‹ Précis du système hiéroglyphique des anciens égyptiens, ou, Recherches sur les élemens premiers de cette écriture sacrée, sur leurs diverses combinaisons, et sur les rapports de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes (volume 2)Chapitre 49 sur 59 · S (LU · texte numérisé non relu

S (LU

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Ane.

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Lion.

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Bœuf.

KpOTp

Crour

Grenouille.

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Chaou

Chat.

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Cochon.

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TTETTETTHTT. . . .

Pétépép .....

Huppe.

Hfo, Hof

Serpent.

4 y- D’après ie même principe, on ne représenta point la plupart des objets inanimés, ni des actions et manières d’être physiques , par des sons arbitraires ; mais on s’efforça de prendre pour signes de cet ordre d’idées , ies sons et ies articulations qui semblaient les plus propres , d’après une certaine analogie , à en rappeler le souvenir ; tels sont, par exemple , les mots égyptiens

CENCEîî. • • •

çocpeEq. . .

KX**

KEJULKEAJt. . .

Kpjutpjm. . .

ojkeAkxî\. .

ttXJULK

p02£pE5£= .

JULOÎXJULEÎt. . •

ÎDEpfcEp. .

UEq , mqE. .

Sensen. . . . Sonar e , sonner, rendre un son. Thaf. .... Sputum, crachat.

Thofthef. . . Cracher .

Ouodjouedi. Mâcher.

Kim Frapper.

Kemkem. . . Sistre, instrument de percus-

sion.

Kremrem . . Bruit.

Khradjredj . Grincer les dents.

Teitél StiWare, tomber goutte â goutte.

Schkelkii. . Sonnette.

Omk Avaler.

Rodjredj. . . Frotter , polir.

Monmen. . . Ebranler.

Kherkher . . Ronjler , stertere.

Nef, nifé. . . Souffler.

On s’aperçoit aisément , en effet , que ces mots ont une relation de son avec celui qui est produit par les objets, ou qui résulte des actions et des manières d’être physiques dont ces mots sont devenus ie signe oral. Tous ces mots images sont donc parfaitement analogues dans leur formation , comme dans leur but, aux signes

figuratifs , fondement premier de l’écriture hiéroglyphique égyptienne.

48. Mais les langues, comme les écritures idéographiques , épuisent bientôt la série des objets qu’il leur est possible et commode d’exprimer , celles-là par une imitation directe des sons , et celles-ci par une imitation directe des formes ; les unes et les autres ont alors recours à une imitation indirecte.

Les langues tendent dès-lors à établir entre les qualités des objets de certaines idées , et les qualités des sons par lesquels on les exprime , une certaine similitude qui ne peut cependant être absolument exacte, c’est-àdire qu’elles cherchent à rappeler au moyen des sons doux, rapides, durs ou longs, l’idée d’objets qui se distinguent éminemment par des qualités physiques analogues à celles du son choisi pour les exprimer : tels sont , par exemple , les mots égyptiens

ccntccnf Sousou. ... Un distant très-rapide.

pEKpxKE Rekrike. . . Clignoter, clin-d’œil.

o^tn. ...... Ouô Voix.

. • • Chouchou . Louer , flatter , caresser.

&pH3£ Bridj Éclair.

cyEpojutp. . . Cherchôr. . Détruire, dévaster.

Lali, loulai. Se rejouir.

4p. De la même manière , les écritures hiéroglyphiques n’ayant plus le pouvoir de donner aux signes de certains objets les formes mêmes de ces objets , s’efforcent de les peindre par- l’image d’autres objets physiques dans lesquels on croit trouver des qualités

analogues à celles de l’objet qu’il s’agit d’exprimer. Ces caractères ont reçu le nom de symboliques ou de symboles, mots qui, radicalement, expriment une comparaison , une assimilation.

50. Ce n’est en effet que par des assimilations, par des comparaisons puisées dans l’ordre physique seul, que les langues parlées ont pu se créer des signes de toutes les idées abstraites ou d’objets intellectuels. Le dictionnaire de la langue égyptienne renferme les preuves les plus frappantes de cette vérité.

Le mot (hèt) exprime l’idée cœur , par suite

celle d’ esprit ou d’ intelligence , et la plupart des significations morales sont exprimées' symboliquement par l’énonciation de diverses manières d’être physiques du cœur. Ainsi les Égyptiens disaient :

Petit cœur, c’est-à-dire , Craintif, lâche.

Cœur pesant ou lent

de cœur Patient.

Cœur haut ou haut de

cœur Orgueilleux.

Cœur débile , débile

de cœur Timide.

Cœur dur Inclément.

Ayant deux cœurs. . . Indécis.

Cœur fermé, fermé de

cœur Obstiné.

Mangeant son cœur. . Repentant.

Sans cœur Insensé'.

êTkcX^K'T

£fTTCtt2>.'*

O'ïUÏ-M-h^ITT. . . .

Z-ÇtTT ou X.'TM'T.

De ces qualificatifs se formèrent , par Ja simple addition du monosyllabe «NT ou «.et, qui signifie attribution , les noms abstraits «nt^ ktujh« , Y attribution d’avoir le cœur petit, c’est-à-dire , la lâcheté; «NT^&puj^HT , Y attribution d’ avoir le cœur lent , c’està-dire, la patience ou la longanimité , & c.

Une foule de verbes égyptiens se forment aussi de ce même mot cœur ^KT, et expriment, par des similitudes tirées de l’ordre physique, des actions ou des manières d’être purement intellectuelles. Exemples :

ES^KT. . . Coeur venant, sentir venir son cœur, c.-à-d. , Rêver , réjle'chir. ocjut^ht. Mêler le cœur. ..... Tempérer, persuader. K^HT... Poser ou placer son

cœur Se confier.

^S^HT. . . Donner son cœur.. . . Observer, examiner.

^E«^HT. Trouver de cœur. . . .-Savoir.

jül E^^KT. Remplir le cœur Satisfaire, contenter.

C’est toujours d’après le même principe que , de tôt', main , se sont formés les mots ^tot ou EpTOT, donner la main ou faire la main, c’est-à-dire, aider, secourir; £STOT, jeter la main, c’est-à-dire, entreprendre, commencer. Une foule d’autres idées ont été peintes métaphoriquement par des expressions tropiques fortement frappées et très-énergiques; telles sont entre autres : 2»q*^sp , rechercheur de mouches , c’est-àdire, avare; s^pfî&A, œil pointu, impudent; 2£&CE&&^ , œil levé , audacieux; &2^<£KT, cœur dans l’œil, ingénu, naïf ; , jeter la langue , calomnier ; A^jbKTq ,

langue-ventre , ou bien , langue-intestins, gour-

mand; EÎ\EKty& ou Aekojï», retirer le tie£, se moquer; po-w-TTE , la face du ciel , 1 année; jbpttïOVjkTTE, £poo*«MTE, la voix du ciel, le tonnerre; ,

cou dur, c’est-à-dire, obstiné, &c. &c.

51. Tels sont les procédés suivis originairement pour la formation de la langue égyptienne pariée. Dans la partie purement idéographique de leur écriture sacrée, les Egyptiens ne purent éviter de recourir aussi à cette méthode symbolique ou comparative; ils cherchèrent donc naturellement à exprimer les idées d’objets tout-à-fait intellectuels et sans formes sensibles, par les images corporelles présentait des rapports plus ou moins réels, plus ou moins éloignés, avec l’objet de l’idée qu’il s’agissait de noter. Les signes créés d’après cette méthode enrichirent l’écriture hiéroglyphique d’un nouvel ordre de caractères que nous nommerons, avec les anciens, caractères symboliques ou tropiques, et qui répondent à-peu-près aux caractères Hoéif et Kià-tsiei de l’écriture chinoise.

52. Dans la détermination des signes symboliques ou tropiques, les Égyptiens procédèrent principalement :

i.° Par synecdoche, en se contentant de peindre la partie pour exprimer un tout. Ainsi, deux bras tenant un trait et un arc signifiaient une bataille, une armée rangée en bataille (1); deux bras éleve's vers le ciel, une offrande (2); un vase duquel s’échappe de l’eau, une liba-

(1) HorapoIIon , Iiv. Il, hiéroglyphe n.° 4-

(2) Voyez notre Tableau général, n.° 308 a.

tion (i); une cassolette et des grains d’encens , une adoration (2); un homme lançant des flèches, un tumulte, un attroupement populaire (3).

2.0 Par métonymie , en peignant ia cause pour i’effet. C’est ainsi que, dans l’inscription de Rosette (4), nous voyons l’idée mois, stor, e&utt, tnensis , exprimée, comme le dit Horapollon (5), par l’image du croissant de là lune, les cornes tournées en bas : EsÀnvnv STntflçycfifAewv ei$ ro üjlto). Ce même signe se montre en effet comme signe d'espèce ( supra 3 1 ) dans les groupes hiéroglyphiques exprimant les noms des mois égyptiens.

Nous trouvons également sur la stèle de Rosette (6), l’idée écrire , et par suite celles d’ écriture , caractère ou lettre , rendues métonymiquement par l’image du pinceau ou du roseau au moyen duquel on traçait les signes, groupé avec la palette qui portait la couleur noire et rouge ; et souvent même on joignait à ces objets 1a figure du petit vase dans lequel on trempait le pinceau pour délayer la couleur, ou qui contenait l’encre si l’on se servait du roseau pour tracer les lettres. J’ai réuni dans le tableau général des signes cités dans cet ouvrage, le caractère symbolique écri-

(1) Voyez notre Tableau général, n.° 308 b.

(2) Ibid. n.° 308 c.

(3) Horapollon, Iiv. Il, hiéroglyphe 12,

(4) Lignes 1 1 et 1 3 du texte hiéroglyphique. — Voyez notre Tableau général , n.° 238 a.

(5) Liv. I , hiéroglyphe 4.

(6) Texte hiéroglyphique, ligne 14.

îure avec toutes ses variations (i). Horapoilon cite, en effet, le roseau ( a-^oivov ) et Y encre (/u,eÀ cm) parmi les objets qu’on peignit pour exprimer symboliquement les lettres égyptiennes , Aiyjvrrict yçycfxfxctrdi (2).

3.0 Par métaphore (ce qui rentre au fond dans l’esprit général des procédés indiqués jusqu’ici ) , en employant l’image d’un objet pour exprimer autre chose que cet objet lui-même. Ainsi, l’abeille signifiait un peuple obéissant à son roi (3); les parties antérieures d’un lion , la force (4); le vol de l’e'pervier, le vent (5); un aspic , la puissance de vie et de mort (6); le crocodile, la rapacité (7).

4-° Enfin , une foule de signes symboliques étaient, à proprement parler, de véritables énigmes, les objets dont ces caractères présentaient les formes n’ayant que des rapports Excessivement éloignés et presque de pure convention avec l’objet de l’idée qu’on leur faisait exprimer. C’est ainsi que le scarabée était le symbole du monde, de la nature male ou de la paternité (8); le vautour , celui de la nature femelle et de la maternité (p); un serpent tortueux figurait le cours des astres (10) ; et

(2) Liv. I, hiéroglyphe 38.

(3) Horapoilon, iiv. I , hiéroglyphe 62.

(4) SUP™ pag- 200.

(5) Horapoilon, liv. II, hiéroglyphe 15.

(6) Idem, liv. I, hiéroglyphe 1.

(7) Ihid. hiéroglyphe 67.

(8) Ibid, hiéroglyphe 20.

(9) Ibid, hiéroglyphe 1 J .

(10) Clément d’Alex. Stromat. liv. V, chap. 4-

Ion peut voir dans Horapollon et dans Ciément d’Alexandrie, les raisons qui déterminèrent les Égyptiens à choisir ces êtres physiques pour signes de ces idées si différentes et si éloignées de leur nature.

On doit principalement comprendre parmi les signes symboliques énigmatiques , ceux qui , dans les textes égyptiens , tiennent la place des noms propres des différentes divinités, caractères dont la valeur est déjà connue d’une manière certaine (i).

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