PI. XVI
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reproduit, mais enrichi de deux uraus; [q sceptre et la
déesse Sate' sont entre les mains de l'image même du roi agenouillé; enfin le groupe approuvé par Ammon ( n.* 2, At d, e, f, g) , a été répété tout entier dans la frise (n." i , A^ d, e, f, g), sauf que la coiffure ornée du lituus de l'un , est remplacée dans l'autre par son homophone habituel , la ligne brisée.
Le groupe (n.° i , B) de la frise, contient, comme le second cartouche de la légende ordinaire n.** 2, B, les mots le chéri d' Ammon, Ramsès, Le titre XxJW-uw-z»-! (Amonmai), chéri d' Ammon, est formé , dans l'un et dans l'autre, par le caractère figuratif du dieu et le piédestal ju-, abréviation de -UM. Dans la frise, le nom propre du roi qui est de nouveau figuré, dans le groupe, agenouillé et tenant dans les mains l'emblème et l'image de la déesse Saté , est exprimé, i.° par le disque du |soIeil pH ( n."* i , B , /: ) ; 2.** par le piédestal Jts-f qui est ici un signe à double emploi; 3.° enfin, par le signe de la consonne c, répété deux fois CC, ce qui produit pH^ULCC Ramsès, comme porte le cartouche ordinaire, qui exprime séparément Ïâx du titre ZJUiOU-JW-Z>s, et celle du nom propre pHJW^cc, Ramsès.
128. Les frises hiéroglyphiques de cette espèce ne sont point rares dans les grands édifices de l'Egypte ; M. Huyot en a dessiné plusieurs, et entre autres une à Ibsamboul, renfermant la légende royale de Ramsès le Grand , père du Ramsès auquel se rapporte la frise du temple du sud , à Karnac , que nous venons d'analyser.
lip. Les ^7/w^/k/?//^^ proprement dits ou les tableaux allégoriques , quoique formés eiY général d'images monstrueuses , étaient toutefois en iiaison directe avec l'écriture hiéroglyphique pure. Les textes sacrés et les anaglyphes avaient une certaine quantité de caractères communs, et de ce nombre furent, par exemple, les signes symboliques , tenant la place des noms propres de différentes divinités; signes introduits dans les textes hiéroglyphiques, en quelque sorte , comme caractères représentatifs des êtres mythiques.
130. Tels furent, d'après les faits, les rapports théoriques et matériels qui liaient les diverses parties *^u système graphique des anciens Égyptiens. Ce système si étendu , figuratif, symbolique et phonétique à-Ia-fois, embrassait, soit directement, soit indirectement, tous ies arts d'imitation. Leur principe ne fut point en Egypte celui qui, en Grèce, présida à leur extrême développement : ces arts n'avaient point pour but spécial la représentation des belles formes de la nature; ils ne tendaient qu'à l'expression seule d'un certain ordre d'idées, et devaient seulement perpétuer, non le souvenir des formes , mais celui même des personnes et des choses. L'énorme colosse , comme la plus petite amulette, étaient des signes fixes d'une idée; quelque finie ou quelque grossière que K\t leur exécution , le but était atteint, la perfection des formes dans le signe n'étant absolument que très-lsecondaire. JVlais en Grèce la forme fut tout; on cultivait l'art pour i art lui-même. En Egypte, il ne fut qu'un moyen puis-
{ 3<^5 ) sant Je peindre la pensce; le plus petit ornement Je
l'architecture égyptienne a son expression propre, et se rapporte directement à l'idée qui motiva la construction de l'édifice entier , tandis que les décorations des temples grecs et romains ne parlent trop souvent qu'à l'œil, et sont muettes pour l'esprit. Le génie de ces peuples se montre ainsi essentiellement différent. L'écriture et les arts d'imitation se séparèrent de bonne heure et pour toujours chez les Grecs; mais en Egypte, l'écriture, le dessin, la peinture et la sculpture marchèrent constamment de front vers un même but; et si nous considérons l'état particulier de chacun de ces arts, et sur-tout la destination de leurs produits, il est vrai de dire qu'ils venaient se confondre dans un seul art, dans l'art par excellence , celui de Yécriture. Les temples , comme leur nom égyptien l'indique (i) , n'étaient, si l'on peut s'exprimer ainsi, que de grands et magnifiques canictères représentatifs des demeures célestes : les statues, les images des rois et des simples particuliers, les bas-reliefs et les peintures qui retraçaient au propre des scènes de la vie publique et privée, rentraient, pour ainsi dire , dans la classe des caractères figuratifs; et les images des dieux, les emblèmes des idées abstraites , les ornemens et les peintures allégoriques , enfin la nombreuse série des anaglyphes , se rattachaient d'une manière directe au principe symbolique de l'écriture proprement dite. Cette union intime
(i) Suprà, pag. 337.
des beaux -arts avec le système graphique égyptien nous explique sans effort les causes de l'état de simplicité naïve dans lequel la peinture et la sculpture persistèrent toujours en Egypte. L'imitation des objets physiques , poussée à un certain point seulement , était suffisante pour le but proposé ; une plus grande recherche dans l'exécution n'eût rien ajouté à la clarté nia l'expression voulues de l'image peinte ou sculptée, véritable signe d'écriture , presque toujours lié à une vaste composition dont il n'était lui-même qu'un simple élément.