Le nombre immense d’inscriptions conçues en
(î) Supra, 4, page 255,
ces caractères Images d’objets physiques, et qui couvrent les monumens publics et privés des Égyptiens de tous les âges, prouve d’abord l’emploi général de l’écriture hiéroglyphique dans toute la vallée du Nil; fait soupçonner que cette écriture ne fut point jadis aussi difficile à apprendre que nous pouvons le croire, et sur-tout que ce système ne fut jamais réservé , comme on voudrait parfois le soutenir encore, à une petite fraction , à une classe privilégiée de la nation égyptienne. Clément d’Alexandrie ne nous dit-il point en effet que, même de son temps, ceux qui parmi les Egyptiens recevaient de ï instruction , apprenaient les trois genres d’écritures égyptiennes , ïépistolographique , ï hiératique et 1 hiéroglyphique (i) ï
2C). Nous devons croire en Conséquence que le système hiéroglyphique reposait, en très-grande partie, sur des principes fort simples; qu’il ne se priva point de l’emploi de caractères figuratifs des objets pour exprimer ces objets mêmes , et c’est en effet la première méthode qui s’ôffre à l’esprit de l’homme pour perpétuer le souvenir des choses ; qu’il recourut forcément à des caractères tropiques, mais qu’il parvint bientôt à se lier intimement avec la langue parlée , en s’accroissant d’un troisième ordre de signes d’une nature fort différente de celle des deux autres.
Ces diverses propositions seront développées et prouvées dans les paragraphes suivans.
(f) Strcmates. Livre V, Chap. 4*
S. Vï. Des Caractères figuratifs .
2p. On doit entendre par caractères figuratifs , des signes qui, parieurs formes matérielles, sont une image des objets mêmes dont iis doivent exprimer l’idée dans un système d’écriture.
30. Des caractères de cette nature existèrent incontestablement dans l’écriture sacrée des Égyptiens.
Nous avons vu d’abord que tous les noms propres de simples particuliers, écrits en hiéroglyphes, sont terminés par un caractère représentant un homme (1), si ces noms sont maculins , et par le caractère représentant une femme (2), si ces noms propres sont féminins.
3 ï . Toutefois on pourrait considérer ces deux signes , non comme des caractères véritablement j figuratifs , mais comme de simples marques A’ espèce ou de genre.
Et en effet, tous les noms propres égyptiens étant significatifs par eux-mêmes , il devenait indispensable de distinguer d’une manière particulière les groupes de signes qui les exprimaient , pour qu’on vît bien qu’ils étaient l’expression d’un nom propre, et non celle d’un verbe, d’un participe, d’un adjectif, d’un nom commun , ou même d’une courte proposition. Ainsi , par exemple, si le groupe numéroté 164 bis dans notre Tableau général , était dénué de son signe final, le caractère homme , ce ne serait plus un nom propre,
(1) Tableau général , n.es 153, fj 4> &c* &c-
(2) Ibidem ? n.°* 158, 159, 162, 1*63, 169, 176, 1 78 , ôcc. &c.
3bM-W*xz>ï Amonmai , mais une simple qualification 3k**tf-**-M , chéri d’Ammon , que prennent habituellement les souverains de l’Egypte parmi leurs titres dans leurs légendes.
32. Mais il est impossible de méconnaître de véritables caractères figuratifs dans les signes du texte hiéroglyphique de Rosette qui expriment les mots du texte grec vccoç , chapelle, èuta>v, image , ^octvov, statue , tsjcvov, enfant , clo-tcic, y aspic, et stèle; ces divers objets sont représentés très-fidèlement dans le courant du texte (1).
33. II est nécessaire d’indiquer ici plusieurs autres exemples de l’emploi de caractères figuratifs.
i.° Dans la dédicace du temple de Ouady-Essebouâ en Nubie, par Ramsès le Grand, dédicace dessinée par M. Huyot, et dont on publiera bientôt le texte et la traduction , il est question de l’édifice et des sphinx qui le précèdent; et cette dédicace est reproduite sur le socle même des sphinx, qui y sont indiqués figurativement par leur image parfaitement détaillée (Tableau général, n.° 301).
2.0 L’inscription qui décore l’appui des colosses oriental et occidental de Lotiqsor, présente parmi ses signes l’image même de ces colosses (Tableau général, n.° 2 pp), dont l’énorme proportion est exprimée par un groupe de deux caractères, qui signifie grand, placé sous l’image de la statue.