‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 30 sur 257 · PREMIERE GAHPAGNE DE LOUIS XV · texte numérisé non relu

PREMIERE GAHPAGNE DE LOUIS XV

leurs les plus vives. U mourut dans des tourments intolérables, regretté des officiers et des soldats comme capable de commander un jour les armées, et de tout Paris comme un homme de probité et d'esprit. U dit aux soldats qui le portaient : • Mes amis, laissez-moi mourir, et allez combattre. »

Tpres capitula bientôt (25 juin) ; nul moment n'était perdu. Tandis qu'on entrait dans Ypres, le duc de Boufflers prenait la Kenoque (29 juin); et pendant que le roi allait, après ces expéditions, visiter les places frontières, le prince de Glermonl îaisait le siège de Fumes, qui arbora le drapeau blanc (11 juillet) au bout de cinq jours de tranchée ouverte. Les généraux anglais et autrichiens qui commandaient vers Bruxelles regardaient ces progrès, et ne pouvaient les arrêter. Un corps que commandait le maréchal de Saxe, que le roi leur opposait, était si bien posté et couvrait les sièges si à propos que les succès étaient assurés Les alliés n'avaient point de plan de campagne fixe et arrêté. Les opérations de l'armée française étaient concertées. Le maréchal de Saxe, posté à Gourtrai, arrêtait tout les efforts des ennemis, et facilitait toutes les opérations. Une artillerie nombreuse qu'on tirait aisément de Douai, un régiment d'artillerie de près de cinq mille hommes, plein d'officiers capables de conduire des sièges, et composé de soldats qui sont pour la plupart des artistes habiles, enfin le corps des ingénieurs, étaient des avantages que ne peuvent avoir des nations réunies à la hâte pour faire ensemble la guerre quelques années. De pareils établissements ne peuvent être que le fruit du temps et d'une attention suivie dans une monarchie puissante. La guerre de siège devait nécessairement donner la supériorité à la France.

lu milieu de ces progrès, la nouvelle vient que les Autrichiens ent passé le Rhin du cêté de Spire, à la vue des Français et des Bavarois ; que l'Alsace est entamée, que les frontières de la Lorraine sont exposées (29 et 30 juin 1744). On ne pouvait d'abord le croire, mais rien n'était plus certain. Le prince Charles, en menaçant plusieurs endroits, et faisant à la fois plus d'une tentative, avait enfin réussi du côté où était posté le comte de Seckendorff, qui commandait les Bavarois, les Palatins et les Hessois, alliés payés par la France.

L'armée autrichienne, au nombre d'environ soixante mille hom-

ffi CHAPITRE XI.

nies, entre en Alsace sa»s résistance. Le prince Charles s'empare «a use kenrede Laalerbeurg, peste peu fortifié, mais de lapins grande importance. U lait avancer le général Nadasti jusqu'à Veissenbourg , iHÂe ouverte, dont la garnison est forcée de se rendre prisenniént de guerre. Il met un corps de dix mille hommes dans k ville et dans les lignes qui la bordent. Le maréchal de Ceigny, qw commandait dans ces quartiers, général hardi, sage et modeste, célèbre par doux victoires en Italie dans la guerre de 1798 *, vit que sa communication avec la France était coupée, que le pays Messin, ht Lorraine, allaient être en proie aux Autrichiens et aux Hongrois : 3 n'y avait d'autre ressource que de passer sur le corps de l'ennemi peur rentrer en Alsace et couvrir le pays. Il marche aussitôt avec la plus grande partie de son armée à Veissenbonrg, dans le temps que les ennemis venaient de s'en emparer (15 juillet 1744). H les attaque dans la vnle et dans les lignes ; les Autrichiens se défendent avec courage. On se battait dans les places et dans les rues ; elles étaient couvertes de morts. La résistance dura six heures entières. Les Bavarois, qui avaient mal gardé le Rhin, réparèrent 'leur négligence par leur valeur. Os étaient surtout encouragés par le comte de Mortagne, alors lieutenant général de l'empereur, qui reçut dix coups de fasH dans ses habits. Le marquis de Montai menait les Français.

Celui qui rendit les plus grands services dans cette journée, et qui sauva en effet l'Alsace, fut le marquis de Clermont-Tonnerre. Il était à la tête de la brigade Montmorin ; tout plia devant rai. Cfest le même qui, Tannée suivante, commanda une aile de Tannée à jsl bataille de Fontenoy, et qui contribua plus que personne à la victoire. On Ta vu depuis doyen des maréchaux de France1. Son fils fut l'héritier de sa valeur et de ses vertus.

On reprit enfin Veissenbourg et les lignes; mais on fut bientôt obligé, par l'arrivée de toute l'armée autrichienne, de se retirer vers Haguenau, qu'on fut même forcé d'abandonner. Des partis ennemis qui allèrent quelques Heues au delà de la Sarre portèrent l'épouvante jusqu'à Lnnévitte, dont le roi Stanislas Lecxinski fut obligé de partir avec sa cour.

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