‹ Précis du système hiéroglyphique des anciens égyptiens, ou, Recherches sur les élemens premiers de cette écriture sacrée, sur leurs diverses combinaisons, et sur les rapports de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes (volume 2)Chapitre 2 sur 59 · SUR CETTE SECONDE ÉDITION · texte numérisé non relu

SUR CETTE SECONDE ÉDITION

L’intérêt universel que ie sujet de cet ouvrage a excité dans l’Europe lettrée, et ies honorables témoignages de bienveillance que fai reçus des savans ies plus distingués, m’ont imposé l’obligation d’améliorer et de compléter mon travaiï autant qu’if a dépendu de moi et de l’étude assidue des nouveaux matériaux que j’ai pu consulter depuis que la première édition de ce Précis a été rendue publique. Ces matériaux ont été à-Ia-fois importans et nombreux. Une auguste protection m’a permis de visiter, avec toutes les facilités désirables, ies monumens égyptiens qui se trouvent dans les collections publiques ou particulières d’Italie, le riche musée de Turin, celui de Florence, les collections de Rome et de Naples; et par-tout j’ai vu l’antique

Égypte reprendre, dans l’attention publique, la place que ïes souvenirs traditionnels de i’histoire et la majesté de ses ruines devaient infailliblement lui assigner. Aujourd’hui les plus nobles rivalités s’attachent à son illustration : Saint-Pétersbourg , Berlin, Vienne, Munich , toute l’Italie , la Hollande , l’Amérique même , appellent par leurs encouragemens les monumens de l’Egypte dans leurs musées, et l’enseignement de l’archéologie égyptienne entre enfin dans les études classiques. Les universités de Rome et Bologne en doivent l’établissement à la protection éclairée du Pape, et le grand-duc de Toscane en a chargé le professeur des langues orientales à l’université de Pise.

Mais Paris ne cessera pas pour cela d’être le centre des études qui ont l’ancienne Égypte pour objet , et la munificence royale l’y a fixé pour jamais en fondant le musée égyptien, auquel la reconnaissance publique a donné le nom vénéré de Charles X. Cette fondation, par ordonnance en date du 15 mai 1826,

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sera un des faits les plus mémorables de i’histoire littéraire de ïa France au xix.e siècle , et elle conservera le souvenir du zèle éclairé du ministre, M. le duc de Doudeauviile , qui médita et accomplit cet important projet , dont ï’exécution fut déférée aux soins toujours attentifs de M. le vicomte de la Rochefoucauld, chargé du département des beaux-arts. La même ordonnance , en me confiant la conservation de ce musée, me charge aussi du cours public d’archéologie égyptienne; et ce ne serait désormais que ma faute , si ce cours était sans intérêt ou sans fruit , au milieu d’une si riche réunion de monumens de tout genre , récemment augmentée encore de la seconde collection formée en Égypte par M. Drovetti. J’essaierai du moins de répondre à tant de bienveillance par le plus entier dévouement à des devoirs qui me sont chers.

Cette seconde édition de mon Précis pourra en rendre d’avance quelque témoignage : elle est plus étendue que la première; et ces addb

tions proviennent, non des changemeîhs apportés dans les principes généraux exposés dans la première sur le système graphique des Egyptiens , la nature ou les rapports réciproqueé des trois sortes d’écritures , mais au contraire du développement que j’ai dû donner à quelques-uns de ces principes seulement , soit en multipliant les exemples, soit en y ajoutant de nouvelles démonstrations tirées des monumens que je n’avais pas d’abord connus.

On y remarquera de nouvelles analogies entre l’alphabet hiéroglyphique et l’alphabet copte ; elles proviennent de ces mêmes monumens, qui m’ont permis d’ajouter aux concordances des lettres qui figurent les sons principaux et naturels de chacun des deux alphabets, les concordances des modifications de ces mêmes sons par la détermination des lettres qui les représentent : par-là, les analogies des deux séries de signes, des hiéroglyphes avec les lettres coptes qui les remplacèrent dans l’Egypte chrétienne, devien-

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nent et plus évidentes et plus complètes. Les planches qui se rapportent à cette partie de mon ouvrage , et l’alphabet harmonique qui le termine, ont été fidèlement raccordés avec ces nouveaux résultats.

L’alphabet des hiéroglyphes phonétiques pour l’époque grecque et romaine , exposé dans ma Lettre à M. D acier, publiée en 1822, étant une véritable introduction à l’étude générale du système graphique des Egyptiens, j’ai dû comprendre cette Lettre dans mon Précis ; elle est le chapitre II de cette nouvelle édition.

On trouvera aussi à la page 3 y 6 un examen approfondi du célèbre passage de Clément d’Alexandrie , relatif aux écritures égyptiennes, et dont il m’est permis de croire que mes découvertes ont concouru à donner une plus complète intelligence. Cet examen est l’ouvrage d’un de nos plus habiles critiques, M. Letronne, qui avait bien voulu traiter ce sujet dans la précédente édition du Précis, et qui , en le discutant de nouveau , met à-la-fois

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en évidence i opinion de Clément d’ Alexandrie, la certitude de son interprétation, et les rapports tes plus certains entre la narration historique du savant Père grec , et tes faits que j’ai déduits des monumens.

Un teî résultat a fixé f attention des savans, et a pu contribuer à leur inspirer pour mes recherches une confiance aussi flatteuse quelle m’était nécessaire ; il m’a concilié des suffrages qui ont été pour moi de précieux encouragemens; et l’Europe savante mettra, comme moi, au premier rang, celui de M. te baron Siîvestre de Sacy, dont l'indulgente approbation a dû exciter en faveur de mes ouvrages une bienveittance dont j’ai senti tout te prix.

Plusieurs compagnies savantes étrangères, en m’associant à leurs travaux, ont aussi récompensé mon zèle et mes efforts avec un empressement bien fait pour tes exciter de plus en pîus, et de ce nombre sont l’Académie royale de Turin, celte de Stockohlm, l’Académie impériale de Saint-Pétersbourg, fins-

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