regret les trésors de la France dans cette guerre entreprise malgré lui, et ne vit que des malheurs causés par des fautes. If n'avait jamais cru avoir besoin d'une marine : ce qui restait à la France de forces maritimes fut absolument détruit par les Anglais, et les provinces de France furent exposées. L'empereur que la France avait fait fut chassé trois fois de ses propres États
Les armées françaises furent détruites en Bavière et en Bohème «ans qu'il se donnât une seule grande bataille ; et le désastre fut au
L Lisez quatre-vingt-neuf ans; voyez les notes, pages 54 et 54.
point qu'une retraite dont oo avait besoin, et qui paraissait imprati» cable, fut regardée comme un bonheur signalé. (Décembre 1742) Le maréchal de Belle-Isle sauva le reste de l'armée française assiégée dans Prague1, et ramena environ treixe mâle hommes de Prague à Ëgra, par une route détournée de trente-nuit lieues, au milieu des glaces, et à la vue des ennemis1. Enfin la guerre fut reportée du fond de l'Autriche au Rhin.
(29 janvier 1743) Le cardinal de Fleury mourut au village d'ïssy, au milieu de tous ces désastres, et laissa les affaires de la guerre, de la marine, de la finance et de la politique, dans une crise qui altéra la gloire de son ministère, et non la tranquillité de son âme.
Louis XV prit dès lors la résolution de gouverner par lui-même5, et de se mettre à la tête d'une armée. Il se trouvait dans la même situation où fut son bisaïeul dans une guerre nommée, comme celleci, la guerre de la Succession.
Il avait à soutenir la France et l'Espagne contre les mêmes ennemis, c'est-à-dire contre l'Autriche, l'Angleterre, la Hollande et la Savoie. Pour se faire une idée juste de l'embarras qu'éprouvait le roi, des périls où l'on était exposé, et des ressources qu'il eut, il faut voir comment l'Angleterre donnait le mouvement à toutes ces secousses de l'Europe.
COKDUITB DE L'ANGLETERRE, DE L'ESPAGNE, DU ROI DE SÀRDAIGME, DES PUISSANCES D'ITALIE. BATAILLE DE TOULON4.
On sait qu'après l'heureux temps de la paix d'Utrecht, les Anglais» qui jouissaient de Minorque et de Gibraltar en Espagne, avaient encore obtenu de la cour de Madrid des privilèges que les Français
1. La sortie de Pragne eut lien dans la nuit du 16 au 17 décembre 1742.
% Voltaire mettait cette retraite de Prague au-dessus de la retraite des dû mille : voyez, dans le Dictionnaire philosophique, l'article Xénopuon, in fine.
5. G'est-à-dire qu'il n'eut pas de premier ministre. Mais il s'inspira du cardinal de Tencin, de Noailles, et du duc de Richelieu. De là nulle unité dans la politique française. (G. A.)
4. Ce sommaire est celui de l'exemplaire dont j'ai parlé dans mon Avertissement. Dans toutes les éditions il y a: «Conduite de l'Angleterre. Ce que fit le prince de Gontl en Italie. » (B.)
ses défenseurs n'avaient pas. Les commerçants anglais allaient tendre aux colonies espagnoles les nègres qu'ils achetaient en Afrique pour être esclaves dans le nouveau monde. Des hommes, vendus par d'autres hommes moyennant trente-trois piastres par tète qu'on payait au gouvernement espagnol, étaient un objet de gain considérable : car la compagnie anglaise, en fournissant quatre mille huit cents nègres, avait obtenu encore de vendre les huit cents sans payer de droits ; mais le plus grand avantage des Anglais, à l'exclusion des autres nations, était la permission dont cette compagnie jeuit, dès 1716, d'envoyer un vaisseau à Porto-Bello.
Ce vaisseau, qui d'abord ne devait être que de cinq cents tonneaux, lut, en 1717, de huit cent cinquante par convention, mais en effet de mille par abus : ce qui faisait deux millions pesant de marchandises. Ces mille tonneaux étaient encore le moindre objet de ce commerce de la compagnie anglaise ; une patache qui suivait toujours le vaisseau, sous prétexte de lui porter des vivres, allait et venait continuellement ; elle se chargeait dans les colonies anglaises des effets qu'elle apportait à ce vaisseau, lequel, ne se désemplissant jamais, par cette manœuvre, tenait lieu d'une flotte entière. Souvent même d'autres navires venaient remplir le vaisseau de permission, et leurs barques allaient encore sur les côtes de l'Amérique porter des marchandises dont les peuples avaient besoin, mais qui faisaient tort au gouvernement espagnol, et même à toutes les nations intéressées au commerce qui se fait des ports d'Espagne au golfe du Mexique. Les gouverneurs espagnols traitèrent avec rigueur les marchands anglais, et la rigueur se pousse toujours trop loin.
Un patron de vaisseau, nommé Jenkins, vint, en 1739, se présenter à la chambre des communes. C'était un homme franc et simple, qui n'avait point fait de commerce illicite, mais dont le vaisseau avait été rencontré par un garde-côte espagnol dans un parage de l'Amérique où les Espagnols ne voulaient pas souffrir de navires anglais. Le capitaine espagnol avait saisi le vaisseau de Jenkins, mis l'équipage aux fers, fendu le nez et coupé les oreilles m patron. En cet état Jenkins se présenta au parlement : il raconta son aventure avec la naïveté de sa profession et de son caractère. • Messieurs, dit-il, quand on m'eut ainsi mutilé, on me menaça de la mort ; je l'attendis ; je recommandai mon âme à Dieu, et ma vengeance à ma patrie. » Ces paroles, prononcées naturellement,
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excitèrent un cri de pitié et d'indignation dans l'assemblée. Le peuple de Londres criait à la porte du parlement r La mer libre ou la guerre ! On n'a peut-être jamais parlé avec plus de véritable éloquence qu'on parla sur ce sujet dans le parlement d'Angleterre, et je ne sais si les harangues méditées qu'on prononça autrefois dans Athènes et dans Rome, en des occasions à peu près semblables, l'emportent sur les discours non préparés du chevalier Windham, du lord Carteret, du ministre Robert Walpole, du comte de Chesterfield, de M. Pultney, depuis comte de Bath. Ces discours, qui sont l'effet naturel du gouvernement et de l'esprit anglais, étonnent quelquefois les étrangers, comme les productions d'un pays qui sont à vil prix sur leur terrain sont recherchées précieusement ailleurs. Mais il faut lire avec précaution toutes ces harangues où l'esprit de parti domine. Le véritable état de la nation y est presque toujours déguisé. Le parti du ministère y peint le gouvernement florissant ; la faction contraire assure que tout est en décadence : l'exagération règne partout, f Où est le temps, s'écriait alors un membre du parlement, où est le temps où un ministre de la guerre disait qu'il ne fallait pas qu'on osât tirer un coup de canon en Europe sans la permission de l'Angleterre ? »
Enfin le cri de la nation détermina le parlement et le roi. On déclara la guerre à l'Espagne dans les formes à la fin de l'année
La mer fut d'abord le théâtre de cette guerre, dans laquelle les corsaires des deux nations, pourvus de lettres patentes, allaient en Europe et en Amérique attaquer tous les vaisseaux marchands, et ruiner réciproquement le commerce pour lequel ils combattaient. On en vint bientôt à des hostilités plus grandes.
(Mars 1740) L'amiral Yernon pénétra dans le golfe du Mexique, y attaqua et prit la ville de Porto-Bello * , l'entrepôt des trésors du
1. La prise de Porto-Bello, par Vernon, est du 1* décembre 1739, nouveau style, qui n'était pas encore adopté par les Anglais, et du 20 novembre, suivant l'ancien calendrier. Dans V Histoire de la guerre de 1741, on lit, chapitre v : « L'amiral Vernon pénétra, en 1740, dans le golfe du Mexique. » Dans l'édition de 1768 du Préc'i8t et dans toutes celles qui ont des additions marginales, on lit : « mars, 1740. • Les journaux ne parlèrent qu'en mars 1740 des événements arrivés à Porto-Bello en décembre 1739 ; et Voltaire a pris par mégarde la date des journaux pour celle des événements. (B.)
nouveau monde, la rasa et en fît un chemin ouvert par lequel let Anglais purent exercer à main armée le commerce autrefois clandestin qui avait été le sujet de la rupture. Cette expédition fut regardée par les Anglais comme un des plus grands services rendus à la nation. L'amiral fut remercié par les deux chambres du parlement.: elles lui écrivirent ainsi qu'elles en avaient usé avec le duc de Marlborough après la journée d'Hochstedt. Depuis ce temps, les actions de leur compagnie du Sud augmentèrent, malgré les dépenses immenses de la nation. Les Anglais espérèrent alors de conquérir l'Amérique espagnole. Us crurent que rien ne résisterait à l'amiral Vernon ; et lorsque, quelque temps après, cet amiral alla mettre le siège devant Garthagène, ils se hâtèrent d'en célébrer la prise : de sorte que, dans le temps même que Yernon en levait le siège, ils firent frapper une médaille où Ton voyait le port et les environs de Carthagéne avec cette légende : Il a pris Carthagéne ; le revers représentait l'amiral Vernon, et on y lisait ces mots : Au vengeur de sa patrie. Il y a beaucoup d'exemples de ces médailles prématurées qui tromperaient la postérité, si l'histoire, plus fidèle et plus exacte, ne prévenait pas de telles erreurs.
La France, qui n'avait qu'une marine faible, ne se déclarait pas alors ouvertement ; mais le ministère de France secourait les Espagnols autant qu'il était en son pouvoir.
On était en ces termes entre les Espagnols et les Anglais, quand la mort de l'empereur Charles VI mit le trouble dans l'Europe. On a vu ce que produisit en Allemagne la querelle de l'Autriche et de la Bavière. L'Italie fut aussi bientôt désolée pour cette succession autrichienne. Le Milanais était réclamé par la maison d'Espagne. Parme et Plaisance devaient revenir par le droit de naissance à un des fils de la reine, née princesse de Parme. Si Philippe V avait voulu avoir le Milanais pour lui,, il eût trop alarmé l'Italie. Si Ton eût destiné Parme et Plaisance à don Carlos, déjà maître de Naples et de Sicile* trop d'États réunis sous un même souverain eussent encore alarmé les esprits. Don Philippe, puîné de don Carlos, fut le premier auquel on destina le Milanais et le Parmesan. La reine de Hongrie, maîtresse du Milanais, faisait ses efforts pour s'y maintenir. Le roi de Sardaigne, duc de Savoie, revendiquait ses droits sur cette province ; il craignait de la voir dans les mains de la
m CHAPITRE yilL
maison de Lorraine entée sur la maison d'Autriche, qui, possédant à hi fois le Milanais et la Toscane, pourrait un jour lui ravir les terres qu'on lui avait cédées par les traités de 1757 et 1738 ; mais il craignait encore davantage de se voir pressé par la France et par un prince de la maison de Bourbon, tandis qu'il voyait un autre prince de cette maison maître de Naples et de Sicile.
Il 9e résolut, dés le commencement de 1742, à s'unir avec la reine de Hongrie sans s'accorder dans le fond avec elle. Ils se réunissaient seulement contre le péril présent ; ib ne se faisaient point d'autres avantages : le roi de Sardaigne se réservait même de prendre, quand il voudrait, d'autres mesures. C'était un traité de deux ennemis qui ne songeaient qu'à se défendre d'un troisième. La cour d'Espagne envoya l'infant don Philippe attaquer le duc roi de Sardafgne, qui n'avait voulu de lui ni pour ami ni pour voisin. Le cardinal de Fleury avait laissé passer don Philippe et une partie de son armée par la France, mais il n'avait pas voulu lui donner de troupes.
On fait beaucoup dans un temps, on craint de faire même peu dans un autre. La raison de cette conduite était qu'on se flattait encore de regagner le roi de Sardaigne, qui laissait toujours des espérances.
On ne voulait pas d'ailleurs alors de guerre directe avec les Anglais, qui l'auraient infailliblement déclarée. Les révolutions des affaires de terre, qui commençaient alors en Allemagne, ne permettaient pas de braver partout les puissances maritimes. Les Anglais s'opposaient ouvertement à l'établissement de don Philippe en Italie, sous prétexte de maintenir Féqnilibre de l'Europe.
Cette balance, bien ou mal entendue, était devenue la passion du peuple anglais ; mais un intérêt plus couvert était le but du ministère de Londres. Il voulait forcer l'Espagne à partager le commerce du nouveau monde : il eût, à ce prix, aidé don Philippe à passer en Italie, ainsi qu'il avait aidé don Carlos en 1731. Mais la cour d'Espagne ne voulait point enrichir ses ennemis à ses dépens, et comptait établir don Philippe dans ses États.
Dès le mois de novembre et de décembre 1741, la cour d'Espagne avait envoyé par mer plusieurs corps de troupes en Italie, sous la conduite du duc de Montemar, célèbre par la victoire de Bitonto et «nsuite par sa disgrâce. Ces troupes avaient débarqué succes-
areroent sur les côtes de la Toscane et dans les ports qu'on appelle l'État degli presidj, appartenant à la couronne des Deux- Siciles. U fallait passer sur les terres de la Toscane. Le grand-doc, «ari de la reine de Hongrie, fut obligé de leur accorder le passage, et de déclarer son pays neutre. Le duc de Alodène, marié à la fille dtdocd'Orléatts, régent de France, se déclara neutre aussi. Le pape Benoît XIV, sur les (erres de qui l'armée espagnole devait passer dm ces conjonctures, ainsi que celle des Autrichiens, embrassa la néne neutralité à meilleur titre que personne, en qualité de père cemnun des princes et des peuples, tandis que ses enfants vivaient à discrétion sur son territoire.
De nouvelles troupes espagnoles arrivèrent par la voie de Gènes. Cette république se dit encore neutre, et les laissa passer. Vers ce temps-là même, le roi de Naples embrassait la neutralité, quoiqu'il s'agit de la cause de son père et de son frère ; mais de tous ces potentats neutres en apparence, aucun ne Tétait en effet
A Tégard de la neutralité du roi de Naples, voici quelle en fut la nte. On fut étonné, le 18 auguste, de voir paraître à la vue du port de Naples une escadre anglaise composée de six vaisseaux de Huante canons, de six frégates, et de deux galiotes à bombes. Le capitaine Martin, depuis amiral, qui commandait cette escadre, ®*oya à terre un officier avec une lettre au premier ministre, qui partait en substance qu'il {allait que le roi rappelât ses troupes de Tannée espagnole, ou que l'on allait dans l'instant bombarder la ville. On tint quelques conférences ; le capitaine anglais dit enfin, «n mettant sa montre sur le tiilac, qu'il ne donnait qu'une heure pour se déterminer. Le port était mal pourvu d'artillerie ; on n'avait point pris les précautions nécessaires contre une insulte qu'on n'attendait pas. On vit alors que l'ancienne maxime : Qui est maître de fe «er VeU de la terre, est souvent vraie. On fut obligé de promettre tat ce que le commandant anglais voulait, et même il fallut le tarir jusqu'à ce qu'on eût le temps de pourvoir à la défense du W et du royaume.
Les Anglais eux-mêmes sentaient bien que le roi de Naples ne PKvait pas plus garder en Italie cette neutralité forcée que le roi ^'Angleterre s'avait gardé la sienne en Allemagne.
(Décembre 1745) L'armée espagnole, commandée par le duc de ïtontemar, venue en Italie pour soumettre la Lombardie, se retirait
alors vers les frontières du royaume de Naples, toujours pressée | par les Autrichiens. Alors le roi de Sardaigne retourna dans te, Piémont et dans son duché de Savoie, où les vicissitudes de k*\ guerre demandaient sa présence. L'infant don Plûlippe avait ett.i vain tenté de débarquer à Gênes avec de nouvelles troupes. Les es*i! cadres d'Angleterre l'en avaient empêché; mais il avait pénétré paftj terre dans le duché de Savoie, et s'en était rendu maître. C'est unjj pays presque ouvert du côté du Dauphiné. Il est stérile et pauvre^ Ses souverains en retiraient alors à peine quinze cent mille livret^ de revenu. Charles-Emmanuel, roi de Sardaigne et duc de SavoiaJI l'abandonna pour aller défendre le Piémont, pays plus impor*i tant. <i
On voit par cet exposé que tout était en alarmes, et que toute*, les provinces éprouvaient des revers du fond de la Silésie «I fond de l'Italie. L'Autriche n'était alors en guerre ouverte qu'aval la Bavière, et cependant on désolait l'Italie. Les peuples du Mil** nais, du Mantouan, de Parme, de Modène, de Guastalla, regarj daient avec une tristesse impuissante toutes ces irruptions i toutes ces secousses, accoutumés depuis longtemps à être le pri du vainqueur, sans oser seulement donner leur exclusion et leti suffrage. <
La cour d'Espagne fit demander aux Suisses le passage par leti territoire, pour porter de nouvelles troupes en Italie; elle fï refusée. La Suisse vend des soldats à tous les princes, et défefl son pays contre eux. Le gouvernement y est pacifique, et 1$ peuples guerriers. Une telle neutralité fut respectée. Venise, m son côté, leva vingt mille hommes pour donner du poids à II sienne. <
11 y avait dans Toulon une flotte de seize vaisseaux espagnol* destinée d'abord pour transporter don Philippe en Italie ; mais* avait passé par terre, comme on a vu. Elle devait apporter dl provisions à ses troupes, et ne le pouvait, retenue continuellemei dans le port par une flotte anglaise qui dominait dans la Médites ranée, et insultait toutes les côtes de l'Italie et de la Provence. Lf canonniers espagnols n'étaient pas experts dans leur art : on W| exerça dans le port de Toulon pendant quatre mois, en les faisaflj tirer au blanc, et en excitant leur émulation et leur industrie Jfà des prix proposés. 1