‹ Précis du siècle de Louis XVChapitre 71 sur 257 · GUERRE EN ALLEMAGNE. Î · texte numérisé non relu

GUERRE EN ALLEMAGNE. Î

vu un événement plus extraordinaire : un électeur de Brandebonrg tenir seul contre les forces de la maison d'Autriche, de la France, ée la Russie, de la Suède, et de ht moitié de l'empire.

C'est un prodige qu'on ne peut attribuer qu'à la discipline de ses troupes, et à la supériorité du capitaine. Le hasard peut faire gagner nue Maille; mais quand le faible résiste aux forts sept années dans au pays tout ouvert, et répare les plus grands malheurs, ce ne peut être l'ouvrage de la fortune. C'est en quoi cette guerre tifière de toutes celles qui ont jamais désolé le monde.

en a déjà vu * que le second roi de Prusse était le seul prince de fEurope qui eut un trésor, et le seul qui, ayant mis dans ses ar- «ées une vraie discipline, avait établi une puissance nouvelle en Allemagne. On a vu* combien les préparatifs du père avaient enhardi le fils à braver seul la puissance autrichienne! et à s'emparer delaSitèsie.

L'ânpératrice-reine attendait que les conjonctures lui fournissent les moyens de rentrer dans cette province. C'eut été autrefois un objet indifférent pour l'Europe qu'un petit pays annexé à la Bohème appartint à une maison ou à une autre ; mais la politique s'émut raffinée plus que perfectionnée en Europe, ainsi que tous les autres objets de l'esprit humain, cette petite querelle a mis sous les armes plus de cinq cent mille hommes. Il n'y eut jamais tant de combattants effectin, ni dans les croisades, ni dam les irruptions des conquérants de l'Asie. Voici comment cette neuveiie •cène s'ouvrit

Elisabeth, Impératrice de Russie, était liée avec ffropèratrice Marie-Thérèse par d'anciens traités, par l'intérêt commun qui les unissait contre l'empire ottoman, et par une inclination réciproque. Auguste in», roi de Pologne et électeur de Saxe, réconcilié avec l'impératrice-reine et attaché à la Russie, à laquelle H devait te titre de roi de Pologne, était intimement uni avec ces deux souveraines. Ces trois puissances avaient chacune leurs griefs contre le roi Frédéric IÙ4 de Prusse, Marie-Thérèse voyait la Silésie arrachée à sa Auguste et son conseil souhaitaient un dédommagement

1 Ibid.

Page 1