‹ Précis du système hiéroglyphique des anciens égyptiens, ou, Recherche sur les éléments premiers de cette écriture sacréeChapitre 40 sur 79 · TRADUCTION · texte numérisé non relu

TRADUCTION

" Ceux qui parmi les Égyp- » tiens {2) reçoivent de l'ins- « triiction , apprennent d'abord le » genred'écriture égyptienne qu'on » appelle épistolographiqne : [ ils » apprennent] en second lieu l'hién ratique , don: se servent les hié- « rogrammates ; et enfin l'hiérogly-' :>yphique. >>

j:> L'hiéroglyphique [est de deux » genres], l'un exprimant ûî/^ro^re

(1) Stromat. V, 657, Porter.

(2) La version Fatine , y'j//i vero qui docentur ab /Egyptiis , esî inexacte ; il faut apiid A'-gyptios : mais elle offre bien d'autres inexactitudes ; elle est en général un peu plus obscure que le texte.

a fjLiv tm S^ TW nPQTllN STOIXEinN KYPIOAOriKH j « A 2YMBOAIKH. TÎiç Â 2TM- B0AIKH2 « [jàv KYPIOAOrEÎ- TAI KATÂ MIMH2IN , H «T*

«(TTTÎÇ TPOniKdS ^Ct(Pê7KZ, M </)£

cuvxfvç etMM^û«7a/ KATA T1NA5.

AlNirMOYS. HA/of ^euv ^fjt^**/

<rfe ^«^ /u,nvoeijiç , KATA TO KTPIOAOroTMENON EIA02 • TPOmmS cfè ^ax' olyMOTUTit. fxi-

Ttt^VTîf ;i^ ^47rt77^VT5ç , Toi (T'

/xiTVL^niMiV^ûVTiç ;^£scTÎoyo7v. T«$

p^yv T&îf PiAOlXicàV iTniivovç BioKoyfiVfxévOIÇ /ilôôûlç TTttg^J^e/bl'TîÇ, «»'*-

'yç^(povn SJ^ 7WV ANAPATOON.

Ta  KATA TOTS AINITMOYS ^rfiTnv itJhuç ihTyya. itrjw tvJ^ • Tet /u^v yto Ttâv cû^oi>v a.<flço:v y éja.

THV TnùUcUf TitV AOiÇ«C 0(P'tU)V (m/Mt'

<nv à-TnixcL^ov ^ 70;/ j\ HMoy tu tS

» les objets par LES LETTRES, l'autre » les représentant par des symboles.

» L'hiéroglyphique SYMBOLI- » QUE [se subdivise en pluieurss sj espèces] : l'une représente les ob- » ]ets au propre^p^T unitationj 1 autre » les exprime trop'ujueinent ; la troi- «sième, au contraire, les rappelle » au moyen de certaines allégories «énigmatiques. Ainsi, d'après la » méthode de représenter les objets au impropre, les Égyptiens veulent-ils » écrire le soleil, ils font un cercle ; « la lune, ils tracent la figure d'un « croissant. Dans la méthode tro- » pique, ils représentent les objets «au moyen d'analogies ( ou de n propriétés semblables ) , qu'ils «transportent dans l'expression de »ces objets, tantôt par des mo- ,> difications [ de forme ] , tantôt „ et plus souvent par des transfor- „ mations totales. Ainsi, ils re- » présentent par des anaglyphes „[ bas-reliefs allégoriques ] , les « louanges de leurs rois, quand ils ,j veulent les faire connaître au « moyen de mythes religieux.

» Voici un exemple de la troisième «espèce [d'écriture hiéroglyphi- ,3 que] qui emploie, des allusions néniomatiques: les Égyptiens figu- «rerit \ts astres [planétaires^] par »un serpent, à cause de l'obli- » quité de leur course; mais le ii soleil est figuré par un scarabée.

Voiei le commentaire que M. Letronne a joint à sa traduction :

ce Les ternies weAoy^o-ynt , xjueAo?^o-}4xxiç , jtwe<oAo>«<Sru , s entendent 3> des expressions propres et caractéristiques pour désigner les w objets ; ces mots s'emploient par opposilioii aux termes figures

» OU aux périphrases ; ainsi Lougin ou l'auteur quelconque du » traité du Sublime : oh'mç jÎ 7nejifçef.(nç Tm^XoLKiç avfJt.(pùiyyiTai 3JTÎÏ yMÇAoXoyla. [Subi. XXVIII, i.) On trouvera beaucoup » d'exemples dans Henri Etienne.

» On voit donc que Clément d'Alexandrie , par les mots h y> Sfg. Tvv vpcùTav çoi^^im xju eAo?^o}iKn , désigne un genre d'écriture » qui exprimait au propre les objets Sfg. 'mv ^oi-mv so^im. II ne » s'agit plus que de savoir ce que signifient les mots t* 'stç^t* 3> fD/;^?st en cet endroit, et c'est ce que va nous apprendre l'ana- » lyse plus détaillée de ce passage , que l'on ne paraît pas avoir » compris , parce qu'on a confondu les expressions génériques M avec les expressions spécifiques.

:>j If est clair, en effet, que Clément admet trois genres d'écri- » ture égyptienne :

>y lê^jtTyJCM ,

■>3 li^'yXv(ptKH,

>3 Sur les deux premiers genres , il ne donne aucun détail ; il » ne s'occupe que du dernier, savoir, l'hiéroglyphique,

» L'hiéroglyphique sesuhdh'he en deux espèces : celle que l'auto teur désigne par les mots m c^- vâîv -arpwTtyv çotx^f^v wupiûXo^iKn ^ » et celfe qu'il appelle oufxCoXtK» : il ne dit rien de la première; 5> mais il entre dans quelques détails sur la seconde , qu'il sub- 5> divise en trois espèces secondaires , qu'on pourrait appeler, 35 d après lui, xue^oXo^iKn xçf.To. (juyMcnv , t^ott/km, et <thtyiMiTU)J\ç : >» de sorte qu'on a le tableau synoptique suivant , comprenant » tous les genres et espèces d'écriture :

i7nsDXQypct<ptKi\

)a)ùtoXo}iit» Sj^ 7WV ■nrûoùTuv <^tyj^()i>v.

Cit'fJ.CoXllli1.. I 'T^D:77KH.

E<cA> 7WV

Aîyu-^icùv yÇ^p-l-MLirov

i S»/I'l^/.«J7W/Mf.

» De cette classification, que je crois exacte , je conclus que x> les mots n S/a. Twv 'srpwTwj' çvtx^m xjupioXo-^K*» désignent une des M Jeux espèces de caractères hiéroglyphiques ; il faut donc que » cette espèce consiste, selon sa dénomination même, dans une » expression au propre (w/6<oAo>^x«) des objets, au moyen d'une » combinaison quelconque de certains caractères sacrés ( *&£$£ » -^Âfxf^.in] : mais, quels caractères employait-elle î tw 'stç^t* » ç^ixiicc , dit l'auteur, mots qui désignent en grec les lettres de » l'alphabet (prima elementa lltterarum) ( i ) ; et il me semble que » ces mots , appliqués à l'écriture hiéroglyphique , ne peuvent » s'entendre que des hiéroglyphes employés comme lettres ; ce 3> qui caractérise clairement les hiéroglyphes phonétiques.

» II est remarquable qu'entendu de cette manière, le passage w de Clément d'Alexandrie rentre dans les faits actuellement « connus , puisqu'on admet maintenant deux modes d'écriture 35 hiéroglyphique, ïmic phonétique, l'autre symbolique; maispeut- » être qu'avant la découverte de la première, il était impossible » d'entendre cette phrase du texte de Clément d'Alexandrie , » dont le sens me paraît maintenant assez clair (2).

« L'auteur caractérise ensuite les trois espèces d'écriture sy m - >î bolique. La première (j> yuu^idKùytK^ h^t^ fitMtaiv) est indiqueç avec 3î précision, tant par ces mots eux-mêmes , que par les deux 3> exemples que donne l'auteur : on voit qu'elle consiste a 5ï représenter au propre ( xjupio^^oyêi^ax ) un objet , en imitant 3j [i&Tti f/4fMnnv ) sa forme. Cette forme n'étant qu'un des attributs 33 de l'objet , en est mie sorte de symbole : c'esc donc avec >3 raison que Clément d'Alexandrie range ce genre d'expression >3 dans la symbolique.

« La seconde espèce est fort obscurément définie, et l'exemple 33 n'est peut-être pas beaucoup plus clair que la définition : le 33 crois cependant ma traduction exacte. Ce que ce passage pré-

(i) Qiiintilian. 1 , 1,23. — Horat. I , Sat. 1, 25. (i) l'ii^rz une noie à fa hn de l'ouvrage.

35 sente de curieux, entre autres choses , c'est qu'il parajl que les » anaglyphes ou bas-reliefs allégoriques étaient , en certains cas, j3 considérés comme une sorte d'écriture symbolique, en ce sens, 33 qu'ils exprimaient des idées par des actions : ce qui m'explique 33 l'impression que j'avais retirée de l'examen des sculptures 33 égyptiennes , et que j'ai rendue en ces termes dans mes Con~ •ï sidérations historiques sur l'état des arts , Ù'c, depuis Camhyse -i^ jusqu'au siècle des Ântonins :

33 La sculpture et la peinture ne furent plus qu'un lan-

"^^ gage dont la grammaire et le dictionnaire furent fixés sans 33 7-e tour : de là vient que certains bas-reliefs paraissent n'être que 33 des hiéroglyphes en grand , et que certains hiéroglyphes semblent 33 être de la sculpture réduite h de petites dimensions. On dirait 33 souvent deux idiomes qui se confondent et se font des emprunts 33 mutuels.

33 Les mots Txjyç yntv T (ictm^^idùv iTrahaç Siiû>^o^v(jUcvoiç /jLuùotçmi^.-, 33 jiJhvT^ç ne sont pas clairs : j'ai entendu les trois derniers , dans 33 le même sens que ^^stip» Tnt^J'iJovoj , en latin , tradere litteris.

33 I( n'y a nulle obscurité dans ce que l'auteur dit de la troi- 33 sième espèce. 3»

Ainsi donc Clément d'Alexandrie développe l'ensemble et les détails de totit le système graphique des Égyptiens, sous le même point de vue que les monumens, mes seuls guides, ont du me l'offrir; et l'analyse qu'il présente , en particulier, des élémens de l'écriture hiéroglyphique , est entièrement conforme à celle qui est résultée de mes recherches. J'ai reconnu, comme ce savant père,

i.° Trois différentes espèces d'écritures chez les Egyptiens ( i ) , savoir :

(i) Supra, chapitre I, png. i8.

A. L'écriture vulgaire, que j'ai appelée déaîotique d'après Hérodote, et que Clément a nommée epistolographiijiie ;

B. L'écriture sacerdotale, que Je désigne également sous le nom d'écriture hiératique;

C. L'écriture hiéroglyphique, qui est l'écriture égyptienne monumentale.

2." Qiie l'écriture hiéroglyphique procédait de plusieurs manières différentes dans l'expression des idées.

j."* Qu'elle procédait premièrement, au propre de toute écriture, en exprimant les objets par la peinture de leurs noms, au moyen de caractères phonétiques (i) ou de caractères signes de sons et de prononciations. Cette méthode hiéroglyphique est appelée par Clément d'Alexandrie, yLv^aMyyui^ <hoL toov 'ûrpcûTCûv cr^ioi^eicùv , c'est-à-dire , s' exprimant au propre par le moyen de LETTRES. J'ai cité un très-grand nombre d'exemples de l'emploi de ces caractères alphabétiques (2).

4.° Qu'elle procéda, en second lieu, parla représentation même des objets, au moyen àt caractères purement -figuratifs : c'est là, sans aucun doute, la méthode hiéroglyphique nommée x/j^oXoytycfi jc^clct /a.i/(a.vo-i]/ (3).

y^ Qu'elle employa des caractères symboliques ou exprimant indirectement les objets par synecdoche , par métonymie, ou par des métaphores plus ou moins

(ï) Suprà, r.hapitres III , IV, V, <Scc.

(2) Tableau général, du n.° i à 66; du n.° icp à 195, <Scc.

(3) Suprà , §. VT. Exemples de caractères do cet ordvc au Tableau géncml, n.°' 245, 246 , 247, 292 à 303 , &c.

( 334 ) ^ faciles à saisir (i). Cicment d'Alexandrie a designé cette troisième méthode hiéroglyphique par la qualification de symbolique tropique.

<3.^ Enfin, le même auteur mentionne une méthode hiéroglyphique procédant à l'expression des idées par le moyen de certaines énigmes, k^ctcL tdicu; ct/viy/x-oD^ , et nous avons compris les signes de ce genre, tout en les distinguant, sous la dénomination générale de caractères symboliques (2), Cette complète concordance de mes résultats, avec les seuls documens un peu détaillés que l'antiquité nous ait transmis sur l'écriture hiéroglyphique égyptienne , est bien digne de remarque, et donne dès ce moment même , à ces résultats , un poids et une consistance qu'ils n'auraient dû attendre que d'une longue série d'applications.

S. X, De Vemploi et des diverses combinaisons des trois espcces

de caractères.

Après avoir reconnu, d'une manière certaine, les différentes classes de caractères, élémens premiers de l'écriture hiéroglyphique, il était urgent de chercher à saisir quelques-unes des lois qui présidaient à leurs combinaisons, et les alliances que ces signes, si opposés dans leur nature , pouvaient contracter entre

(i) Suprh , S- VII. Exemples de cette sorte de caractères, n."» 24 r, 238 a, 308 a, 308 h , 308 c , 6cc.

(2) Si/prà , S- VII, 51 ; pag. 292, où sont indiqués une foule d'exemples de cette espèce de signes.

(335) eux ; il devrait résulter en effet Je ces notions une

connaissance géncraie des divers ordres d'idées que

chaque classe de caractères était destinée à exprimer

d'une manière plus ou moins spéciale*

P5. Il n'est plus douteux, d'abord, que toute inscription hiéroglyphique , quelque peu étendue qu'elle soit , présente un mélange tonstant des trois ordres de signes. On retrouve dans tous les textes les caractères figuratifs , les caractères symhoUques et les caractères phonétiques perpétuellement entremêlés , et concourant, chacun à leur manière et selon leur essence, à l'expression des idées dont il s'agissait de perpétuer le souvenir.

9(5. On a dû remarquer en effet que, dans le système hiéroglyphique, il arrivait qu'une même idée pouvait être exprimée, sans qu'il en résultât le moindre inconvénient pour la clarté, par trois méthodes diverses et au choix de celui qui tenait le pinceau. S'il fallait, par exemple, mentionner dans un texte la divinité suprême de Thèbes^ Amott , Amen ou Amman, l'hiérogrammate était le maître de signaler l'idée de ce dieu, so'it figurativement , en retraçant en petit l'image même de cet être mythique, telle qu'on la voyait dans les temples de la capitale (i) ; soit symboliquement, en dessinant les formes d'un obélisque (2) ou celles du bélier sacré (2) , emblèmes d'Amon ; soit enfin />//£)-

(i) Tableau général, n." 67.

(2) /bid, r.° 84.

(3) Ibid. n.^85.

ncttqnement , en écrivant les trois caractères de son , signes de la voix initiale et des deux articulations qui constituent le nom divin C^-W-N (Amon) iui-mêm? (i). Des procédés semblables pouvaient être suivis , lorsqu'il était question de rappeler l'idée de la plupart des dieux et des déesses de l'Egypte , dont j'ai en effet déjà retrouvé à-la-fois les noms jigurûîi/s , symboliques et phonétiques. On a reconnu , dans l'analyse des légendes royales ou impériales hiéroglyphiques, une foule d'exemples de caractères ou de signes de ces trois natures, groupés ensemble et exprimant tous une seule et même idée, quoique par une méthode différente.

py. Mais il ne faut point conclure de ce fait, qu'il fût en la puissance de l'écriture hiéroglyphique de rendre toutes les idées de trois manières différentes, au moyen de signes ou de groupes puisés successivement dans les trois classes de caractères. Cela n'arrivait que pour une série assez bornée d'idées , du nombre de celles qui se rapportent directement à la religion, à la doctrine sur l'état futur de i'ame , ou à chaque dieu en particulier.

pS.Les caractères jyw^o//^«^j semblent avoir été plus spécialement consacrés à la représentation des idées abstraites qui étaient du domaine de la religion et de la puissance royale : telles sont par exemple, dans l'inscription de Rosette, les idées Dieu, immortalité, vie divine, puissance, bien, bienfait, loi ou décret, région supérieure, région inférieure , panégyrique , temple, &c. &c.

(i) Tableau général , n." 39.

p^. On employait quelquefois simultanément des caractères figuratifs et des groupes de signes phonétiques, pour peindre une même idée; l'expression des uns était alors renforcée, pour ainsi dire, par celle des autres. Voyez les noms phonétiques dQ divinité 11^^, C^A>-u etTq«T, Phtha, Amon etTafnet (i), suivis du caractère figuratif représentant au propre ces mêmes personnages mythiques.

100. Certaines idées étaient exprimées aussi par l'union d'un caractère -figuratif diWQc un caractère symbolique; moÀs les groupes de ce genre ne paraissent point avoir été nombreux. Nous citerons pour exemple le n.' 283 du Tableau général, groupe qui signifie /fwpîe, et qui se compose du caractère figuratif édjfice ou HABITATION (n.° 282), et du caractère symbolique DIEU (n.° 226), c'est-à-dire, habitation d'un dieu; souvent aussi le caractère symbolique est inscrit dans le caractère figuratif [n.^ 284).

loi. D'autres objets paraissent avoir été désignés par la combinaison d'un caractère figuratif et d'un groupe phonétique : tel est, par exemple, le nom de la ville de Memphis (2) en écriture sacrée. Ce nom se forme du caractère figuratif habitation , demeure ou enceinte (n." 282), et du nom phonétique du. dieu Phtha : ces signes ainsi rapprochés signifient rigoureusement

(i) Supra, planche XV , n."* 12, 13 et i4-

(2) Inscription de Rosette, texte hiéroglyphique^ ligne 9 ; et Tableau général, n,* 287.

demeure de Phtha , hahiî^ùon de Phtha. Nous savons en effet, par les anciens auteurs, que la divinité spéciale de Memphîs fut Phtha, ïlKpdiKriot^ des Grecs et le Vulcain des Romains. Je crois avoir reconnu également, dans les textes hiéroglyphiques, quelques autres noms de villes égyptiennes, formés d'élémens de même nature que ceux du nom sacré de Memphis, et contenant, comme ce dernier, des noms de divinités. Cela m'a conduit à considérer les noms propres de villes égyptiennes que nous, trouvons dans les textes coptes, et qui, pour la plupart, ont été adoptés par les Arabes, tels que UejwAe Memphis , IIJu HeTiopolis , II^^tth Thèbes , C^tÊlCU Edfou, C\mox^ Osyouth , }^xx£i'xi\ Aschmoutiéiii , &:c. , comme n'étant que les anciens noms vulgaires de ces villes, lesquelles, en écriture sacrée et dans le langage habituel des prêtres, portaient en même temps les noms théologiques, demeure de Phtha, demeure de Phrê (le soleil), demeure d'Amon, demeure d'Aroéris, demeure d'Anuhis, demeure de Thoth , 6cc. ; noms sacerdotaux que les premiers Grecs qui visitèrent l'Egypte, philosophes voyageurs plus en rapport avec la caste sacerdotale qu'avec les autres castes de la nation égyptienne , apprirent directement des prêtres et s'efforcèrent de traduire en grec par Héliopolis , Diospoîis, ApoUonopoîis , LycopoUs , Hermopolis , &c. ; mots avec lesquels les noms coptes ou anciens noms populaires de ces villes n'ont aucun rapport de signification.

102. Les caractères phonétiques, dont l'usage est trèsfréquent dans les inscriptions et les testes sacrés d.e.

( 339 ) toutes les époques, étant rapproches pour peindre les sons d'un mot, sont superposés les uns aux autres, selon que le permettent les proportions, soit en hauteur ^ soit en largeur, de chacun d'eux. Cet arrangement a passé dans l'écriture hiératique et jusque dans la démotique , où les signes se lient cependant plutôt, entre eux qu'ils ne se superposent. Cette disposition de signes est particulière aux écritures égyptiennes.

103. Les circonstances de temps, de genre, de nombre, de personne, et les divers rapports et formes de la grammaire, sont exprimés par des caractères phonétiques qui représentent les voi>f, les articulations, les syllabes ou les mots qui, dans la langue parlée, étaient les signes de toutes ces modifications des noms, des adjectifs, des verbes, &c. Notre Tableau général présente une série de signes et de gïowpçs phoneYiques exprimant à^s articles , des îiiots conjonctifs , conjonctifspossessifs , des pronoms simples ou composés, certaines désinences du pluriel , des formes de verbes, des prépositions et des conjonctions ( i ).

104. Les signes grammaticaux phonétiques se joignent à des caractères figuratifs , à des caractères symboliques , répondant à des noms, à des verbes, à des adjectifs de la langue parlée , tout aussi bien qu'à des groupes phonétiques exprimant ces mêmes espèces de mots , et pour en indiquer, soit le genre , soit le nombre, soit la personne ou le temps.

(i) Du n.° I à 38.

105. Les chracîères figuratifs et \çs caractères symho' hques forment cependant quelquefois leur piuriel d'une manière toute particulière; au lieu de prendre les mêmes terminaisons que les groupes phonétiques, ces deux classes de caractères passent à l'état de pluriel en se reproduisant deux et plus ordinairement trois fois de suite. Voyez dans notre Tableau général (i) plusieurs exemples de ce genre de pluriels on pourrait due figuratifs,

106. On aura sans doute déjà remarqué diverses combinaisons de caractères phonétiques avec des carac tères symboliques, dans la notation du très-grand nombre de tioms propres que nous avons analysés dans notre sixième chapitre. La plupart des noms propres qui ne sont point entièrement /7//o////f/^«^j, sont composés d'un caractère symbolique exprimant le nom d'une divinité, précédé des conjonctifs-possessifs, ou articles possessifs plwnétiques TT2> ou 4^^ et ttt (2) , si le nom propre est masculin , et ^h. ou ^h^ et t^kt(3), si le nom propre est féminin.

107. 11 ne faut point oublier sur-tout que les noms propres et toute autre espèce de mots sont souvent écrits dans un même texte, sur un même monument , de deux ou de trois manières différentes, II est d'autant plus utile d'être prévenu de ces variations d'orthographe , si l'on

(3) N.°* 159, 206 et 207,

peut s'exprimer ainsi , qu'elles peuvent conduire à Je très-fausses conclusions dans l'étude de certains monumens. Nous ne citerons ici que deux exemples remarquables de cette habitude d'écrire un même nom propre avec des caractères très-variés.

L'Égyptien à la momie duquel se rapportait le grand manuscrit hiéroglyphique du cabinet du Roi, gravé dans la Description de l'Egypte (i), s'appelait, comme on l'a déjà dit (2), Pétamon, c'est-à-dire, celui tjiii appartient a Amon , Ammonien : et ce nom propre est écrit de trois manières différentes dans ce même manuscrit.

Il s'y lit d'abord phonétitjuement exprimé dans tout son entier (3) par le carré strie' j\, le signe triangulaire dit le tiiveau t , la feuille & ou e , le parallélogramme crénelé ju, et la ligne horiiontale k ; ce qui produit ÏI^Tix-W-tT ou nTEJi^n, car {^feuille est indifféremment *. ou E dans les noms propres et mots égyptiens hiéroglyphiques. Mais comme, d'un autre côté, la, feuille, le parallélogramme crénelé Qt la ligne horiiontale ou brisée forment constamment, dans tous les textes de toutes les époques , le nom phonétique du dieu de Thèbes (Ammon) , (4) qui paraît avoir été prononcé indifféremment Amon, Amoun, Amen et Emen ; et que, de

(i) Ant. vol. II, planch. 72, 73, 74 et 75.

(2) Supra, page 1 10.

(3) Description de l'Egypte, Anîit/. vol. II , pi. 75, coi. 1 5 ; pi. 74 » col. 1 1 2 et 65 ; pi. 73 , col. 49 , 41 et 7 ; pi. 72, col. 77.

(4) Suprà , pag. 88. Voye^^ns^Wt Pauthêon ég//7ri(r/j, plaflches numérotées I, 2 et 5, de la i." livraison.

( 34^ ) plus , la valeur et la prononciation du monosyllabe in (pet) (i) est invariable, le nom propre du manuscrit prononcé Petamon , Pétamen ou Pétémen signifiera toujours celui qui appartient à Ammon , Ammonien.

Ce même nom propre est encore écrit phonétiquepietJt, et toujours dans ie même manuscrit (2), par le carré et le niveau, tt^ (petj celui qui appartient à, celui qui est a; mais le nom du dieu Amon , Amen ou Emen est simplement exprimé par le caractère elliptique, qui est un JU. dans d'autres noms propres , et renfermant dans son intérieur la ligne horiiontale ou brisée n : ce qui donne inJU^n. Cette nouvelle orthographe, Pétémen ou Pétamen , est la moins usitée dans le manuscrit; elle reparaît, avec une légère modification, dans la scène du jugement (3), au milieu de la légende écrite au-dessus de l'image du défunt Pétémen ou Péîamon lui-même, debout devant la balance infernale, i Le T de ce nom est ici rendu , non par ie niveau ^ mais par son homophone, le bras soutenant le niveau, observé avec cette même valeur phonétique dans tant d'autres noms propres hiéroglyphiques (4).

Enfin , dans la plus grande partie des subdivisions du manuscrit (5), on trouve le nom du défunt écrit

(1) Tableau général, n.°' 9 , 10 et ii.

(2) Descript. de l'Egypte j Antiq. vol. II, pi. 72, col. 55 et 4- — Fo>'<'^ notre Tableau général , n." 156 c.

(3) Ibid. vol. II, pi. 72. — Voyei notre Tableau général, n.° 156 b.

(4) Tableau général, n.°^ 1^7, 199, 201 &c.

(5) Descrïpt. di V Egypte , Ant. vol. II, planches 72, 73, 74 et 75..

mohté phoneti^aemefit et moitié spihoU^ucment : pifriie phonétique , ie ajrré n et le /livecju ^ ; p^irtie symbolique , l'idée ou le nom dtj dieu Amon , Amen ou Emen ^ exprimé par l'image d'un obélisque (i).

On ne saurait douter d'ailleurs que les signes phonétiques répondant aux lettres coptes oNju-it, Gjw-ît et Uw, ainsi que ie signe symbolique (l'obélisque), ne désignent un même personnage divin, Ammon , puisque ces divers caractères sont suivis, dans tout le texte du manuscrit (à l'exception de la légende placée au-dessus de la X^X.^ du mort dans la scène du jugement, l'espace ne l'ayant point permis), du titre ordinaire du dieu Ammon , seigneur des régions du monde , qui accompagne toutes les images de ce grand être cosmogonique, sculptées sur les monumens de l'Egypte (2). Le signe d'espèce homme, qui caractérise tous les noms propres r et le groupe (3) qui suit habituellement les noms propres des défunts , ne sont placés qu'après ce titre qui se rapporte au dieu, dont le nom entre dans la composition du nom propre du mort. La légende funéraire est donc ainsi conçue : Osiris (4) ou ÏOsirien Péta mon ( celui qui est à Amon) , seigneur des régions du monde, homme (défunt), né de &c.

(i) Descript. de l'Egypte, Ant'iq. vol. li, pi. 75 , roi. 132,46, 4-) 22, ckc. ; pi. 74, coL 108 , 103 , 98, 6cc.; pi. 73 , col. 119, 109, J05 , 103, 94, 83 , 81 , &:c. ; pi. 72, col. 109, 103, 93 , 90 , 6cc.

(2) Voyei le Panthéon égypiien , !."■ livrais, pi. n." J et le texte.

(3) Tableau général, n." 447- . (4) Suprà, pag. 42.

. De-piiis que l'impression du présent ouvrage est commencée, notre courageux voyageur M. Caiiiiaud a rapporté d'Egypte un monument du plus haut intérêt, et qui confirme, de la manière la plus complète, d'abord l'existence des signes phonétiques dans ies trois systèmes d'écritures égyptiennes , et en particulier les fréquentes variations d'orthographe d'un même mot, au moyen de signes d'une forme ou d'une nature différente, dans un seul et même texte : il s'agit ici d'une momie égyptienne qui est du temps de la domination grecque ou même romaine. En examinant les inscriptions hiéroglyphiques qui Ja décorent, je reconnus promptement que ce défunt s'appelait Pétamon , Pétamen ou Pétémen (c'est-à-dire, celui qui appartient à Animon) , comme ie défunt mentionné dans le grand manuscrit du cabinet du Roi; et que, de pkis, il était fils d'une femme nommée Cléopâtre ; et mes lectures se trouvèrent pleinement confirmées par les restes à' une inscription grecque, tracée à côté de l'une des légendes hiéroglyphiques , et dans laquelle, quoique très-altérée , on distingue encore fort bien les mots ITETEMENOC O KAI AM-

MHNIOC MHTPOC KA Petémén-os qui est

aussi Awmonius, fils de Cl

Le nom propre hiéroglyphique de l'individu embaumé est écrit de deux manières , et par les mêmes signes que ie nom du défunt mentionné dans le grand jnanuscrit hiéroglyphique du cabinet du Roi : i.'^par le carré strié, le hras soutenant le niveau et ï ellipse renlermgtnt la ligne brisée , ce qui , d'après mon alphahet ,

donne en lettres coptes m-u-iT,/*//////^/; ou Pétamen (i), en suppléant les voyelles omises comme à l'ordinaire; 2.** par les caractères phonétiques , le carré et le bras soutenant le niveau, ht, cl par ïohélisque , signe symbolique du dieu A/non, Amen ou Émen (Ammon) (2), ce qui donne encore mz^w-it , Pétamen, ou inE-W-u , Pétémen,

On voit aisément qu^ l'inscription grecque de cette momie contient, dans le mot IIETEMENOC, la transcription ou plutôt la prononciation du nom égyptien hiéroglyphique, accru de la terminaison grecque OC; et de plus, dans le mot AlVIMONIOC, donné formellement pour synonyme de IIETEMENOC , la traduction même du nom hiéroglyphique HT-u^ît, Pétémen, ou mz^JUK, Pétamen , celui qui appartient à Ammon. On ne pouvait en effet rendre mieux en langue grecque le sens de ce nom que par le mot A/x./^oJVio^, Ammonieii.

Le nom de Cîéopâtre, mère du défunt, est aussi écrit de deux manières , mais toujours phonétiquement ; d'abord par la hache K , la bouche P ou A , le lituus O, le carré li, ia. main T, la bouche P, ce qui donne KAOIITP (3), et ces caractères sont suivis du segment de sphère T, article féminin indiquant le genre du nom , et du caractère figuratif d'espèce, femme. Ailleurs ce nom

(i) Tableau général, n.° 156 b.

(2) Ibid. n.° I 56 <y.

(3) Tableau général, n.° 219 a. — Le nom de la reine Cléopâtrc est également écrit kAoITTO dans un contrat ^emor/'-jw^ du cabinet du Koi. Voye^ Tableau général, n.°2i9*.

( 34<î ) est exprimé par les mêmes signes , sauf que le T Ju nom propre, au lieu d'être rendu par la main , l'est par le segment de sphère nr (i).

M. Cailliaud a trouvé, attaché à la première enveloppe de toile peinte qui couvre la momie , un petit rouleau de papyrus. Le nom de Pétémen en écriture J^vz/otique, et ce même nom en lettres grecques, IIETEMENOC, se lisent encore sur le bord extérieur du rouleau. L'intérieur, qui est en écriture hiératique, contient quelques prières adressées aux dieux en faveur de Pétémen ou Pétamon, dont le nom se lit dans les premières lignes, et n'est que la transcription hiératique du groupe hiéroglyphique répondant aux lettres coptes tt"T2>.julu (2). Le nom hiératique de Cléopâtre, sa mère (3), transcrit en hiéroglyphes d'après le tableau synonymique des signes qui se correspondent de l'une à l'autre écriture, donnerait le groupe (Tableau général, n.° 215; d) , en lettres coptes KÎ\OTTnrî\pour KAonTp ; car j'ai déjà dit qu'un même caractère exprime à-la-fois , dans les alphabets égyptiens, les articulations L et R [supra; pages 44, 47 et 63).

En ajoutant enfin que cette momie égyptienne, qui ne peut être antérieure à la domination des Grecs en Egypte , puisqu'on y lit des noms grecs , et qui , selon toute apparence , n'appartient même qu'à l'époque

(i) Tableau général, n.° 219 b.

{2) Ib'id. n." 154.

(3) Ibïd, n," 219 c-.

romaine, est renfermée dans une espèce de cercueil où, parmi d'autres peintures, on voit celle d'un ipdiaque dont les signes , semblables dans leurs formes à ceux du lodiaque de Dendéra que j'ai prouvé être de l'époque romaine , sont aussi rangés dans le même ordre , h lion élanî le premier et le cancer le dernier. On sentira qu'il était difficile de désirer, dans l'intérêt de mes travaux, un monument qui prouvât d'une manière plus positive la vérité de ma découverte des alphabets égyptiens hiéroglyphique et hiératique, ainsi que celle de la date récente que j'ai assignée, par le secours de ces mêmes alphabets, au zodiaque de Dendéra, et par suite à celui d'Esné.

En général, ces diverses manières d'écrire un même mot égyptien tenaient autant à une sorte d'élégance et de recherche qu'aux proportions de l'espace qui restait à remplir entre un groupe de signes et un autre.

io8. Quoique les signes hiéroglyphiques aient des formes si bien distinctes et si bien arrêtées , qu'il semble impossible de penser à les lier ensemble comme les caractères des autres écritures , il arrive cependant que les textes présentent, quoique assez rarement, certains caractères liés entre eux de manière à former un tout qu'on pourrait prendre pour un seul signe. J'ai acquis la conviction que la plupart de ces groupes doivent leur origine au seul caprice de l'écrivain, puisque, ayant comparé beaucoup de textes roulant sur une même matière, je me suis constamment assuré que deux caractères liés dans un texte étaient tracés

isolément Jans l'autre. On trouvera dans la planche XV des exemples de ces ligatures (i) avec leur dédoublement : les caractères qui les forment sont presque toujours phonétiques,

lop. Certains caractères symboliques ou même phone'tiques^ exprimant des qualifications, sellent quelquefois aussi avec des caractères figuratifs représentant l'objet qualifié. C'est ainsi, par exemple, que l'hiéroglyphe, Tableau général, n.** 445» caractère initial et abréviation du groupe ^^^ qui signifie grand , est uni au caractère figuratif habitation (n.° 282), pour exprimer l'idée de palais ou àç grand édifice , Tableau général, n. 286; ce même groupe (n.** 444) se place ailleurs sous le caractère figuratif, comme, par exemple, sous celui qui signifie statue , pour exprimer l'idée de colosse, (Tableau général, n.° -2^5).)

1 10. Beaucoup de caractères figuratifs , et quelques caractères symboliques , remplissent, outre leur valeur propre dans laquelle ils sont fréquemment employés, les fonctions de signes purement déterminatifs. Placés à la suite de certains caractères ou groupes de caractères, soit symboliques , soh phonétiques, exprimant des individus déterminés d'une espèce , ces caractères deviennent simplement les signes de l'espèce à laquelle appartient l'individu exprimé par le caractère symbolique ou le groupe phonétique. Ainsi , le caractère symbolique (n." 226) dieu, et le caractère figuratif

(1) N.<" 15, 16, 17 et 18 de la planche XV.

( 349) (n.* 2 2p) dieu , soit isolés, soit rcunîs, terminent tous les noms propres de divinités mâles ; le groupe symbolico-phonétique (n.* 228) de'esse , ou le caractère figuratif (n.* 231) signe de la même idée, se placent à la fin de tous les noms propres des déesses de l'Egypte. On a déjà remarqué que tous les noms propres de simples particuliers sont terminés , selon leur genre, par le signe d'espèce homme (n.** 245) ou femme (n.® 2.^6). Nous citerons de plus, parmi les caractères employés comme signes d'espèce , le caractère figuratif Cso'if, COV, étoile (n." ^3p)» qui termine les noms des trente- six constellations dans les deux zodiaques de Dendéra ; les caractères figuratifs taureau et vache , qui suivent les noms propres des taureaux ou des vaches sacrées ; le caractère symbolique ( n.*" 240), région, qui termine tous les noms propres des soixante régions du monde; enfin, le groupe (n.° 27^), maison, demeure, qui accompagne, comme signe déterminatif, les groupes ou même les caractères figuratifs représentant des habitations divines ou humaines (i).

On comprendra facilement la nécessité de la plupart de ces caractères déterminatifs , si l'on considère que les noms propres égyptiens d'hommes, de dieux, d'animaux sacrés , de régions , &c. , étaient tous significatifs par eux-mêmes, et qu'il importait d'avertir de leur état de noms propres dans certaines circonstances.

Telles sont les principales combinaisons matérielles

(') Voy^ Tableau général, n."» 281 , 284, 290, 294,292.

( 350 ) des signes hiéroglyphiques des troï§ classes : les dociimens exposés dans ce paragraphe sont les seuls qu'il me soit permis de produire dans un ouvrage spécialement destiné à la seule recherche des principes généraux du système de l'écriture sacrée des Égyptiens.

S. Xr. Liaison intime de l'Ecriture hiéroglyphique avec les deux autres sortes d'écritures égyptiennes , et ayec les anaglyphes.

On ne saurait lire le texte de Clément d'Alexandrie, cité dans le paragraphe IX de ce chapitre, sans conclure de l'ordre dans lequel les Égyptiens apprenaient successivement, selon ce savant père, leurs trois espèces d'écritures, i.° ïépistolographique ow démotique j 2.° 17//Vratique, et 3.** ï hiéroglyphique , que ces mêmes écritures avaient entre elles une certaine liaison , et que l'une des trois avait donné naissance aux deux autres, qui n'en auraient été que des modifications.

D'autre part, il est dans la nature des choses que les Égyptiens procédassent, dans l'étude de ces écritures, en remontant du plus simple au plus composé; et, comme les théories les plus simples ne résultent jamais que du perfectionnement de théories d'abord très -compliquées , nous sommes conduits à déduire aussi de ce même texte, que l'écriture démotique était la plus simple des trois écritures, puisqu'on l'étudiait la première , qu'elle dérivait de {'hiératique , et que celle-ci n'était à son tour qu'une modification , qu'un premier abrégé de l'écriture hiéroglyphique la plus

(35') anciemie de toutes et l'origine premicre des deux autres.

Ces aperçus qui résultent du raisonnement seul, opérant sur des considérations générales, sont pleinement confirmés par l'examen dts faits.

Page 1