‹ Précis du système hiéroglyphique des anciens égyptiens, ou, Recherches sur les élemens premiers de cette écriture sacrée, sur leurs diverses combinaisons, et sur les rapports de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes (volume 2)Chapitre 29 sur 59 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Application de l’Alphabet des Signes phonétiques à divers groupes et formes grammaticales hiéroglyphiques.

La preuve la plus directe que nous puissions donner et de Iexistence et de l’emploi habituel des signes de ce même alphabet dans les textes hiéroglyphiques de toutes les époques , sera sans doute de lire par son secours, i.° les noms propres appartenant a la langue égyptienne ; 2.0 des groupes hiéroglyphiques répondant à des noms communs , à des verbes et à des adjectifs ; 3.0 enfin, d’établir que les caractères ou groupes de caractères qui , dans les textes hiéroglyphiques , expriment les genres, les nombres, les personnes, les temps, &c. &c., ne sont que les signes phonétiques des lettres ou des mots qui, dans la langue égyptienne ou copte, remplissent ces mêmes fonctions. Il restera alors démontré, ce me semble, que les signes de sons étaient, si ce n’est les premiers, du moins les plus nombreux des élémens qui composent toute inscription égyptienne en caractères sacrés.

Nous chercherons d’abord à appliquer notre alphabet à certains groupes hiéroglyphiques , qui se montrent à chaque instant dans les textes , et dont le sens nous est bien connu par la comparaison même de

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ces textes entre eux; je veux parler des groupes hiéroglyphiques exprimant les idées fils , fille , enfant ou nourrisson, enfanté ; père , mère , frère , sœur, roi, lieu ou. place. • *

J’ai choisi de préférence ces groupes, sur tout ceux qui expriment les différens degrés de parenté, parce qu’on les trouve souvent tous à-la-fois dans beaucoup de ces stèles que j’ai reconnues pour n’être que des monumens funéraires , sur lesquels les défunts sont représentés rendant d’abord leurs hommages à des dieux, et ensuite recevant eux-mêmes, comme des divinités, les offrandes et les hommages de leur famille entière, quelquefois fort nombreuse. Chaque membre de la famille est figuré en pied sur ces stèles, avec les différences bien marquées d’âge et de sexe ; et au-dessus de chaque personnage est gravé son nojn propre et son degré de parenté avec les défunts.

L’idée fils est exprimée par trois groupes hiéroglyphiques divers, souvent employés sur le même monument. ( Voye'i planche IX, n.oS i, 2 et 3.}

Le groupe le plus ordinaire est une oie et une petite ligne perpendiculaire. Dans notre alphabet, l’oie répond au oj schéi copte, mais plus ordinairement au C sima copte , et la petite ligne perpendiculaire est un s, un e, ou un h; et si nous transcrivons le groupe d’après la valeur phonétique des signes qui le composent, nous avons les mots oje ou ojh , ou bien es ou ce.

Or, la lecture se rattacherait bien évidemment à la racine copte thébaine oriri, nasci ; ujk, à la

racine copte memphitique üjm oriri, nasci; enfin la lecture oje, aux deux mêmes racines et au monosyllabe copte oje , que nous retrouvons en cette langue , et avec la valeur fils , dans les mots composés «jensutt, » ajENCOn , c’est-à-dire , fils de père , fils de mère , fils de frère , expressions employées lorsqu’il s’agit d’indiquer un frère consanguin, un frère utérin, un cousin.

Ainsi donc de quelque manière qu’on prononce la voyelle, ce groupe hiéroglyphique nous donnera toujours un mot égyptien pouvant signifier ou signifiant en réalité fils, vioç , filius , natus.

Le second groupe exprimant l’idée fils en écriture hiéroglyphique, est formé à’ une ellipse ou ovale , et de la petite ligne perpendiculaire. Dans plusieurs noms propres romains, le S est rendu par ce même ovale aussi bien que par l’oie; nous avons donc encore ici le mot ce ou es qui se retrouve avec le sens de fils , enfant ou nourrisson , dans le nom propre copte ^cupcs-hcs, ^uip-cs-HCE, c’est-à-dire, Horus fils d’Isis. Feu Ackerblad £, le premier, donné le sens de ce nom copte; c’est un très-ancien nom propre qui s’est conservé chez les Egyptiens devenus chrétiens, et dont j’ai retrouvé la transcription hiéroglyphique dans les papyrus , ainsi qu’on pourra le voir au chapitre septième. Le nom propre Horsiési, écrit en hiéroglyphes, contient aussi l’ovale suivi de la ligne perpendiculaire, et la forme hiératique de ce nom, que j’ai également recueillie dans les manuscrits, renferme les caractères équivalant à la syllabe ex ( si) fils, nourrisson.

Le troisième groupe employé pour rendre ï idée fis dans les textes hiéroglyphiques, se compose de l’image d'un enfant portant la main à sa bouche , et de la petite ligne perpendiculaire; cette figure d’ enfant représente aussi le S dans le titre Seêcto-los de l’obélisque Pamphile : nous avons donc encore ici le mot es écrit en hiéroglyphes phonétiques.

Un quatrième groupe exprime aussi la filiation dans les inscriptions hiéroglyphiques. Mais celui-ci est composé de deux caractères, dont le premier est un des homophones de la chouette, ou du caractère anguleux, qui est un M; le second est la forme la plus commune du S. Nous avons donc le mot ju-C ( més ) qui trouve son équivalent dans la racine copte julc ou julec enasci, gignere , et sur-tout dans **.z>.c et ju-XCE natus , infans , pullus. La lecture de ce groupe nous explique bien naturellement pourquoi nous le voyons une seule fois, dans le texte hiéroglyphique de Rosette , combiné avec les deux caractères qui, dans toutes les parties de ce texte, expriment l’idée de jour ; car le seul endroit où le groupe hiéroglyphique -me soit lié avec le groupe jour qui le précède , est justement celui qui correspond au passage du texte grec où il est question de célébrer le jour natal du roi ( ret yiuÜMac ). Or le premier caractère du groupe jour est le premier signe du nom hiéroglyphique de l’empereur Hadrien sur l’obélisque Barberini , et l’initiale du mot égyptien jour ; le

second est le caractère soleil , placé ici en déterminatif de l’idée jour : le groupe entier de l’inscription de Rosette ( pl. IX, n.° 4). rendu en grec par tcl ytvedrA.icLJ peut

donc se lire , mot qui est précisément la trans-

cription des consonnes et de la principale voyelle du mot copte ^oxw-SCE , qui, dans les textes thébains , exprime également le jour natal , dies naîalis.

Le groupe hiéroglyphique julc ou **-SCE est employé plus habituellement pour indiquer la descendance maternelle, et le groupe oje ou es pour indiquer la descendance paternelle. Ainsi l’on disait ce ou

bien es rtO'ïCspE a*C h K ce (i), H or us , fis d’ Os iris . né d’îsis , et cette distinction était même indispensable à cause de la fréquence des mêmes noms propres semblables , qui existait en Égypte.

Le groupe hiéroglyphique exprimant l’idée père , est formé du segment de sphère nr, du céraste, upsilon ou bien OY, et de la petite ligne perpendiculaire e; nous avons ici le mot nrcntE, tte , que l’on pourrait rapporter aux racines coptes ^tzote, nr&Q'fE, producere , proferre, dont le primitif ’T&cncus paraît formé de nr& dare et de cmts germen. (Tabl. gén. n.° 248. )

Un vautour représente l’idée de mère , mater , dans les textes hiéroglyphiques; Horapollon , qui nous apprend que, pour écrire fis, les Égyptiens traçaient l’image d’une oie , nous dit aussi que, pour écrire mère, les Égyptiens peignaient un vautour{ 2), parce que, dans cette espèce d’oiseau , il n’y a, disaient-ils , que des femelles, et point de mâles.

Mais j’ai reconnu que, dans les textes hiérogly-

(1) Voye£ planche IX, n.° 5.

(2) Horapollon, iiv. I, hiéroglyphe n.° 12.

phiques , le vautour n’a presque jamais une valeur phonétique; ce caractère est toujours symbolique; il est le signe constant de l’idée mère, en copte a*E0'* , et

.uz/f , selon les dialectes ; mots qui servaient jadis de prononciation à cet hiéroglyphe symbolique.

Très-souvent ce caractère hiéroglyphique est accompagné d’un second caractère, le segment de sphère (i), ce qui donnerait ju.&.'stt; lecture d’autant plus remarquable , que le mot Motiû nous a été transmis par Plutarque comme un mot purement égyptien signifiant mère et l’un des surnoms d’Isis : H ch’ le ne, edhv ore X5q MOT0 7rztAj v A Ùvçjl .... Sn/x.cuvoucn él toû p/,£v 'arpcùTOû rav ovo/zot/rav , MHTEPA , ra étvle-

pcû & c (2). L’assertion de Plutarque, concernant

le surnom de mouth, c’est-à-dire mère , donné à Isis, est du reste pleinement confirmée par les monumens , qui ne présentent presque jamais une image de cette déesse, sans que la légende hiéroglyphique ou hiératique ne renferme les mots hce "xp *±z>rtr r, hce **-?>'* ou hce 'T'xp , c’est-à-dire, Isis puissante

mère. Voyez ces légendes (3).

Un cartouche d’qirsinoé Philadelphe , que présente une inscription hiéroglyphique inédite du musée royal, relative, je crois, à une victoire de chars dans des jeux publics, et portant une date de l’an xx, nous

(1) Ce caractère est sans aucun doute un signe de genre.

(2) De Iside et Osiride.

(3) Sur la planche IX, n.° 6. — Cette qualification habituelle d’Isis et de plusieurs autres déesses , ^pjmo'if'T , a été transcrite par les Grecs, sous la forme de fcpfwjÿiç, comme je l’établirai ailleurs.

fait connaître comme un homophone du X, un signe qui , combiné avec la ligne brisée reconnue pour le N phonétique ordinaire , exprime, dans tous les textes hiéroglyphiques , l’idée de frère. Ce groupe se lit en; et en copte , les mots c&n et ccm signifient également frère.

L’idée roi est très-souvent rendre , dans les textes hiéroglyphiques , par une plante dont l’espèce n’est point facile à déterminer, par un segment de sphère , et par la ligne brisée ou simplement la ligne horizontale. La plante est un des homophones du trait recourbé 2; le segment de sphère est un T, et la ligne brisée ou horizontale , un N : nous avons ici le mot G"Tn, qui est la charpente même des mots coptes, ccnrTEîï (memph.), ccnrram ( Th m. ) , Gocnrrw ( théb. ) regere , dirigere. J’ajoute que la transcription hiératique de ce groupe offre la plus frappante analogie avec celui qui, dans le texte démotique de Rosette, exprime le mot grec Beto-/- Àeuç , roi; groupe qu’on chercherait vainement à lire cf cnrpo , comme on a cru d’abord pouvoir le faire. Le groupe hiéroglyphique répondant à ce mot copte, qui signifie roi , est tout différent; il est composé du bras étendu , de la bouche et du bras étendu , groupe qui peut se transcrire indifféremment en lettres coptes cupar, entpo, op&, ü'ïpH , o**p&, et n’est autre chose que le nom hiéroglyphique phonétique du basilic ou serpent royal emblème delà souveraine puissance, groupe hiéroglyphique dont nous trouvons la transcription en caractères grecs, OTPAI-oç,-dans le texte d’Horapollon. L’image de ce serpent décorait exclusivement

le front des rois : c est-là l’origine de l’appellation üo^po le basilic , donnée aux souverains de l’Égypte,

Le mot to7tz>£, lieu, place, du texte grec de l’inscription de Rosette, est exprimé dans la partie hiçroglyphique par une chouette M, et par le bras e'tendu A, ce qui donne le mot copte *3h, lieu, place, totwç. Nous citerons bientôt une phrase hiéroglyphique où ce mot se trouve employé : M. le docteur Young a cru que ce groupe signifiait père. ( Tabl. gén. n.° 2 43.)

Les textes hiéroglyphiques présentent une foule immense de mots égyptiens écrits phonétiquement ; et la lecture de ces mots par le moyen dë mon alphabet hiéroglyphique, nous ramène constamment à des mots que nous trouvons dans les textes coptes avec une valeur absolument semblable; je dis absolument semblable, parce que le sens du groupe phonétique est trèssouvent déterminé, dans les textes hiéroglyphiques, par l’image même de l’objet dont le groupe phonétique exprime le nom : on trouve, par exemple, à côté de l’image de deux chevaux attelés, un groupe hiéroglyphique formé de la chaîne ^ , du segment de sphère T, de la bouche p et de la feuille z ; — ^'rpe; c’est le copte <syrataip chevaux : à côté d’un crocodile , la chouette as. , le trait recourbé c , la caille tu et la chaîne ^ ce qui est lettre pour lettre le mot copte

thébain qui signifie crocodile. Il en est de même des groupes phonétiques : tt^i ou à côté d’un arc , à côté de deux ailes , CK&s près d’un homme qui labçure, à côté d’un arbre , zéh à côté d’une galelle, à côté d’un joueur de flûte , pTà côté d’un

pied t pn à côté d’un encadrement destiné à contenir un nom , £<^e à côté d’un serpent, Ccnro près d’un épi, C^c près d’un homme qui chante , cBc près d’un homme qui scie , à côté d’un œuf, Bh6^ à côté d’un

épervier , e^e à côté d’un bœuf, e^** à côté d’un groupe de bœufs , -M-2-.ap à côté d’une balance, &c. &c. &c. C’est évidemment ici i’ orthographe antique des mots coptes ttehtte et 4>r^ arc, ckm ou labourer, syco-

more, teu^ aile, z>i\, EXO gazelle , ^utcCHfiX joueur de flûte, pied, p nom , £qx, £<^01 serpent, cofo

froment, CR-^tuc chanteur, c&fi&c ou c&fknc scieur, COCnc^ œuf, BfD£ épervier , E£E bœuf, e^ht bœufs, julx-Ojs balance.

Je borne ici à ces divers mots l’application de mon alphabet aux noms communs écrits phonétiquement dans les textes hiéroglyphiques (la lecture de plusieurs de ces groupes importait à la clarté nécessaire à la suite de cette discussion), et je passe à une autre application bien plus essentielle et tout aussi probante, à la lecture des signes ou des groupes qui, dans ces mêmes textes, remplissent des fonctions grammaticales et expriment les genres, les nombres, les personnes et les temps.

J’ai dit ailleurs que le segment de sphère était la marque ordinaire des groupes féminins dans le système hiéroglyphique : ce segment de sphère, qui est la lettre T dans tous les noms propres , est bien évidemment l’article copte t, qui caractérise aussi le genre féminin. (Tabl. gén. n.° 2.)

Cet hiéroglyphe, en effet, est toujours ajouté à

Voie, par exemple, lorsque ce groupe accompagne, sur les stèles funéraires , une figure de femme , ce qui produit 'Tes la fille; au groupe c frère, ce qui donne rrc« la sœur; et au caractère , ce qui produit la mère. (Tableau général, n.oS 254, 263

et 250.)

Mais il arrive souvent qu’au lieu d’être placé au commencement du groupe hiéroglyphique , l’article féminin se trouve à la fin; ce qui nous explique bien pourquoi, dans les iitscriptions hiéroglyphiques, on doit lire tantôt *xz>ré mère et tantôt -U-êoct la mère; et le passage formel de Plutarque, déjà cité à proposde ce dernier mot, semblerait prouver que les Égyptiens prononçaient aussi ce mot ainsi qu’il est souvent

écrit dans les textes hiéroglyphiques : mais le copte que nous connaissons ne nous présente aucun exemple de cette espèce d’inversion de l’article. Je dois ajouter que , dans l’état actuel de mes connaissances sur la langue antique de l’Égypte , dont les textes hiéroglyphiques nous conservent les mots écrits phonétiquement, je crois avoir reconnu que les marques de genre, de nombre, de personne et de temps , semblables d’ailleurs à celles du copte , au lieu d’être toujours placées en augment, comme dans le copte, le sont parfois en crément; cette circonstance m’a paru bien digne de remarque. Mais rien ne prouve qu’on prononçât dans cet ordre. L’article déterminatif masculin copte tt a pour équivalent, dans les textes hiéroglyphiques, le carré strié, qui est, en effet, le signe constant de la consonne Il dans les noms propres hiéroglyphiques grecs

et latins (Tabl. gén.n.° i ) ou plusieurs autres homophones de ce même signe II.

Le pluriel des noms est exprimé en hiéroglyphes de plusieurs manières, comme dans le copte, ou par des articles, ou par des terminaisons.

Les articles pluriels sont au nombre de deux : i.° la ligne brisée , remplacée, dans les textes hiéroglyphiques linéaires, par la ligne horiipntale simple; ces deux caractères expriment la consonne N dans les noms propres étrangers ; c’est donc l’article déterminatif pluriel copte k. (Tabl. gén. n.° 3.)

2.0 Le vase , qui est encore un N; et tous deux sont suivis de la petite ligne perpendiculaire , ou bien e. C’est là exactement les articles coptes, ue, îîï etw&; l’inscription de Rosette présente plusieurs exemples de l’emploi de ces articles. ( Tabl. gén. n.° 4-)

Dans la langue copte, le pluriel est souvent indiqué par les désinences e ou bien cm en dialecte thébain, s ou bien cm en dialecte memphitique.

Je trouve également dans les textes hiéroglyphiques des groupes qui sont incontestablement des pluriels terminés ,

i.° Par deux ou trois petites lignes perpendiculaires, qui, prises phonétiquement, dans les noms propres et ailleurs , équivaudraient à la voyelle e ou bien s. (Tabl. gén. n.° 22. )

2.0 Par le lituus suivi de trois petites lignes perpendiculaires, ou bien par la caille suivie de ces trois mêmes lignes; et l’alphabet phonétique appliqué à ces terminaisons nous les a fait lire cm , ou bien

cm, comme dans le copte. Cela nous explique naturellement l’extrême fréquence de ces deux groupes dans les textes hiéroglyphiques. (Tabl. gén. n.os 23, 24 et 2 5 . )

En copte, la préposition K remplace ie cas génitif des Latins; dans les hiéroglyphes, la ligne brisée , qui est aussi un n, remplit la même fonction. La ligne brisée est remplacée souvent par ses homophones , la ligne horizontale et la coiffure ornée du lituus, qui sont également des ît dans les noms propres grecs et latins.

Quelquefois aussi , et dans le même cas , le caractère anguleux et la chouette, qui sont des *x dans les noms propres, tiennent la place du n, comme cela arrive aussi dans la langue copte; souvent enfin la ligne horizontale ou brisée n est suivie du segment de sphère t; c’est bien là la préposition copte îtte de. (Tabl. gén. n.° 37.)

Dans le copte thébain, certains mots qualificatifs, ou adjectifs , sont formés par le conjonctif ht qui; et dans les textes hiéroglyphiques, une fouie de groupes exprimant sans aucun doute des adjectifs , commencent par le vase et le segment de sphère , c’est-à-dire, par les signes phonétiques îtt. (Tabl. gén. n.° y)

Je n’ai encore bien reconnu , dans les textçs hiérogtyphiques , qu’un seul groupe représentant un pronom sujet de la proposition (1). C’est 1e pronom isolé

(1) ai retrouvé depuis cette époque les autres pronoms isolés sujets de la proposition , pronoms dont ceux qui sont propres à la Iarigue copte ne sont aussi que des transcriptions. ( 1826.)

de la troisième personne du masculin. II est forme de quatre caractères , la ligne horizontale ou la ligne Irisée n, le segment de sphère t, le lituus o et le céraste q; c’est, lettre pour lettre, le pronom copte îrroq lui. (Tabl. gén. n.° 17.) '

J’ai été plus heureux dans la recherche des pronoms complémens des prépositions ou des verbes; et cela devait être en effet; car, si l’on ne peut espérer de trouver beaucoup d’exemples de l’emploi des pronoms isolés sujets de la proposition , moi, toi, dans les inscriptions monumentales, les mêmes textes ne peuvent qu’en offrir de très-multipliés des pronoms de la seconde et sur- tout de la troisième personne, complémens directs ou indirects, soit de verbes, soit de prépositions.

L’inscription hiéroglyphique de Rosette et tous les autres textes présentent, tout aussi souvent que les textes coptes , le pronom préfixe et affixe de la troisième personne; sa forme hiéroglyphique la- plus ordinaire est le céraste, dont la forme hiératique et démotique est absolument la même que celle du q copte, qui lui-même est ce pronom affixe ou préfixe de la troisième personne. Nous avons déjà vu que cette forme antique a dû passer dans l'alphabet copte en même temps que les formes antiques du uy, du du Jb, du et du éf, parce que l’alphabet grec qu’adoptèrent les Égyptiens devenus chrétiens, ne présentait point de sons équivalens. J’ajouterai même que la découverte de ce fait très-curieux a beaucoup contribué à me convaincre de la nature véritablement phonétique

d’une très-grande partie des signes qui composent les inscriptions hiéroglyphiques.

Dans ces mêmes inscriptions, le pronom de la troisième personne masculine, complément indirect, est exprimé par la iigne brisée ou horizontaie n, et le céraste q : cela produit nq, qui est justement le copte NEq ou st&q à lui. ( Tabl. gén. n.° i p. )

Dans les textes qui se rapportent à des femmes, le céraste disparaît, pour faire place aux deux sceptres affrontés, forme très-ordinaire du S; c’est le copte nec, n&C a elle, (Tabl. gén. n.° 20.)

Le pronom, complément indirect, de 1a seconde personne masculine, est rendu par deux hiéroglyphes, la ligne. brisée ou la ligne horiiontale ît, et le bassin à anneau, K ou n: ; ce qui produit xtK, le pronom copte n&K. (Tab. gén. n.° 18.)

Dans la langue copte , les pronoms simples et isolés K , q et c , que nous avons aussi retrouvés dans les textes hiéroglyphiques , sont placés entre l’article déterminatif et le nom , et forment ainsi une espèce d’article déterminatif possessif, qui tient la place de nos mots son , sa, ses , notre , votre , leur, &c. On emploie , par exemple , la forme TTEqcon , le de lui frère, en parlant d’un homme, et tiecccw le d’elle frère , en parlant d’une femme. Dans les textes hiéroglyphiques , au contraire , les pronoms q et c ( le céraste et les deux sceptres), au lieu d’être préfixes ou infixés comme dans le copte , se placent à la fin du nom comme en hébreu et en arabe. Il n’est presque point , en effet , de stèle funéraire ( et le nombre

de ces monumens est très-multiplié à Paris) qui n’offre plusieurs fois les groupes hiéroglyphiques déjà analysés, père , mère , fils , fille , frère ou sœur , affectés de ces pronoms affixes, et inscrits vers la tête d’enfans des deux sexes rendant hommage à leurs parens défunts; ces groupes gravés au Tableau générai n.oS 2 252, &c. , se lisent sans difficulté :

Père de lui .

Père d’elle.

La mère de lui.

La mère d’elle.

Le fils de lui.

Le fils d’elle.

La fille de lui.

La fille d’elle.

Le frère de lui .

Le frère d’elle.

La sœur de lui.

La sœur d’elle.

Nous citerons ici quelques phrases hiéroglyphiques qui contiennent des exemples de l’emploi du pronom affixe de la troisième personne, combiné avec le groupe ,~r*E, TCTtfE , père.

On voit par le texte grec de l’inscription de Rosette

TOVEq. . .

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