‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 36 sur 257 · DE L'EMPEREUR CHARLES VII · texte numérisé non relu

DE L'EMPEREUR CHARLES VII

Lenouvel électeur de Bavière, Maximilien-Joseph, était le troisième de péri; en fils que la France soutenait. Elle avait fait rétablir l'aïeul dans ses États ; elle avait fait donner l'empire au père, et le roi fit un nouvel effort pour secourir encore le jeune prince. Six mille Hessois à sa solde, trois mille Palatins et treize bataillons d'Allemands, qui sont depuis longtemps dans les corps des troupes de France, s'étaient déjà joints aux troupes bavaroises toujours soudayées par le roi.

Pour que tant de secours fussent efficaces, il fallait que les Bavarois se secourussent eux-mêmes ; mais leur destinée était de succomber sous les Autrichiens : ils défendirent si malheureusement l'entrée de leur pays que, dés le commencement d'avril, le nouvel électeur de Bavière fut obligé de sortir de cette même capitale que son père avait été forcé de quitter tant de fois (22 avril 1744). Les malheurs de sa maison le forcèrent enfin d'avoir recours à Marie* Thérèse elle-même, de renoncer à l'alliance de la France, et de recevoir l'argent des Anglais comme les autres.

Le roi, abandonné de ceux pour qui seuls il avait commencé la guerre, fut obligé de la continuer sans avoir d'autre objet que de la faire cesser : situation triste qui expose les peuples, et qui ne leur promet nul dédommagement.

Le parti qu'on prit fut de se défendre en Italie et en Allemagne, et d'agir toujours offensivement en Flandre : c'était l'ancien théâtre delà guerre, et il n'y a pas un seul champ dans celte province qui n'ait été arrosé de sang. Une armée vers le Mein empêchait les Autrichiens de se porter contre le roi de Prusse, alors allié de la France, avec des forces trop supérieures. Le maréchal de Maillebois était parti de l'Allemagne pour l'Italie, et le prince de Conti fut chargé de la guerre vers le Hein, qui devenait d'une espèce toute contraire à celle qu'il avait faite dans les Alpes.

U roi voulut aller lui-même achever en Flandre les conquêtes qtfil avait interrompues l'année précédente. U venait de marier le dauphin avec la seconde infante d'Espagne, au mois de février (1745); et ce jeune prince, qui n'avait pas seize ans accomplis, se prépara à partir an commencement de mai avec son père.

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