XV
titut royal des Pays-Bas , et l’Académie archéologique de Rome : j’ai reçu ces témoignages d’estime avec la plus respectueuse gratitude, et mon plus grand désir serait de les justifier. Moins heureux à Paris, l’Académie des belles-lettres ne m’a pas donné la place vacante que j’avais cru pouvoir lui demander. J’avais trop présumé sans doute , ou de mes travaux, ou de leur intérêt pour les recherches historiques qui sont l’attribution spéciale de cette compagnie : quelques suffrages, ceux que je devais le plus ambitionner, m’ont consolé de mon erreur momentanée , et je la confesse ici publiquement.
Je croirais en commettre une seconde en discutant en ce moment quelques opinions plus ou moins contraires aux principes que j’ai établis dans mes ouvrages. Je dois m’abstenir du double rôle de juge et de partie dans cette controverse , et m’en référer au jugement du public lettré, qui voudra bien soumettre ces opinions à l’autorité des faits.
Elles n’affaibliront point mon zèle; je ne
( xvj )
cesserai de l’appliquer tout entier à la complète restauration de l’antique Égypte ; et s’il m’est donné de visiter ses imposantes ruines , comme les bontés du Roi me permettent de l’espérer, ce ne sera pas du moins le défaut de matériaux qui privera l’Europe savante des lumières qu’un tel résultat promet aux sciences historiques. La protection royale s’étend sur la terre des Pharaons : le feu Roi l’avait généreusement adoptée. L’élévation de son esprit se complaisait au spectacle des origines de l’ordre social, et l’Égypte l’intéressait par les mystères mêmes de son histoire et de ses institutions. Un sentiment qui n’a pas besoin d’être justifié , m’ordonnait de laisser en tête de cette seconde édition la dédicace de la première : les mêmes sentimens exigeaient les mêmes expressions.